‹ Histoire de Don Quichotte de la MancheChapitre 263 sur 310 · IL · texte numérisé non relu

IL

ni DON ni ICHOTTB.

Sancho. il mit son maître au lit, el le couvrît beaucoup afin que la sueur le guérit du refroidissement après la danse.

Le jour suivant, don Antonio voulut faire l'expérience de la tête enchantée, il alla s'enfermer dans la chambre où elle était avec Don Quichotte, Sancho, deux amis, et les deux daines qui avaient si bien lassé Don Quichotte au bal ; elles étaient restées au logis avec la femme de don Antonio. Il apprit à tout le monde les propriétés de cette tète, recommanda le secret, et dit que c'était là le premier jour où il en eùi fait l'épreuve. Excepté les deux amis de don Antonio, personne ne connaissait l'artifice de cet enchantement, et, s'ils n'en avaient pas été instruits, ils n'auraient pas été moins surpris que les autres, tant il était bien préparé. Le premier qui interrogea la tète fut don Antonio lui-même; il lui dit à voix basse, mais non de manière à n'être pas entendu : Dis-moi, tête, par la vertu dont tu es douée, à quoi pensé-je maintenant? Je ne sais point lire dans la pensée, répondit la tête sans remuer les lèvres, d'une voix claire et distincte, qui fut entendue de tout le monde. Tous restèrent interdits, voyant que dans la chambre et autour de la table, il n'y avait personne qui eût pu répondre. Combien sommes-nous ici? demanda ensuite don Antonio. — Tu es ici, lui fut-il répondu, avec ta femme, deux amis, deux amies de ta femme, un chevalier fameux appelé Don Quichotte de la .Manche, et son écuyer, dont le nom est Sancho l'aura. Ce fut alors qu'on s'émerveilla tout de nouveau, ce fut alors que tous sentirent leurs cheveux se dresser de frayeur. 0 tête sa tète parlante, tête répondante, tête admirable, ceci me suffit, dit don Antonio en s'éloignantje n'ai pas été trompé par celui qui l'a faite. Qu'un autre s'approche et demande ce qu'il voudra. Comme les femmes sont d'ordinaire impatientes et curieuses, ce fut une des deux amies de la femme de don Antonio qui s'approcha la première. Dis-moi, tète, lui demanda-t-elle, que dois-je faire pour être belle ? — Sois honnête, lui fut-il répondu. — Je n'en demande pas davantage. L'autre amie s'approcha : .le voudrais savoir, dit-elle, si je suis aimée de mon mari. — Observe sa conduite avec toi, tu le sauras. La dame se retira en disant : En effet, les œuvres découvrent les sentiments, ma demande était inutile. Un des amis de don Anto-

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