PARTIE III, LÎV. Il, CMAP. XXXII
qiiefois. Madame, lui dit-elle, la frayeur que vous avez eue a fait le même effet sur moi qu'elle a fait sur tous : elle me déguisait pour vous , comme elle tous déguisait pour moi , et il a fallut que ma cousine m'appiit à vous reconnaître. Je vous demande pardon , dit cette dame à la marquise, vous voyez bien le trouble où j'étais; mais tout ce que je vous puis dire , c'est que j'aime bien mieux que ma nièce et moi vous devions ces bontés, qu'à tout autre; ce qui m'empêchait de vous reconnaître , ajoiita*t-elle , c'est que je vous croyais toujours en Provence. Vous aviez raison de le croire , dit ia marquise , personne ne savait mon retour : ce n'est que d'hiet au soir que je suis à Paris; mais voyons ce que fait mademoiselle votre nièce. Elles là trouvèrent assoupie , et la marquise dit qu'il fallait la laisser reposer. Cependant cette dame se mit à faire de grands complimens à la marquise , et après bien des excuses de l'iticoinïnodité que sa nièce lui causait, elle prit congé d'elle pour aller mettre ordre à quelque choâie dans sa maison, et revenir quérir sa nièce. La marquise lui dit qu'elle l'attendait à souper, et sur ce qu'elle voulut faire des fâiçons, eïk ajouta qu'elle ne lui rendrait sa nièce qu'à cette condition , et qu'elle ne lui conseillait pas même de l'emmener jusqu'à ce qu'elle fât bien remisfe. Cette dame monta en carrosse,
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et* la marquise n'ayant plus nafi qui l'oecupât, ' comn^ençaà s'apercevoir que Sainville était bien long-temps à revenir ; elle en demanda des nouvelles, et comme on ne lui en put dire daitô la maison , elle en fit demander dans la rue. Les voisins dirent que le gentilhomme qui était sorti répée à 1$ main de che^ elle, avait poursuivi un de ceux qui avaient attaqué le carrosse, et que depuis ce temps-là ils ne savaient ce qui était arrivé, sinon que dans le même temps le guet avait pris et emmené deux hommes en prison , et qu'apparemmeiit ce n'était point des voleurs. La marquise entra en inquiétude de ce que pouvait être devenu Sainville , ayant tout sujet de craindre pour lui, et à cause de l'occasion qui venait de se présenter, et parce qu'elle savait bien qu'il avait une affaire un peu fâcheuse; elle envoya de toute parts demander de ses nouvelles, et une heure après on lui vint dire que deux hommes s'étaient battus auprès de la Croix- Rouge , et qu'il y en avait un qui avait rompu son épée dans le corps de l'autre. Et ne les nomme*-t-on point? demanda la marquise. Non , madame , lui répondit--on , personne ne les connaît. £t que sont-ils devenus enfin? reprit la marquise. Madame, on ne sait, dit celui qui ]ui parlait ; le vent avait éteint presque toutes les lanternes , et ils se sont perdus dans l'obscurité. Il n*y