‹ Histoire de douze ans (1857-1860): notes et souvenirsChapitre 28 sur 39 · HISTOIRE UE DOUZ ANS · texte numérisé non relu

HISTOIRE UE DOUZ ANS

à propos de Télectiou des secrétaires et il conseillait à ses amis d'y renoncer ou du moins de s'abstenir. Le moment lui paraissait mal choisi pour faire une démarche qui, de quelque côté qu'on l'envisageât, ne pouvait être qu'un acte d'hostilité.

On procéda au vote. La liste du premier bureau passa tout entière au premier tour, ou. peu s'en faut. M. Martel obtint moins de voix que l'année précédente. Quant à M. Brame, il n'était arrivé que dixième, avec 38 voix seulement.

Au fond, M.Walewski n'eût pas été fâché que la liste échouât. Outre que ses instincts le rapprochaient des gens du Tiers-Parti, il se rendait parfaitement compte que la direction de la majorité lui échappait peu à peu et qu'il n'était déjà plus l'homme de la Chambre. Il n'avait pu déguiser ses antipathies pour certaines personnalités dont les noms figuraient sur la liste. Ses amis avaient mauQ^uvré avec tant de maladresse, que l'élection des secrétaires fut pour lui un véritable échec personnel. J'en fus, pour mon compte, très désolé, car nos relations, avaient toujours été excellentes.

Le discours de la Couronne amena un certain apaisement. Le Tiers-Parti se déclarait satisfait du paragraphe relatif aux questions intérieures. Là Chambre avait fortement applaudi la péroraison du discours où l'Empereur faisait appel à son concours pour l'aider « dans l'œuvre difficile de gouverner un peuple, » et où il jetait le dédain «sur les utopies dangereuses et sur » les excitations des partis », M. Walewski eut aussi un grand succès le lendemain ; il trouva le moyen d'attribuer à Tinfluence de la majorité les réformes li-

Page 1