‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 5)Chapitre 110 sur 216 · PARTIE m, LIV. II, CHAP. XXIII · texte numérisé non relu

PARTIE m, LIV. II, CHAP. XXIII

Ud beau ^erdoo, mademoiselle.

Pour tant de aang répandu.....

pendu.

Tais-toi 9 langue détestable,

Ce mot de pendu me cuit

cuit,

Si f entends plus le moindre bruit , En deux coups ]e t'envoie au diable... .

diabh !

Ah! ah! tu jases encore! attends, attends. En disant cela, il piqua avec furie du côté de la voix, résolu d'exterminer l'écho pour jamais , quand tous les amans du monde en devraient enrager. Comme la fureur l'emportait sans savoir où, et que sa jument, qui n'avait rien fait depuis deux jours, était en haleine, il n'en était pas le maître, il alla passer sur un gros troupeau de moutons , qu'il bouleversa, en ëstr<^iànt trois ou quatre. Les bergers qui le gardaient le coururent à coups de pierres , dont il y en eut une qui porta dans la bottine, et l'autre sur le bras; et le reste pbrtant sur la jument, elle s'enfuit dans un bois, où une branche sèche donnant rudement sur le casque dû pauvre Sancho , et le prenant au défaut de ses armes, l'enleva de la selle , et hii fit grand mal. De la douleur qu'il sentit , il abandonna la lance et la bride j et Flanquine, continuant son chemin tout épouvantée , le laissa

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pendu à la branche dans une posture bien incommode. Il se prit à crier les hauts cris , et bien lui prit que don Quichotte avait piqué après lui, voyant que ces bergers le poursuivaient; ces rustres, le prenant à leur avantage, l'auraient assommé. Don Quichotte arriva en même temps qu'eux, et, les ayant écartés à coups d'épée , il demanda à Sancho ce qu'il avait. Ce que j'ai , dit Sancho, eh! ne le voyez-vous poîn^? Et qui t'a mis là, mon enfant? repartit don Quichotte. Enfin m'y voilà , dit Sancho , désolé de ce qu'il souffrait, etdes demandes de son maître: qu'importe qui m'y a mis! je suis bien en état de faire des histoires. Attends, mon ami, attends, répliqua doiî Quichotte; il y a remède à tout, hors à la mort.

I| était bien empêché comment s'y prendre pour dépendre le pau#Te écuyer ; pédant qu'il y pensait, ]a bonne foi^tune amena un bûcheron avec uno sérpç à la main , à qui don Quichotte dit de couper la branche. Le bûcheron ne voulut pis d'aboT'd , disant que c'était bien fait de pendre les bandouliers , et qu'il n'y en avait que .trop. lie pauvre Sancho souffrait mort et passion durant ces contestations. Eh! mon camarade, dit-il au bûcheron, je ne suis ni bandoulier, ni gibier de justice , je suis uA pauvre chevalier qui punis moi-même les bandoutiers. Ah ! bon cela, dit le

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