‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 5)Chapitre 179 sur 216 · PARTIE m, LIV^ II, CHAP. XXXII · texte numérisé non relu

PARTIE m, LIV^ II, CHAP. XXXII

à moi-même , que de me donner à une autre. Je crois même , ^ j'ose vous le dire, que vous ne l'auriez pas trouve trop bon ; laisse^^moi ce petit mouvement de vanité pbur adoucir le déplaisir que j'ai de vous trouver toujours si fière. Je ne pouvais donc faire autre ehose^en cet état-là ^ que de plaindre Sylvie ; et quand je la rencontrais par hasard à Ja promenade ou en quelque autre enditoit, j'évitais avec soin d'entretenir sa passion parde'.faussed complaisances, ne voulant ni l'abuser ^ ni trahi» lès seirtimens de mon cœur, qui m'attachaient plus à vous que je ne l'avais pen^é. Je ne laissais paè de prendre plaisir à me trouver aVM elle , au moins je sais bien que je ne m'y ennuyaijf pas ; mais je prenais te temps qu'elle était aveé Phénice , la plus chère de ses amies y qui était aâ^i une fort jolie personne ^ à-peu-près de même âgé', Is^ présence' de sa coihpagne me servant d'excuse de'ds que je ne lui disais pas des choses aussi obligeantes qu'eHe te pouvait souliaiter. .

Cela dura long-temps de la sorte, sans que Sylvie pût se promettre de m'engager, et sans qu'elle eût lieu de s'en plaiii£^« Enfin vous fûtes obl^e 4|B faire ce ^nd voyage , qui me pensa désespérer, et il ne me te^tz de consolation que celle àt vous écrire et de recevoir de VYis lettres. L'amitié que vous m'aviez promise ^

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et les honnêtetés que vous me dites ea me disant adieu, me repassaient incessamment dans Tesprit , et en même temps que cela flattait ma passion , j'y trouvais amssi lÀille sujets de m'affliger. Car enfin que peut-on espérçr d'une personne qui ne parle jamais qu'en- fuyant ? et si l'on espère, de combien de craiiftes et de déplaisirs cette espérance est-elle traversée ? Après y avoir bien fait réflexion^ je songeai à réduire toute ma passion à une bonne et sincère amitié , telle que vous me la témoigniez , et de ne regarder plus les soins et les empressemens de l'amour pour me rendre utile à vos intérêts. Dans cette résolution , je commençais à mener une vie assez tranquille ; et n*ayant plus , ce me senablait , que l'impatience de vous revoir, comme la meilleure de mes amies , je me louais tous les jours d'un bonheur qui me permettait de jouir de la raison. Je me crus en sûreté de toutes les passions qui troublent le rcpos^ de la vie, n'ayant rien à craindre de vôtre côté, et je regardais déjà comme autant de triches dans l'esprit d'un honnête homme, tousles engag«[hens de gaknterie qu'on peut avoir avec des femmes. Mais, comme on dit, il est bien difficile de pénétrer le cœur des hommes, et, quelque soin que j'aie pris, je n'ai jamais pu moi-même bien connaître le mien. Pendant que je me croyaissibien affermi contre lesattaques

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