PARTIE II, WV. VII ^ CHAP. XL VII. l6t
aise , dit Sancho ; et regardant le médecin avec des yeux pleins de colère : Ëh bien! monsieur le docteur Pedro Rezio de mal Aguero , natif de Tirteafuera , entre Caraquel et Almodobar, videz-moi tout-à-r heure de la chambre ; sinon je jure que si je prends une corde , je vous étran-^ glerai sur-le*champ ^ avec tout jutant de médecins qu'il y en a dans Fîle , au moins de ceux que je connaîtrai pour ignorans; car pour ceux qui sont savans et discîtets, je les honore et je les estime» Encore une fois! tnessire Pedro Rezio , qu'on me décharge le plancher, ou je vquj^ coiffe de ma chaise , et vous envoie exercer le métier dans Tautre monde ; et s'en plaigne qui voudra , j'aurai fait un grand service à Dieu , en assommant un assassin de médecin , un bourreau de la république ; et qu'on me donne à manger, ou qu'on reprenne le gouvernement : de tout métier qui ne nourrit pas. son maîti:e, je n'en passerai pas la porte.
Le médecin , épouvanté de la colère et des menaces du gouverneur, voulut effectivement gagner la porte, mais on entendit en même temps dans la rue le bruit d'un cornet de postillon ; et le maître -d'hôtel ayant regardé par la fenêtre : C'est, dit -il, un courrier de monseigneur le duc ; il faut qu'il y ait quelque affaire d'importance. Le courrier entra tout suant et hors d'ha- T. ïv. 1 1
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Jeine , et tirant un paquet de son sein , le présenta au gouverneur, qui le mit entre les mains de rintendant , et lui dit de .voir à qui il s'adressait. L'intendant lut le dessus., qui disait ainsi : Â don Sancho Pança , gouverneur de File Barataria , en main propre , ou celle de son secrétaire. Et qui est- ce qui est mon secrétaire? demanda Sancho. C'est moi, monseigneur, répondit un jeune homme , je sais lire et écrire , et suis Biscayen , pour vous rendre service. Avec cette queue , . dit Sancho , vous pourriez être le secrétaire de l'empereur même : ouvrez ce paquet et voyez<ce. que c'est. Le nouveau secrétaire lut la lettre ^ et dit au gouverneur que c'était une affaire à l'entretenir en secret. Sancho fit signe que tout le monde se retirât hors l'inlendsmtet le maître*d'hôtel ; ce qui fut fait aussitôt, et le secrétaire lut tout haut ce qui suit :
« J'ai eu avis , seigneur don Sancho Pança , que quelques ennemis de votre île et des miens, ont résolu de vous surprendre une de ces nuits : il faut veiller et vouô tenir sur vos gardes pour n'être pas pris au dépourvu ; j'ai encore appris par des espions surs , que quatre hommes d^isés sont entrés dans votre ville pour vous poignarder, parce qu'ils craignent votre esprit et votre conduite : faites donc faire bonne garde , observez soigneusement tous ceux qui vous par-