‹ Histoire de Don Quijote de la MancheChapitre 37 sur 278 · PARTIE I. CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE VIIL

t'heiire, dit Agta^, répond Don Qugote'; et. jetant sa lanoe à terre, il tire son épée, embrasse smécu, et fond sur le Biscayen , résolu de lui 6ter la vie. Le BIscayen, le voyant venir , eût bien voulu descendre de sa mule , qui , pour être une mauvaise monture de louage,' ne lui inspirait pas de confiance; mais tout ce qu'il put faire, ce fat de mettre l'épée à la main. Bien lui prit aussi de se trouver auprès du coche, où il put se saisir d'un coussin qui lui servit de bouclier. Les deux fiers champions coururent l'un sur' Vautre , comme s'ils eussent été mortels ennemis. Les assistants auraient bien voulu les remettre en pais, mais cela fut idpoesihle ; car le Biscayen jurait, en son mauvais langage, que si on ne lui laissait acbever le combat , il tuerait sa toaltresse et tous cens qui s'opposeraient A soo dessein. La dame du cochè , étonnée et tremblante de ce spectacle, fît signe au cocherdes'écarterde quelques pas, etdekà elle resta â considérer cettelutte furieuse. LeBûcayeo dédargea un coup si grand sur l'épaule de son adversaire. qnH l'eût Fendu Jusqu'à la ceinture , s'il n'eût été couvert de mm éqi Don Quyote seuftt le poids de ce coup terrible ; il jw bl k cri en disant : O Dulcinée ! dame de mon coenr, fleorde Jl^Bseconrez votre chevalier, qui se tmiTc en ce | pour sontenir vos inUrèta ; proKrer ces motif I

cayen rattendaît aussi Tépée levée, et coirvert de sôq oreiller. Les spectateurs , effrayés , redoutaient Tlssue des épouvantaiiles coups dont les combattants se menaçaient , et la daine du coche ainsi que ses femmes faisaient miUe vœux et promesses

à tous les saints ^ FEspagne, pour obtenir de Dieu le salut de l'écuyer etle leur.

' Le malheur est que Fauteur de cette histoire laisse en suspens-la suite du combat, s'excusant sur ce qfi'il n'a rien appris de plus des faits de Don Qujjote. Bien est-ii vrai que le isecond* auteur ne put se persuader qu'une si curieuse* histoire fût res-^ tée (ai oubli, çt que les beaux esprits de la Manche eussent eu assez peu de soin pour ne pas conserver dans leurs archives quelques^ papiers qui concernassent un si fameux chevalier. Dans cette idée , il ne désespéra pas de trouver* la suite de cet agréable ouvrage, et avec Faide du ciel, il y réussit enfin, comme on le verra dans la seconde partie ^

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