PARTIE III, LIV. Il, CHAP. HXVII
souvenez-vous que c'est moi qui vous en prie. 11 vint aussit4t nous dïrt ce qui s'était passé,, et, trouvant en chemin, les gens d'Octave qui suivaient avf c les siens, il leur dit d'aller vite à leur maître, qui se trouvait mal. Le lendemain don Lopès partit,» et nous écrivîjfncs ma mère, et moi à mon père et à Valerio, tant pour leur apprendre cette affaire que pour leur deinander ce qu'ils nous conseillaient ; je priai aussi Yalçrio de n'avoir nul ressentiment contre don Lopès, et il fut également bien reçu de lui et de mo^pcre. Octave fut deux mois au lit, encore plus malade de fureur que de ses Uessures; j'envoyai un gentilhomme lui témoigner lé déplaî^ir que j'avais de l'état où il était ; il lui dit des paroles désobligeantes, se moquant de mon compliment, mais qu'il n'était pas mort, et qu'il le ferait bien voir. Ces menaces nous obligèrent d# recourir à la cour, qui ^onna ordre à Octave d'y aller rendre compte de ses actions; mais il ne le fit poinii^ et nous ne sortions plus, ma mère et moi, que nous nti' fussions bien accompagnées. *
Nous n'entenc^tnes point parleii^d'Octave et de don Pèdre pendant plus de six mois; nous apprîmes seulement qu'ils s'étaieri| tous detfx réconciliés, e! qu'Octave demeurait chez doA Pèdre ; ce qui nous empêcha dlalïer passer Pété dai[rs son voîsinfege, quojque notre maison soit
fort agréable. Sur la fin de la campagne / mon père ayant été dangereusement blessé, on Famena chez lui, etValerio obtint la liberté de l'accompagner. Mon pauvre père mourut de ses blessures, universellement regretté, et de la cour et deis ennemis de l'Espagne : je n'îai pas besoin de vgiis dire la douleur que cette perte causa à toute sa maison ; j'en pensai mourir, «et ma mère s'alla retirer dans une màisoii religieuse, où elle ne cesse de prier et de répandre des larmes.
Vaïoriô a encore fait trois camjpagnes depuis ce téîtops-làf, et, ayant été blessé en cinq ou six endroits dans là demièref il fut obligé de revenir dans sa nMdson pour se faire traiter.
Il n'y à que deux mois qu'il cômmetice à se remettre; et les médecins lui ayant ordonné de prendre l'air pour se fortifier, il va de tâhps en temps à la chasse : ce matin il est sorti de bonne heure dans le même dessein ,• et m'a donné rendez -vous à cette terre que nous avons ici près dans le voisinage de don Ifèdre, tne ipriant de m*y reiidrft ce $éir, et qu'il àuirâit soin de faire préparer toutes choses. Je sui& donc partie cfette^aprèsniinée aved quelques femmes, et pour toute escorte un gehtilhomihë, et ce scélérat quiè vous venez d'interroger, qui a été longtemps domestique de mon père, et que je priai Valerio dé prendre en nous mariant. J'étais iien