‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 5)Chapitre 175 sur 216 · PARTIE m, IXW. II, CHAP. XXXII · texte numérisé non relu

PARTIE m, IXW. II, CHAP. XXXII

un des principaux du conseil , avait vu mon mari en Candie , et s'était servi de lui dans un duel ; il l'alla voir dans la prison, sous prétexte de vouloir apprendre quelque chose de lui ; et s'étant fait reconnaître, il lui dit en l'embrassant : Monsieur, ▼eus êtes plus en sûreté que vous ne pensez, et je perdrai la vie plutôt que de souffrir qu'on vous fasse la moindre insulte. Mon mari le reconnut; et après lui avoir fait de grands complimens, il le pria de faire en sorte qu'il ne couchât point dans la prison , et qu'on lui donnât des gardes ; les soins du prince réussirent : mon mari sortit de prison ; il fut éliargi dès le soir même , et logé chez un marchand avec cinq ou six soldats, qui étaient maîtres de la porte ; et ce prince a tant fait qu'il est aujourd'hui prisonnier sur sa pa* rôle, et qu'il se promène librement par les rues de Naples , en attendant qu'il justifie qu'il n'a eu aucun mauvais dessein, et que le roi l'avoue. C'est donc ce que je viens solliciter à la cour, et je ne m'en irai point que cela ne soit. fait. Madaqie, dit Sain ville, ces dernières paroles ne me feront pas agir avec beaucoup d'empressement ; j'aime fort le repos de M.,.. , mais j'aime encore plus à me voir auprès de vous , et j'ai encore plus besoin de vos soins que les miens ne vous sont utiles ; mais, madame, dites-moi, je vous prie, pourquoi ne m'avez-vous point T- ▼. a3

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donné ayis de votre retour, et comment m'avezvous laissé tant languir ce soic^ avant que de vous faire connaître? Je ne vous ai point , mandé, dit-elle, que je revenais, parce que sitôt que j'eus reçu la lettre de mon mari, je m'allai persuader qu'il y avait plus de péril |)OÙr lui qu'il ne me récrivait, et je partis sans perdre un moment de temps ; j'arrivai justement à Lyon le jour que la diligence «n partait.; et trouvant deux places vides, je sautai de la litière dans le carrosse ; noBS sommes arrivés ce soir, comme vous l'avez vu ; et dans le* temps que vous m'avez donné la main pour descendre de carrosse, j*ai cru tous reconnaître, et c'est ce qui a fait que j'ai pris si librement votre chaise ; j'ai achevé de connaître que c'était vous, quand nous avons entré céans ; et comme j'ai vu que vous ne vous aperceviez point qui j'étais, j*ai songé à en tirer du plaisir, et j'ai averti iftes gens pour cela» Mais, madame, vous êtes bien méchante^ ditSainville, de m'avoir tendu un piège sur cette dame île Provence ; et ^ j'en avais dit du mal , comment l'auriez-vous pris P je n'en ai véritablement point été tenté ; mais tout autre qui aurait voulu profiter de la belle humeur de cette dame coquette « qui se laisse meiier à sa chambre par un hoipme inconnu, qui s'en fait saluer à contre-temps, quand il ne s'en avise pas ; qui se met, au lit pour le

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