LA LETTRE DU 1» JANVIER 1N
jours avait raison quand il disait que le chiffre 65 en aggravant la situation « sollicitait de nouvelles défea- » tiens ». L'amendement avait, en quelque sorte, déteint sur la commission de l'Adresse. Entre les deux textes, il y avait des points communs.
Les 42 disaient :
« La stabilité n'a rien d'incompatible avec le sage progrès de nos institutions. -^ La France, fortement attachée à la dynastie qui lui garantit l'ordre, ne l'est pas moins à la liberté qu'elle considère comme indispensable à l'accomplissement de ses destinées. Aussi le Corps législatif crok-il être aujourd'hui l'interprète du sentiment public, en apportant au pied du trône* le vœu que Votre Majesté donne au grand acte de 1860 les développements qu'il comporte. Une expérience de cinq ans paraît en avoir démontré la convenance et l'opportunité. La nation, plus' intimement associée par votre libérale initiative à la conduite de ses affaires, envisagera l'avenir avec une entière confiance. »
•La commission de l'adresse disait de son côté en termes plus concis :
« La stabilité des institutions n'a rien d'inconciliable avec le sage progrès de nos libertés. Vous l'avez déjà promis, Sire, et le passé répond de l'avenir. »
Aussi n'était-ce pas sans raison que MM. Buffet et de Talhouët déclaraient que la commission et les signataires de l'amendement n'étaient séparés que par une simple question d'opportunité.
L'amendement des 42 était conçu en termes généraux; il ne spécifiait aucune réforme. Mais les orateurs chargés de le développer avaient pris soin de déterminer les droits réclamés; c'étaient l'extension du droit d'amendement, le droit d'interpellation, la présence des ministres dans la Chambre, etwcvxfe^vca^
legâl pour la presse. Il fut facile de faire entendre à . r£!mpereur que, si on laissait le Corps législatif discuter la Constitution, les institutions courraient le ploi grand péril. Aussi des dispositions furent-elles priseï pour poser une limite à ce qu'on considérait comme un empiétement.
Ce fut l'objet du sénatus-consulte du 18 juillet 4866. \ Aux termes de ce sénatus-consulte, la Constitution ne pouvait être discutée par aucun pouvoir public autre que le Sénat procédant dans les formes qu'elle détermine. C'était là un amoindrissement notable des attri^ butions de la Chambre issue du suffrage universel.
Mais les événements devaient rendre toutes ces précautions inutiles et rallier forcément le pouvoir à ces réformes libérales pour lesquelles il témoignait tant de répugnance.
Malgré toutes les protestations et toutes les circulaires, nous ne pouvions pas faire que les victoires de la Prusse n'eussent déplacé le champ des influences en Europe. Sadowa ne diminuait peut-être pas notre prestige militaire, mais il montrait que nous pouvions avoir des rivaux. Nous avions recherché des compensations et nous ne les avions pas obtenues ; c'était un grave échec pour la politique impériale.
Ajoutez à cela le bruit fort répandu d'une maladie de l'Empereur qui l'aurait empêché de se montrer plus énergique et qui aurait.écarté l'idée d'une intervention par les armes dans la guerre entre l'Autriche et la Prusse.
Vers la fin de 1866, on traversait une époque critique : le peu de stabilité d'une paix fondée sur un 0ltflff/^Biùent exagéré de la Prusse, les épidémies,