PARTIE ^I, LIV. VII, CMAP. XLVIII. I&ï
tinuez votre chemin, monsieur; c'est à moi à accompagner madame Gaffilde , qui était le nom de ma maîtresse. Mais pour tout cela mon mari, le chapeau à la main , ne laissait pas de s'opiniâtrer à suivre monsieur le prévôt. Ce que voyant ma maîtresse , elle tira de son étui une grosse aiguille de tête , ou bien , je pense , un poinçon , et pleine de colère elle le fourra dans le corps de mon pauvre mari, de èorte que ch misérable, en jetant un grand cri , et se démenant, s'en alla à terre avec madame Caffîlde. Deux laquais qu'elle avait vinrent vite pour la relever , le prévôt et les archers y accoururent aussi , et toute la porte de Guadalajara en fut émue , je veux dire , le peuple qui s'y trouva. Ma maîtresse s'en retourna à pied , et mon mari s'en alla chez un chirurgien, disant qu'il avait le ventre percé dé part en part. On ne parla plus dams Madrid que de la civilité def mon mari , et tous les enfaiis le couraient par les rues , mais pour cela , et parce qu'il avait la vue un peu courte, ma maîtresse lui donna son congé, dont il eut tant d'ennui, que je ne doute point que ce ne fût là la cause de sa mcW:. Il ne fut pas sitôt mort , que je demeurai veuve , abandonnée , et chargée d'une fille , qui allait croissant en beauté tous les jours de plus en plus;iinalement, comme j'étais en réputation de travailler admirablement à l'ai-
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guille y madame la duchesse , qui était no^yellement mariée avec monseigneiijr le àv^^ m'amena avec elle en Ârragon et ma fille aussi. Les jours allapt et yepant, ma fille crût et arec tqptt h beauté du mondl^ ; elle chante cOmmê uqe calandre , danse comme la pensée , et saute icomme une perdue , et elle lit et écrit coipipe un ange ^ et compte comme un^ banquier. Je ne dis rien de sa propreté : Feau /qui court n'est pas.plus nette; et elle a, à cette heure , si je m'en souviens hîien y seize ans cinq niois et trois jours quelques heures plus ou tnoihs.
De cette petjitcl; créature, dont je vqus. parle, devint .amoureux le fils d'un riche Laboureur, qui tiejit ici près une ferme de monseigneur le duc. Effe'ctivfment.je ùe sauraiç.bien dire cpmment cela s'est fa^t : mais enfin , il l'ai si bi^n tournée e{. virée, qu'i^s.en spii^ venus bien ayapt; et sous promesse de Tépouser iLa abtisé de la pauyre.cn^aturQ^f et aujourd'hui il ne veut pas lui tenir parole : et encore qut monsijsur le duc le sache bien , parce que je m'en suis jplajnte à lui y non une fois , mais plusieurs , €;t que je l'ai supplié de conmiander que ce garçon te mariât avec, ma fille, il fait la sourde oreille, à peine veut-il souffrir que je Iqi en parle; .et à cause que le laboureur, qui est f oçt riche , lui prête de l'argent , et lui sert quelquefois de caution ,