PARTIE n, UV. Vn, CHAP. XLV. H^J
,rue et devant tout- le monde ^ me veat prendre la bourbe que tous m'arez fait bailler. Et vous IVt-il ôtée , <ieinanda Sâneho. Otée ! repjit ta féipxne , il i^'airaclierait plutôt la Tie ; ah , il Ta bien tFouvée ^ la sotte i ma foi y non pas* dit au-tre» comme lui ; le pauvre béHtré quUl est , c'est pour son* iiez; tenez, monsieur; ni marteai!rxm tenailles , ni feu ni flamme , ne me feraient p2^ lâcher prisa, non pas les griffes des lion*», ni quand (Hi me hacherait en .morceaux. Monsei«gueur , elle a rai3on , dit le paysan : je coàfes^e que je n'en puis plus , et qu'elle est plus foi^t^ que moi, et en même temps il la laissa aller. Oh , montrez-moi ctette bourse , ma mie , dit lors le gouverneur. La femme la donna aussitôt , et Sancho l'ayant prise la rendit au laboureur , disant à la femme : Ma chère amie , si vous vous étiez défendue ce matin de cet homme avec autant de courage et de force que vous venez de de'fendre la bourse , dix honunes ensemble n'auraient pas été capables de vous forcer ; adieu , tirez pays, et de votre vie n'approchez ^e cette île de plus de six lieues à la ronde , sôus peine de deux cents coups de fouet. Quoi! vous êtes encore là? allons toul-à-l'heure , madame la coureuse, et que je ne vous le dise pas davantage. La bonne dame , fort étonnée, s'en alla la tête baissée et assez mal contente ; et le gouver-
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neur dit au paysan : Mon ami, retirez-vous à votre village avec votre argent; et donnez-vous garde une autre fois de vous réjouir avec personne , si vous ne voulez le perdre , et quelque chose de plus. Le bon homme le remercia le mieux qu'il put , et s'en alla , et tout le monde demeura en admiration des jugemensdu nouveau gouverneur, que son historien ne manqua pas d'envoyer promptement au duc , qui les attendait avec impatience. Allons retrouver don Quichotte , que nous avons laissé tout troublé des plaintes d'Altisidore.