‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 5)Chapitre 140 sur 216 · PARTIE III, LIV. II, CHAP. XXVII · texte numérisé non relu

PARTIE III, LIV. II, CHAP. XXVII

éloignée de croire que la passion ou plutôt la fureur de mes beaux frères se réveillât, après avoir été trois ans assoupie ; mais comme j'étais à un quart de lièue db la forêt, il en est sorti deux hommes masqués, qui sont venus le pistolet à la main aux portières du carrosse : ce gentilhomme qui m'accompagnait a voulu se mciltre en défense, et il a reçu d'abord un coup de pistolet qui lui a cassé le bras, et doftt il est tombé par terre, saiis que Je sache ce quMKest devenu, et il y a grande apjflbnce que nous ne le re verrons plus. Ce qui a achevé de m'effrayér, c'est ce méchant que vous avez entre vos qiains, et en qui je me confiais, parce que c'est un homnie déterminé i au lieu de nous défendre , il s'est joint à ceux qui nous attaquaient, et ils ont forcé le cocher de mener le carrosse «devers .la forêt. 4

J'avfis toujours cru jusque- là que ce fussent des voleurs ; . mais l'action de Pedrçtria, c'est le nom de ce perfide , m'a fait peifter que c'était Octave, et toutes mes frayeurs se sont redoublées, n'y ayant*riep que je ne dusse craindre d'uû bi dangereux ennemi. Pendant que j'étais à la iherci de ces barbares, il a paru un ca^ralier qui suivait des chiens , accompagné de deux autres chasseurs : sitôt que m^ ravisseurs l'ont Vu parsdtre, ils ont hâté le cocher à coups dMpée^

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mais le fidèle serriteur, espérant du secours des chasseurs qu'il a pefit-étre cru reconnaître, s'est laissé briser de coups sans vouloir avancer. Dans Tafiitation où la fureur lûettait ces gens, il y en a un à qui le masque est tombé y et j'ai vu di^ tinctement le visage d'Octave : j'ai crié comme ua# personne qui est au désespoir^ faisant tous mes efforts pour me jeter hors du carrosse. Valerio^ qui était le qbasseur, a reconnu mon équipage, et est accouru à toute l)ride avec ceux qui le suivaient, mais tous maî^més : Octave voyant aoçi frère, et que ses mauvais desseins allaient éclater,^ a tourné toute sa fureur contré lui, ne balançant point* à se défaire d'un siv' redoutable témoin de- s^ perfidie : il a remis* le^ masque, et est allé à Yalerio l'épée à la main ; ils se sont portés quelques coups, et les gens de Yalerio se joignant à leur maître, l'autre homme masqué s'est aussi joint à Octave, et dans le roi^e ins-tant trois ou quatre hommes à cheval sont^sortis du bois, .et se sont mis de la partie. Je ne puis vous dire le reste de ce qui s'est passé entre eux: j'étais dans un état qui m'était l'usage des^sens, et Pedraria et un autre m'ayant dans ce tempslà tivée seule du carxosse, et traînée dans le lieu où Vous m'avez Irouvée, je n'en ai p|s pu voir davantage; il n'y a eu de tous mes gens qu'un seul laquais qui m'ait suivie ; et ce pauvre gar-

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