‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 5)Chapitre 145 sur 216 · PARTIE m, LIV. II, CHAP. XXVIII · texte numérisé non relu

PARTIE m, LIV. II, CHAP. XXVIII

blics, qui, chargés du maniement des finances, prêtez à grosse usure dans les besoins de l'état, et qui, munis d'édits et de déclarations, sous prétexte d'avances onéreuses, dépouillez également et le roi de ses droits, et le peuple de sa subsistance ; vous, malheureux instrumens d'une ambition démesurée, usurpateurs qui sacrifiez indifféremment amis et ennemis, qui vous emparez du bien de vos proches par la violence, quand la supercherie est inutile; vous, gouverneurs de provinces, qui trahissez la confiance des rois qui vous les ont commises, et, par un acte de félonie, refusez l'obéissance au prince, vous saisissez des places, des troupes et des trésors, et vous érigez en souverains; scélérats qui ne subsistez que par la violence et dans les désordres dont vous êtes les auteurs; vous qui, aveuglés de l'insatiable envie de doiniAer, ne craignez point de violer les lois divines et humaines, en attentant sur le tf*ône de vos pères; vous qui, soûs des titrés iipaginaires, séduisez leurs chefs et leurs armées, et qui, sans être touchés d'aucun sentiment dje religion, faites servir le prétexte de la religion' pour dépouiller les princes légitimes de leurs états et dç leur couronne; hérqs d'ambition, mais non de courage, avides de richesses et non pas de gloire, honteux modèles de fourberie, d*hypocrisie et d'infidélité, donj tout l'art

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consiste à révolter des sujets et à les rendre aussi perfides que vous-mêmes, ne voyez-vous pas que vous vous creusez des précipices, et que vous avez la même perfidie à redouter? Infâmes! s'écriait-il, qui, contensde la terre, ne voulez point d'autre héritage : la terre sera donc yotre partage; vous en jouirez, vous vous en gorgerez, mais vous éprouverez aussi que toutes les délices qu'elle vous offre, et qui vous charment , ne laissent pas d'avoir leur poison et leur amertume.

11 apostropha ensuite tous ceux qui n'ont point d'autres règles que la chair et le sang ; ces âmes violentes, ennemies de leur repos et de celui d^s autres , dont la fureur regarde tous les hommes comme ennemis. Et après avoit cité l'exemple des tyrans, ces. impies enfans de la terre , l'orgueil de Nemhrod , les débordemens affreux de Sodome et de.Gomorre , les sacrilèges d'Antiochus et ses remords inutiles, l'usurpation faite par Hérode du trône des Asmodéens sur cet illustre et précieux sang des Machabées, lès désordres de la famille de ce tyran , et sa fin malheureuse, et tous les tyrans qui ont persécuté l'église : il conclut qu'après avoir long-temps attendu le pécheur, le ciel, irrité de ses crimes, et encore plus de son impénitence , devenait un ennemi implacable , et ne manquait pas d'exer-

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