‹ Histoire de douze ansChapitre 43 sur 67 · HISTOIRE 1)K DOUZE ANS · texte numérisé non relu

HISTOIRE 1)K DOUZE ANS

M. Emile Ollivier entrait en conférence avec M. Rouher ; sur l'invitation de celui-ci, le député de Paris se rendait dans le cabinet du ministre d'Etat dans le but de s'entendre sur les bases à donner aux lois sur la presse et sur le droit do réunion. Ce que fut cet entretien, M. ÉmileOUivier ne l'a laissé entrevoir que d'une façon discrète; mais il y a un point sur lequel il fut très net : << Permettez-moi, dit-il au ministre d'Etat, ■I de vous déclarer qu'il est faux, ainsi qu'on vous l'a •' affirmé, que mon unique désir soit de vous remi> placer; pas un seul de mes cheveux n'y pense; si )) on vous rapportait de moi un propos ou une dô- " marche qui pussent contredire mes déclarations )) actuelles, je vous prie de m'interpeller formel- " lement. w On voit par là ce que valaient les bavardages de la salle des conférences.

Malheureusement, M. Emile Ollivier avait des amis compromettants qui n'acceptaient l'abnégation qu'il avait montrée depuis le début de la crise que sous bénéfice d'inventaire et qui escomptaient d'avance son accession au pouvoir. Ils lui attribuaient, au sujet de M. Rouher. des propos qu'il n'avait certainement pas tenus, mais qui devaient contribuer à mettre en méfiance un esprit naturellement ombrageux. Ainsi on prétendait qu'il avait dit que <■ si M. Rouher était ■> encore ministre, c'était à lui, Emile Ollivier, qu'il )) le devait. » De pareils commérages auraient été méprisés en d'autres circonstances. Mais M. Rouher, devenu l'avocat de réformes qu'il avait repoussées, se sentait dans une position fausse, et tout ce qui contribuait à le lui faire sentir lui causait de vives irritations.

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