‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 5)Chapitre 158 sur 216 · PARTIE III, LIV. II, CHAP. XXX. 3lj · texte numérisé non relu

PARTIE III, LIV. II, CHAP. XXX. 3lj

et d'autres choses qui tiennent trop; nous en ferons Tessai tout-à-rheure sur des dragées qui sont entrées trop avant; il faudra auparavant faire de petites incisions avec la pointe du rasoir, et vous verrez que tout cela est divertissant à merveilles. Je n'ai pas si grande envie de me divertir , dit Sancho ; mais puisque cela est si plaisant, si vous voulez je m'en vais l'essayer sur vous. Oh ! pour moi , je n'en ai pas besoin, repartit l'officier, je ne suis. Dieu merci, point blessé. Vous vous moquez, répliqua Sancho, est-ce qu'on ne saurait se divertir sans être blessé ? venez , venez sans façon, l'afTaire sera bientôt faite.

Ils parcoururent de cette sorte tous les instrumens jusqu'au trépan , dont l'officier ayant dit les propriétés, Sancho lui demanda s'il croyait qu'il eût besoin d'être trépané dans l'endroit où il avait reçu le coup ? Pourquoi non , répondit l'officier, cela dépend du contre-coup, et nous en jugerons après avoir fait dix ou douze incisions, et bien sondé toutes les plaies. Monsieur l'officier, dit Sancho, je vois bien que vous savez le métier; mais vous ne savez pas encore l'humeui* des chevaliers errans; c'^t une race de gens à qui on ne tire jamais de sang qu'avec l'épce ou la lance; jamais ni médecins, ni apothicaires , ni chirurgiens, n'en appro-

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cbentqu'aTee ànk \mm^^ et d'ordinaire eux-^ mènes le savait biea composer, parce qu'ils connaiisent toutes les herbues. $i vous vouliez, dit l'officier, qu'on vous traitât de cette manière , je sais un baume qui est la merveille des merveilles ; mais il faut une bonne heure à le faire. Une heure n'est pas si grapd'chose, ré^ pondit Stancho, et puj^ en en faisant beaucoup, j'emporterais le reste, car nous en ipivons souvent besoin. Sur cela l'officier lui dit toute la composition du baume de Fier-à^-Bras, comme il venait de la lire dans l'histoire de don Quichotte , et dit que c'était par pure estime pour lui qu'il lui en apprenait la recette. Et comment Tappele^vous ce baume ? demanda Sancho. C'est, dit l'officier, le baume de Fier-à- Bras, qui était dans son temps un des plus vigoureux chevaliers du monde , et qui se serait cent fois laissé couper la tête pour un sou, parce qu'avec une seule prise jl revenait tout eomme auparavant^ et beaucoup plus sain et ]^us gaillard. Monsieur l'pfficier, dit Sar^cho, je crois avoir ouï parler de w baume ; mais on dit qu'il est violent, et qu'il n'est pas bon pour toutes sortes de gens; faltes^moi un plaisir, rengainez tous vos instrumens , je fais serment de ne m'en jamais servir que je ne sois mort ; et si vous avez quelqu'autre chose , donnez-le

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