PARTIE U, LIV. VM, CHAP. XLVII. iSS
lent , et ne mangez de nen de ce que 1 on \i servira , crainte de sapercherie ; j'aurai soin de vous envoyer du secours , s*il est nécessaire. Adieu ; je me remets à votre prudence de Tévénement de toute cette affaire. Ce i6 d'août sur les guatrie heures du matin.
Voire anûy us, Duc. >»
Sancbo , fort étonné de la nouvelle, les autres ne le paraissant pas moins , dit à l'intendant : Ce qu'il faut faire , monsieur l'intendant, tout-à- Fhewe et sans perdre de temps, c'est de mettre le docteur Rezio dans un col de basse fosse , les fers aux pieds et auxmaîns ; car si quelqu'un a de»sein d'entrqprendre ^ur ma vie , ce ne peut être qi4e lui , qui a d^ assez fait Voir qu'il me voulait faire nuDurir de faim. U me sembte aussi , monseigneur, dit le maître-d'hôtel , que vous ne devez rien manger de tout.ce que voilà , car ce sont des presens faits par. des religieuses, et d'ordinaire le diaUe est derrière la croix. Vous n'avez pas tout le tort , répondit Sancho ; pour l'heure, qu'on me donne seulement un quartier de pain et un plat de raisin : on ne se sera pas avisé de les empoisonner, car, après tout, je ne puis me passer de mangei^ ; et puisqu'il faut se préparer à la bataille , il est bon de se nourrir, car c'est la plaise qui soutient le cœur, et non pas le cœyr
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la panse. Vous , secrétaire , faites réponse à monseigneur le duc , et mandez-lui qu'on fera tout ce qu'il ordonne, sans manquer à rien ; ii'oubliez pas de faire mes baise - mains à madame la duchesse, et de lui mander que je la prie de se souvenir d'envoyer, par un homme exprès , ma lettre et le paquet de hardes à Thérèse Pança, ma femme ; qu'elle me fera plaisir-, et que je me donnerai l'honneur de lui écrire le mieux qu'il me sera possible ; fourrez encore dans votre lettre des baise-mains de ma part pour monseigneur don Quichotte de la Manche , afin qu*il voie que je ne suis pas un ingrat; vous ajouterez tout ce que vous jugerez à propos, en habile secrétaire. Cependant , ajouta-t-il, qu'on desserve ces viandes, et qu'on me donne à manger, et on verra ensuite si je me soucie d'espions.^ ni d'enchanteurs , ni d'assassins.
Comme il achevait de parler, entra un page qui lui dit : Monseigneur , il y a un paysan qui demande à parler à votre seigneurie pour une affaire d'importance. Oh pardi! ces gens d'affaires sont bien importuns , repartit Sancho : est -il possible qu'ils soient si sots qu'ils ne voient pas bien que ce n'est pas l'heure de venir parler d'affaires ? je crois qu'ils s'imaginent que nous autres gouverneurs et gens de justice , ne i^ommés pas faits comme les autres et que nous