‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 30 sur 248 · PARTIE II, WV. Vil, CHAP. XXXVIII · texte numérisé non relu

PARTIE II, WV. Vil, CHAP. XXXVIII

vorahk dans la générositë de vos coeurs, puisque mon infortune est capable de dulcifier les marbres, de mollifier les diamans, et de tendrifier Facier et le bronze des coeurs les plus endurcis ; mads avant que le récit de mes inconcevables aveatares parvienne jusqu'à vos courtoises oreilles y je voudrais bien être certffîée si le magnanime chevalier don Quichotte de la Manche et son iUustrissime écuyer Pança ne sont point dans cette excellentissime compagnie. Pança, dit'Sancho prenaait la parole, est ici en personnissime, et moaseii^m* don Quichotte aussi ; ainsi vous pouvez , trèsrhonnêtissime dame , dire tout ce qu'il plaira à votre agrëabKssime fantaisie , et vous notfô trouverez diligentissimes à servir votre dolentis^me beauté. Madame, dit don Quichotte, s'approchant de la dolente dame, si vous croyez trouver du remède à vos malbeurs dans la valeur et la force de quelque chevalier errant, • je vous offfe ma fortune et ma valeur, et telles qu'elles puissent être , je les consacre à votre service : je suis don* Quichotte de la Manche , dont la profession est de protéger et défendre les malheureux ; et 21 n'est pas besoin avec moi de prenike des détours ^ ni de chjercher d'artifice pour s'assurer de ma bienveillance : vous n'ayez donc qu'à raconter librement vos disgrâces , et ceux qui vous écoutent ne vous refuse-

roht pas les remèdes qu'ik vous peuvent donner, et que la compassion leur demande.

A ces paroles, la dame Doloride se voulutjeter auiç pieds de don Quichotte, et s'y jeta en effet, s'opiniâtr^nt à les lui enibrasser, malgré la résistance du chçvalier. Jç me jette à vos suavissimes pieds, s'écrîartrelle, invinctissime chevaliei:, à ces pieds, qui sQnt le^ bases et les fermissimes colonnes de 1^ ch^valçtie err^te ; ces pieds que je ne saurais trop dignissement révérer, puisqpie leurs pas doivent effectuer le remède de mes piaux irrémédiables par tout autre que votre sér rénissipie chevalerie. O vaillantissime chevalier ç](Tant ! dont les exploits merveilleux obscurcissent les fables des Amadis, réduisent en fumée les hauts faits des Bélianis , et anéantissent les actions ima^nairés des Ësplandians l De làse tour-^ nant ver$ Sancho , et le prenant par la main : . Et toi, ajoutait-elle, le plus Iqyal écuyer qui ait jamais suivi la magnanimité des. chevaliers errans , dans les siècles présens et à vçnir ; écuyer dont la bonté ^ plus d'étendue que Tamplijbude de la baybe de Trifaldin , mon écuyer, tu peux bien te dirç heureusissime, puisqu'en servant le grand dpn Quichotte, tu rends hommage à toute la valeur errante renfermée dans un seul chevalier ; je te conjure , npblksime écuyer, par la fidélité exorbitante de tes services, que tu

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