‹ Histoire de douze ans (1857-1869): notes et souvenirsChapitre 12 sur 21 · I.A LETTRE DU 19 JANVIER i867 iî · texte numérisé non relu

I.A LETTRE DU 19 JANVIER i867 iî

on avait lieu d'espérer qu'il ne refuserait pas son appui à de nouvelles réformes.

L'Empereur paraissait avoir deviné les tendances secrète» du Tiers-Parti, car à l'ouverture de la session de 1866, il se complut, dans le discours du trôné, à décourager toute pensée de modification dans les institutions. Il s.' éleva contre «ces esprits inquiets » qui confondent « l'instabilité avec le progrès » ; il protesta contreridée « de reprendre le lendemain ce qu'on M a rejeté la veille » et faisant en quelque sorte la philosophie de la Constitution de 1852, il déclara qu'il était temps de mettre un terme aux discussions sur les théories gouvernementales. M. Walewski semblait être entré dans les vues du souverain ; car, en ouvrant la première séance, il invita ses collègues à ne pas oublier « que la Constitution demeurait la loi'su- > prême ».

Des déclarations aussi précises ne firent que surexciter les esprits novateurs. Ils engagèrent la partie dune façon assez habile. Ils rédigèrent un amendement à l'Adresse, au bas duquel ils réunirent le plus grand nombre possible de signatures. Il y en avait primitivement 24 ; il y en eut bientôt 36, et quelques jours après 42. Ils écartèrent avec soin tous les hommes qui, de près ou ^e loin, se rattachaient à la gauche. Ainsi je n'obtins pas la faveur de signer l'amendement. M. Ollivier a expliqué qu'il n'y inscrivit pas son nom, afin de ne pas éveiller de susceptibilités* Il fut de plus décidé que tous les signataires voteraieut contre l'amendement des 17. C'était ëous ce nom qu'on désignait le groupe dont MM. Jules FAvrè it Ernest Picard étaient les chefs.

La discussion de ramendement des 42 donna lieu à

une des luttes oratoires les plus brillantes du seconc

Empire. MM. Buffet, de Talhouët et OUivier se mon

trèrent des orateurs puissants. Mais M. Rouher us(

d'un artifice qui devait produire un grand effet sur li

majorité : il établit qu'entre le système de la gauchi

et celui des 42, il n'y avait aucune différence, et i

termina son discours par un appel pathétique qui pro

dnisit une profonde émotion dans l'assemblée : « N

» vous séparez pas de nous, s'écria-t-il, vous, nos ami

» d'hier, qui serez, je l'espère, nos amis de damait

» La pente sur laquelle vous êtes placés estglissant(

» Vous ne rêvez qu'une modification insensible, gn

» duelle, plus ou moins opportune, et, dans quélqu(

» instants, lorsque le vote s'ouvrira, alors peut-êt

» vous trouverez dans vos rangs ceux qui ne repr

» sentent plus votre opinion, et pour avoir voulu co

» quérir des nuances, vous aurez été absorbés par d

» couleurs ! »

L'amendement des 42 fut rejeté; mais au vote réunit 61 voix favorables. C'était une forte miner pour un amendement qui avait un caractère esse tiellement politique. Les 61 devinrent les 65 au v( sur l'amendement Martel qui demandait que, dans législation sur la presse, la juridiction des tribuna fût substituée au régime administratif.

Si l'amendement des 42 avait été écarté, la majoi n'en avait pas moins éprouvé une forte secousse, les esprits perspicaces sentaient qu'elle n'était ] sortie intacte de la commotion. C'est ce que M. Persigny expliquait à l'Empereur dans une lettre qi lui écrivait le lendemain du vote; Tami des mauv

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