PARTIE III, LIV. II, CHAP. XXXII. SSg
sais si vous n'en auriez point quelque regret. En véiitëf je ne puis consentir à vous apprendre une histoire que j'ai besoin d'oublier ; c'est ouvrir moi-même une plaie qui commence à se fermer; et, encore une fois, vous êtes la personne du ixionde à qui je dois moins révéler ce secret. Je ne sais quel il peut être, dit la marquise; mais je sais bien que je suis la seule personne à qui' vous en devez le moins faire. Je vois bien qu'il n'y a plus moyen de s'en dédire , s'écria Sain ville , je ne vous ai jamais rien caché, et je ne vous dois rien cacher : mais, madame, voici un étrange effet de sincérité, que de découvrir une galanterie à une personne aimaUe , à qui on fait si souvent des déclarations d'amour; avec quels yeux m'allez-vous regarder? ah! ce ne sera point avecÏÏes yeux de colère, vous ne m'estimez pas assez : hé! que je serais heureux si pour*le prix de ma sincérité , roiJS me chassiez d'auprès de vous pour u» rnois! Vraiment, j'ai trop affaire de vous pour m'en défaire , dit la marquise ; mais vous: me*' faites acheter bien cher une histoire que je vois bien <pii me coûte déjà quelque chose. Madame , dit Sainville , je ne vous demande plus que de l'attention , je m'en vais commencer.
Quand vous ne voudriez-pas l'avouer, vous savez assez combien jevqus aime , et vous n'ignorez pas avec quelle impatience j'ai supporté votre
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éloigDement, j'en ai été afAigé à mourir, et fai toujours trsânié depuis une vie languissante ; mais croiriez^vous, madame, que ces violentes marques de la passion que j'ai pour tous , aient pu donner occasion à m'en faire sentir une nour» Telle? pendant que je mourais d'ennui, et que ma langueur ne me permettait pas d'aller bien loin , je ne songeais qu'à me promener dans le Toisinage, et tout l'été j'arpentais les allées do Luxemboui^ , toujours songeant à tous , et trou- Tant quelque joie secrète à me Toir dans un endroit où j'aTais eu le plaisir de tous Toir si sou- Tent : l'amour, de qui je n'avais garde de me défier , m'attendait dans ces allées, et pour m'at* traper mieux il me laissa promener phis de deux mois sans me rien dire 'j. le traître sait qu'il n'est pas malaisé de surprendre un cœur sensible; TOUS n'étiez pas ici pour défendre tos conquêtes, et il s'est servi en cela du plus dangereux artifice du monde, mais si surprenant, que je puis bien dire que c'est la fidélité qui m'a rendu infidèle. Il faut reprendre l'histoire d'un peu loin , afin de TOUS la donner toute entière; et que tous plaçant d'abord au point de Tue, tous puissiez juger sainement de. tout ce qui se présentera à TOS yeux; car pour moi, je prétends faire une peinture naïve aTCC des couleurs simples et naturelles sans grossir les objets , et Je mettrai dans