HÏSTOIKZ DE DOUZE ANS
» sins les oblige à des armements immenses... Votre » Majesté, si elle renonçait spontanément à ce pouvoir » plus apparent que réel, plus menaçant qu'efficace, » ne rendrait pas seulement la confiance à la France, » elle calmerait l'inquiétude de l'Europe et ôteraittout » prétexte à des menées hostiles. Lorsqu'on verrait » les dépenses de l'armée et de la marine soumises au . » vote régulier du Corps législatif, on ne pourrait plus » se croire placé sous le coup d'une attaque subite et » imprévue. »
Un pareil langage, accompagnant de pareilles révélations, firent de l'accession de M. Fould au Ministère des finances un des grands événements du règne. On ne s'y trompa pas dans le monde politique. L'Empereur ne faisait pas seulement abandon d'une de ses principales prérogatives ; l'initiative impériale s'effaçait devant l'initiative ministérielle. <c Le décret du » 24 novembre 1860, disait avec raison M. Casimir Pé- » rier, était l'œuvre du souverain seul. En novembre » 1861, au contraire et pour la première fois sous le » régime actuel, l'initiative du souverain a fait place > à celle d'un conseiller. »
Il était impossible de ne pas voir dans Tensemble des faits l'indice d'un retour vers les pratiques du gouvernement représentatif. La responsabilité ministérielle commence en effet pour les ministres le jour où il est démontré qu'ils peuvent faire prévaloir leur volonté et où ils ont cessé d'être de simples instruments. On considérait M. Fould comme un ministre ayant un caractère essentiellement parlementaire. Comme on savait que M. Thiers n^avait pas été étranger aux décrets du 24 novembre, on lui at-