PARTIE H, Lrv. vn, chap. xl
il le fait alkr comme il veat , tantôt par Pair , et tantôt «rasant la terre, ou prenant un milieu entre deux, qui est ce que Ton doit chercher dans toutes les actions hîen réglées.
Je Tondrais bien le voir , dit Sancho , mais non pas pour monter dessus , non , car de penser que je m*y mette ni en selle ni en croupe , ni debout ni de travers, je suis votre serviteur i il serait bon , oui , qu'un homme qui a prou de peine à se tenir à cheval sur %on âne , dans un lAt dmiiUet comme de la soie , allât monter en croupe sur un chevron sans coussin ni tapis! oh , que nenni , je vous remercie , je ne me vais point éeorcher pour le plaisir des autres : qui a de la barbe dte trop , se rase comme il l'entendra , pour moi je ne pense pas accompagner mon maître dans ce voyage-là; aussi bien ne lui suis-je pas nécessaire dans ce rasement de barbe, comme je suis dans le désenchantement de madame Dulcinée. Vraiment si fait , vous hii êtes nécessaire , repartit la TrtfaMi , et si fort qu'on ne peut rien faire sans vous. A d*autres , à d'autres , dit Sancho : qu*est-ce que les écuyers ont à voir avec les aventures de leurs maîtres? ces messieurs en auront tout J'avantage , et nous toute la peine : et oui , ma foi , cela n'est pas pouri : encore si les faiseurs ^histoires disaient-. Un tel chevalier a achevé une telle aventure, mais avec l'aide
d'un tel son écuyer , sans lequel il lui aurait été impossible d'en yenir à bout ; mais , oui ^«on nV qu'à s'y attendre ! par la mardi , ils tous écrivant tout sec : Don Paralipomenon des trois étoiles acheva Tayenture des six lutina, sans faire mention de Técuyer, pas plus que s'il n^eût point été au monde*, quoiqu'il fût présent, et qu'il suât à grosses gouttes, et qu'il y eût attrapé de bons horions ; encore une fois , mon maître peut s'en aller tout seml s'il yeut , et grand bien 'lui fasse! pour moi, je ne lui porte point d'enyie, et je denieurerai ici en compagnie de madame la duchesse ; et il pourrait bien arriver , quand il sera de retour, qu'il trouverait l'affaire de madame Dulcinée en meilleur chemin , car toutes les fois que je n'aurai ri^n à faire, je prétends ra'étriiler d'importance.
Écoutez , mon ami Sancho , dit la duchesse , si faudra- t-il bien que vous accompagniez votre maître s'il en est besoin , et nous vous en prions tous; car après tout ce serait fort mal fait, que pour de vaines frayeurs on laissa le visage de ces dames en l'état qu'il est. Voire, ma foi, répliqua Sancho, c'est grand dommage! si c'était une charité qu'on fît pour de pauvres filles repenties , ou pour 'des enfans trouvés , encore passe, pardi , on pourrait hasarder quelque chose; mais qu'on aille hasai^der de se casser bras et