PARTIE m, MV. II, CHAP. XXVII
çon n'ayant point d'armes, et étant encore bien jeune, s'est mis à faire des cris pitoyables et à dire mille injures aux traîtres qui m'emmenaient, ne doutant point .que ce ne fût pour m'égorger. Cela n'a pas ctë inutile : aux cris qu'il fa^2(î^ j'ai vu. arriver Yalerio, mais tout sanglant : j'a» cru qu'il était venu à bout de ses ennemis, ou qu'en le reconnaissant le remords le leur avait fait épargner; je n'ai pas joui long-temps de cette espérance : Octave et sa troupe sont arrivés un moment après kii, et il* ont recomirffencé le combat , qui a duré un ^lart 4'heure : j'ai vu enfin 4oiqber Valeno par terre, et j'ai perdu toute connaissance. Dans ce triste état, mes ravisseurs me vomanbt mettre sur un cheval, m'ont fa^t revenir de ma faiblesse ,'^t, me voyant entre leurs mains ^ je me sbis débattue , envisageant mille choses borribles,' et je les ai tellement enllùirrassés qu'ils ont été contraints de m'aljtajchef à un arbre. Gomment pourrai -je vous dire le Mste? Octave ayant assassiné mon mari, a tourné contre moi toute sa fureur, et, pour combler ses crimes, a voulu passer jusqu'à |a derl^ière des violences; et j'ai entendu que don Pèdre , car il me semble que c'est sa voi% et je n'ai point d'autres ennemis, lui a dit : Ah, c'est trop, Oc^ tave, je lie le souffrirai point,^nous ne sommes que trop vengés. \ioilà un beau scrupule, a re-
parti le brutal d'Octave^ serions-nous vengés si nous ne Tétions pas d'Eugénie ? Il est venu aussitôt à moi, jetant soii masque, car ce n'était pas assers pour sa fureur que l'outrage qu'il méditaitf si»je n'avais encore le mortel déplaisir d'en conflaitrè l'auteur. Le ciel s^ écouté mes vœux, et l'a fait d'une manière qui île laisse pas douter que ce ne àoit un effet de sa protection : daris le temps que je né pouvais plus faire que des efforts inutiles, un ours monstrueux est sorti d'une caverne, et, se jetanf sur Oct(8^^e, l'a pris par le milieu du corp*!, et t^ Tayaut emporté dans le fond du bois, on n'a plus entendu de ce malheureux que des cris épouvantables. Je né sais ce que j**aî senti poUr Jiors; daus le trouble du j'étais, je ne me connaissais pas moi-même, et j'avais tant de malheurs à jjléplqrer, que je lie devais point être toiichéë de la perte de celui qui lés causait ; mais il me semble que je n'ai pas lais^ de le plaindre d'une si màU^ai^e aventure et d'uhe fin si funeste. A tei horrible spectacle, le cheval ^è don Pèdre a pi^s lâ.fuite, sans qu'il ait iparu depuis, et je me croyais quitte de tous mes persécuteurs ; je pleurais à là vue du corps de Valerio, essayant de rçirapre n>es liens p(>ur lui donner du secours, s'il étïdt encore ep état d'en recevoir, cya pour moprir aUprèiS de lui ; mais tous mes maut n'étaient pas finis, et j'étais