‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 4)Chapitre 85 sur 248 · PARTIE II , I JV. VII , CHÂP. XLVII · texte numérisé non relu

PARTIE II , I JV. VII , CHÂP. XLVII

sommes des hommes de fer ou de marbre , qui n'avons pas besoin de repos : ces messieurs-là me lanternent , au bout du compte ; et si ce gouvernement continue encore quelque temps , ce que je ne crois pas , je pourrais bien faire donner les étrivières à quelqu'un de ces plaideurs; qu'on aille pourtant dire au paysan qu'il entre , mais qu'on prenne garde auparavant si ce n'est point un de ces espions dont on me menace. Oh non, monseigneur , repartit le page : pour celui-là , si je ne me trompe , il est bon comme le bon jour. Il n'y a rien à craindre , monseigneur , ajouta l'intendant , pendant que nous sommes ici tous. N'y . aurait -il pas moyen , m^tre 7 d'hôtel, dit Sancho, pendant que le docteur Rezio n'y est pas , que je mangeasse quelque chose , quand ce ne serait qu'un morceau de pain et un oignon ? Nous reparerons ce soir, à souper, le défaut du dîner , monseigneur, répondit le maître-d'hôtel, et vous serez satisfait. Dieu le veuille , repartit Sancho. Sur cela entra le laboureur, qu'on jugea à sa mine un fort bon homme et assez simple. Il demanda d'abord en entrant : Qui est-ce qui est ici monseigneur le gouverneur ? Et qui est-ce qui doit l'être , répondit le secrétaire , si ce n'est celui qui est là assis ? Je lui demande pardon , dit le laboureur; et se jetant à genoux devant lui , il lui demanda la main à baiser. Sancho la

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refusa , et lui cKt de se leTer, et de dqre promptement tout ee qu'il avatit à âtre. Le laboureur se leTa y et dit : Mousêijgueur, je suis lafboutetBT, né naftif de Miguel - TuiiMt , uïi TiU^^e qui est à àen% lieues de Giudad-ReaL Voici un autre Tirteafùera, dit Saucho; continuez, bon homme, je sais bien ce que c'est que Miguel -* Turra , je n'en suis pas foit éloigné.

L'afifaire est ^ monseigneur, poursuivit le pay^ tôn ^ que par la misérieorde de Dieu je sms marié en face de la sainte église càthoUque , apostolique et i*omaine ; j'ai deuxenfaus au collège, dont le cadet étudie pout être bachelier, et l'aîné pour être lîccûciyî ; je suis Tcuf , parce que ma fexnfme est morte , ou pour mieux dire, parce qu'un méchant médecin , sauf correction , l'a tuée en hii baillant une lïiédecine pendant qi/elte était enceinte, et ^i Dieu éât touIu qu'elle eût accouché d'un g»çow, j'avais dessein de le faire étudier pour être doeteur^ afin qu'il ne portât point d'envie à ses frères* le bachelier et le licencié. Si bien Itônc , bon homme , dit le gourerneur, que si votre femme lie s'était pas laissée mourir, ou qu'on ne l'eut point tuée , vous ne seriez pas veuf? Non, 'monseigneur, pour tout certaSn, répondît le paysan. Bon, bon, nou^ en avons tout du kmg de Taune, repartit Ssticho , achevez , mon ami, car il est plus tieure de dormir

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