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recevoir» et le reçoit avec mille afiFëteries ; en vérité je crois qu'il ne l'aurait pas épargnée. Oh! j'étais bien sâre de vous , repartit la dame , et en tout cas il aurait bien fallu vous pardonner une faute que je vous aurais fait faire.
Vous m'auriez pardonné, madame, s'écria Sainville; est-ce que je vous suis si indifférent, quoi! vous n'en aunes pas été en colère , et vous auriez pu me souffrir après cela? Pourindiff^ rent, vovs ne me l'êtes nullement , dit la marqmâe> et je veux bien que vous sachiez, une fois pour toutes, que je vous regarderai toujours comme le meilleur de mes amis, et que tant que cela s^accommodera avec motn devoir, vous aurez la première place dans mon cœur : je ne vous en ai jamais tant dit, mais je me suis assez éprouvée pour vous le dire sans crainte, et po«r n'en pas rougir; et souveneatvous que je vous aime beau«coup plus que si vous m'aviez donné de l'amour: adieu» il est tard, je ne veux pas iqiie vous me réj^ondiez un seul mot sur ce que je viens de TOUS dire, mais réglez vos scntimeos sur les imens. En même temps elle dit à un laquais d'éclairerà Sainville, et lui donna le bonsoir sans lui donner le loisir de lui parier. Il lui demanda seulement à quelle heure il la pourrait voir le lendemain ; elle ltti4it qu'elle l'attendrait àdîner.
Sainville ne manqua pas le jour suivant de se
trouver chez la marquise dès onze heures du matin ; elle acjievait de s'habiller , et il lui dit mille galanteries à sa toilette. Mais comme il n'est pas homme à s'en tenir là, il lui parla d'amour^ et dans les termes du monde les plus tendres. Hé, mon pauvre Sain ville, lui répondit-elle, songeons à mon affaire , et non pas à l'amour; tout autre que vous serait content de ce que je vous dis hier au soir, mais vous voulez espérer à quelque prix que ce soit, et il me fâche de voir que vous vous allez fatiguer de mille soins inutiles. Ne vous souvenez-vous plus que vous m'avez vu mourante, et que vous étiez le premier à me donner les sentimens de piété que je devais avoir? et en vérité , voudriez-vous que je renonçasse à une chose que vous m'avez fait voir si juste et si nécessaire , et dont je me trouve si bien ? Madame, je ne sais ce que je veux, répondit Sainville : je vois que vous avez raison; mais vous m'avez désespéré , en me disant que vous m'aimez mieux que si je vous avais donné de Tamour; peut-être deviendrai-je plus sage, mais je vous prie que ce ne soit point vous qui vous en mêliez : laissez-moi dire tout ce que je voudrai, et laissez-moi croire que vous pouvez encore me redouter ; ce sera un secret entre vous et moi, et je vivrais avec tant de respect et tant de retenue auprès de vous , que vous n'aurez pas sujet
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de TOUS en plaindre ; je vous verrai même moinsqu'à Tordinaire, et quaqd«.. Non pas cela, dit la dame, en interrompant Sainville, je prétends^ que vous me voiriez tous les jours et à toute heure ; Je iie me servirai que de vous tant que je serai ici , et nous irons partout ensemble ; et je prétends même après cela que vous m'accompagnerez en Provence.
En vérité, madame, vous êtes incorrigible, dit Sainville, et si je n'avais pas pour vous autant de respeet que d'amour , je sortirais d'ici tout-à-l'heure pour n'y rentrer de ma vie. En disant cela^ il s'éloigna d'elle, et se mit à rêver. Pour elle , elle ne put s'empêcher de rire , et cela aytnt fait venir une de ses parentes , Sainville lui dit : Mademoiselle, madame n'est ici que d'hier au soir, et elle m'a déjà dit les choses du monde les plus désobligeantes. Hé bien , dit-elle, jene vous en dirai plus, à condition que vous reprendrez votre bonne humeur, et que vous ne songerez qu'à mes affaires. Sainville voulait ré- ' pondre quelque chose; mais elle le prit par la main , et lui dit de venir lire avec elle une lettre de son mari, qu'elle avait reçue un moment avant qu'elle entrât chez elle,, et qu'il fallait qu'il fût prêt le lendemain dé bonne heure pour l'accompagner à Saint-Gensain. Ce sera à telle heure qu'il vous^plaira, madame, dit Sainville ;r
mais pour les petits services que j'ai à tous ren^ dre, je veuxaassi faire j^es conditioiis. Voyons ce que c'est , dit-elle. Je psétends, dit^il^ que vous entendrez tout ce que j.'ai^ vous dire, sans répondre et sans rire. Hé bien, dit-«lle; je le veux, mais ce sera aussi sans me laisser persua*der. Il était déjà tard, ils se mirent à table; et ^ après dîner étant demeurés seuls, la marquise dit à Sain ville ; Qu'avez-vbus fait depuis que je suis partie? je. y ous ai mande -tputes mes aventures ,raconte:Mnbi les vôtres, et Vbyons si vous avez été bjien fidèle ; car vous m^ parlez aussi hardimentque si vous n'aviez rien à lous repro^ cher, et moi >§ ne m'y fie pas trop»^Vous êtes la s^ule personne du mpnde à qui je dois le rtitms les dire, jpépondit Sain ville, vous n'y prenez pas assez d'intérêt, et si vous y .en prenez, il n'y a rien que je vous doi^e tant 4:aeliéç. SainvîUe voulait vtout de bon s'en défendre; mais la mai^quise lui a]fiant dit : Quoi! vous voulez que je -«croie que vous m'aimçz^ et il y a des choses dont vous jne faites iriystère! il ne vit plus de porte pour s'échapper, et il dit à la marqaiiye : Ah-^ madame], à quoi me forcez^oîte? si vous^^Mviez le désordre qui est arrivé ;envt)trealA€nce , faute de m'avoir témoigiié que. vous pireniez quelque paît en ma conduite , et pour m'avoir kisté sw ma foi, vous en seriez bien étonnée, et je ne