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ce bruit que sous bénéfice d'inventaire. Il n'était ni dans les habitudes ni dans le caractère de Napoléon m de descendre dans de pareils détails.
Les considérants du décret passaient par dessus la Presse, pour atteindre directement les députés démocrates qui avaient prêté le serment. « Considérant, y » était-il dit, que, dans l'intérêt surtout de ces masses » laborieuses dont nul, jamais en France, ne s'est » plus activement et plus efficacement préoccupé que » l'Empereur, le gouvernement a le droit et le devoir » de se montrer sévère contre les folies de ces pré- » tendus démocrates, dont l'influence^ s'ils en avaient » jamais une, ne saurait qu'être funeste au bien-être » et au progrès régulier de cette démocratie qu'heu- » reusement ils sont désormais impuissants à agi- » ter. »
On avait fait là une démarche bien impolitique ; de telles paroles ne pouvaient avoir qu'un résultat, c'était de grandir l'importance des députés qui venaient d'être élus, et c'est ce qui ne manqua pas d'arriver.
Ça a été la constante préoccupation des gens du Château, pendant toute la durée de l'Empire, de rapporter à l'Empereur seul l'initiative de ce qui se faisait de bon et d'utile en faveur des masses ; les courtisans ne pouvaient souffrir qu'en dehors de l'Empereur, quelqu'un se proclamât Y ami du peuple. Cette prétention eut été excusable si elle n'avait pas été dictée par des sentiments étroits d'exclusivisme. Mais ce dont on avait peur surtout, dans l'entourage de l'Empereur, c'était qu'une personnalité puissante attirât l'attention du souverain, et que celui-ci fiit amené à l'appeler dans ses conseils. La camarilla, car,
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SOUS le second Empire, il y a eu une camarilla comme sous Louis-Philippe, voyait de mauvais œil tout ce qui pouvait produire un changement de système, et par suite un changement de personnes. Ce n'est jamais la grandeur du règne qu'elle a eue en vue, mais uniquement la conservation de ses places, de ses honneurs et de ses dignités. En cela elle a agi comme toutes les camariUas ; mais, comme elles aussi, elle a abouti à la chute du régime.
La suspension de la Presse m'atteignit directement. Je perdis pour un temps la position que j'avais dans ce journal. Je ne la retrouvai que quelques années après, lorsque la propriété de la Presse passa des mains de M. Millaud entre celles de M. F. Solar, l'associé du fameux M. Mirés.
M. Peyrat avait été maladroit dans la façon dont il avait exposé le caractère de la nouvelle opposition ; il n'y avait pas lieu de rajeunir en cette circonstance de vieilles formules révolutionnaires ; il fallait tracer nettement le rôle de l'opposition dans les limites de la Constitution impériale. Mais M. Peyrat n'a jamais été qu'un pur jacobin ; pour juger le présent, il a constamment fait appel aux souvenirs de 93 ; aussi, avec de véritables qualités d'écrivain, n'a-t-il jamais été qu'un piètre politique. Ce que M. Peyrat n'avait pas su faire, ce fut M. de Girardin qui le tenta. Avec cette sûreté de coup d'œil qui le distinguait, il dit tout de suite le mot de la situation nouvelle ; il réclama l'Empire avec la liberté. Ce mot a fait fortune ; il a servi de programme à toute une école ; il a abouti à la Constitution et au plébiscite de 1870 ; il importe donc de bien marquer sa date et son origine.