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prétend qu'en voyant le résultat des élections du li et du 7 juin 1869, M. Rouher aurait laissé per ces pai*oles.: « C'est mauvais; il faut amuser apereur. »
st peu probable que M. Rouher ait tenu un lanaussi impolitique ; mais il se conduisit absolument 9 s'il Tavait tenu. En engageant la politique de ereur dans la voie des hésitations et des atermoie- , il précipita le mouvement qu'il voulait enrayer, it TEmpire à deux doigts d'une formidable révo-
parlementaire.
était impossible , de se méprendre sur les véri-
sentiments du pays. La déroute de l'opposition tutionnelle à Paris et le triomphe électoral des iciliables prouvaient que la désaflFection avait é les masses. Le groupe du Tiers-Parti avait fait mbreuses recrues nouvelles. Beaucoup de memie l'ancienne majorité n'avaient pu se faire réé-
lire qu'en déclinant tout appui officiel. « Surtout, )) n'ititervenez pas, disait l'un d'eux à son préfet, dont » il connaissait le zèle intempérant, vous me feriez )) battre par mon adversaire. » Parmi ceux qui avaient accepté la candidature officielle, il y en avait un certain .nombre qui avaient fait des professions de foi très libérales, parce qu'ils avaient reconnu que le régime du gouvernement personnel avait fait son temps.
Une pareille situation n'avait pu échapper àToeil Ji perspicace de M. Rouher. En n'envisageant les choses qu'au point de vue de son maintien au pouvoir, il est certain que les élections étaient mauvaises ; car elles étaient la condamnation du système politique que le ministre d'État s'était constamment efi*orcé de faire prévaloir. Tout le monde le sentait, et lui-même, sans doute, plus qu'un autre. Mais il espérait que certains incidents de la lutte électorale -constitueraient un prétexte suffisant pour ajourner les réformes que le pays réclamait. Il y avait eu, à Paris et sur certains points du territoire, des émeutes qui ressemblaient fort à des tentatives d'insurrection. M. Rouher se figurait que ces troubles avaient singulièrement refroidi Vardeur libérale des populations, et que ce qu'elles r7aient voulu le jour de l'élection, elles étaient dispesées à l'abandonner le lendemain.
Si M. Rouher, au lieu de vivre isolé dans son cabinet et de ne se mettre en rapport avec le monde extérieur que par l'intermédiaire de ses chefs de service, s'était un peu mêlé aux foules, il aurait bientôt reconnu le peu de justesse de ses appréciations. L'indifférence de la population en face de l'émeute était un grave indice. Cela prouvait c\]Ol^ c'fet^\\.\Âevv ^\\. <!.cii!aiaissance
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* cause que Paris, le 24 mai et le 7 juin, avait voté »xir des candidats irréconciliables. « Paris, me disait Tin homme politique, n-est pas encore prêt pour une lï'évolution ; mais il est complètement désillusionné. Ce n'est pas une leçon qu'il a voulu donner au gouvernement, c'est un soufflet. »
Ce qui contribuait à accroître les illusions de - Rouher, c'est que les nouveaux élus semblaient ne ^iivoir se réunir sur un programme commun. Il y "sit le programme-OUivier, le programme-Duver- >îs, le programme-Girardin, le programme-Persigny, ûiême le programme-Granier de Cassagnac, sans ^xnpter les petits programmes que leurs auteurs xiaient en poche, attendant l'occasion de les mettre 1. jour. Il régnait dans les cercles politiques une cerîne incertitude sur la ligne de conduite à suivre, qui >Tivait faire croire à un défaut d'entente. On espérait, Xns le monde officiel, que cet éparpillement irait en augmentant, et que Teffervescence des premiers ^urs tomberait bientôt.
Gagner du temps, tel est le plan qui fut adopté par t • Rouher et ses collègues du cabinet.
Dans l'exécution, ce plan amena un résultat tout E>posé; il assura le triomphe des partisans de la polique libérale.
Le gouvernement avait six mois devant lui pour Sunir le Corps législatif. On avait toujours mis entre -s élections et la vérification des pouvoirs le délai dmis par la Constitution. Le cabinet crut qu'on ^••^erait une diversion utile, si on convoquait le 'Orps législatif immédiatement en session extraordiaire, afin de procéder à la validation des opérations
électorales. L'ouverture de la nouvelle légis] fixée au 28 juin.
C'était là une mesure impolitique au pre elle avait rencontré une certaine oppositi sein du cabinet. Les partisans de ce qu'on petite session avaient beau faire valoir Tava: y aurait à détourner les esprits des gran( sions politiques en reportant leur attenti élections contestées, tous les ministres n'< convaincus que l'opposition consentirait fermer dans cette espèce d'ordre du jour (
— «La petite session, dit l'un d'eux, n'est )) ment inutile, elle est nuisible. Elle ne ser )) qu'à agiter et à montrer que le gouverne w préparé à aucune solution . Il arrivera un m » le nombre des élections vérifiées étant s » Corps législatif demandera à se constitu( » comment vous y prendrez-vous pour l'en » dépasser le programme que vous lui aur< ^ de se livrer à des discussions politiques?
» donc oublié que le Corps législatif est en » du droit d'interpellation ? »
Ces sages conseils n'avaient pu prévaloir. !
de l'Intérieur, M. Forcade. La Roquette, un esprit libéral, avait hâte de sortir de situation que les élections lui avaient faitpartager les espérances de M. Rouher, il a^N fortement la convocation du Corps législ délai.
M. Rouher se trompait, quand il penî choses se passeraient comme au 19 janvi( pourrait encore TemçYvc \^ t^\^ ^^\sv^\fet^<s
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ment. 11 n'inspirait plus confiance à personne, et il rrait le chemin à tout le monde. « Il est mort, » diient brutalement les irréconciliables. Dans les régions îcielles, on ne se gênait pas pour proclamer tout ut qu'il était fini. Vers le 12 juin, je rencontrai deux Qseillers d'État, MM. Genteur et Migneret ; ils étaient labitude fort réservés, mais cette fois, ils ne purent mpêcher d'exprimer leur étonnement de voir Rouher s'obstiner à, rester au pouvoir : « Les élections lui ont donné tort, me disaient-ils, et on ne comprend pas comment il n'a pas déposé son portefeuille après un échec aussi évident. »
Dès le lendemain des élections, un certain nombre lommes politiques étaient entrés en rapport les uns ec les autres, afin de s'entendre sur les mesures à endre. M. Emile Ollivier avait écrit à M. de Persily pour savoir de lui s'il était vrai que, depuis les actions, il s'était prononcé en faveur d'une politique î réaction. M. de Persigny avait répondu par une ttre qui avait été rendue publique et qui ne laissait icun doute sur ses sentiments : « L'Empereur, y disait-il, n'a qu'à persévérer résolument dans les voies libérales qu'il a ouvertes, mais en appelant à lui toute une nouvelle généi'ation jeune, forte, intelligente et surtout courageuse et convaincue. » Il y avait ailleurs des conciliabules où l'on discutait 3s plans sérieux de réformes et où les questions de îrsonnes tenaient une grande place. Il ne s'agissait en moins que de supprimer le ministère d'État avant ouverture de la petite session, et de remplacer M. Rouher, Baroche et La Valette par des hommes une nuance intermédiaire et à tendauceç» YCc^^x^^k^»,
Puis on attendrait, pour formuler un programme complet, l'ouverture et les débats de la grande session. Mais au moment où l'on croyait pouvoir aboutir, un haut personnage qui était mêlé à ces pourparlers vint dire à ses s^mis « qu'il était battu et qu'il n'y avait rien » à espérer pour le présent. » Il ajoutait cependant qu'il croyait l'Empereur <t décidé à faire quelque » chose. » Les entrevues continuèrent néanmoins.
J'eus occasion de rendre visite vers ce temps-là à M. de La Valette, ministre des affaires étrangères. Je lui fis part des bruits qui couraient et je lui dis qu'a mon sens, M. Rouher avait cette fois affaire à trop forte partie pour qu'il pût résister bien longtemps. Le marquis m'avoua qu'on avait tenté des démarches auprès de lui pour]e détacher de M. Rouher ; mais qu'il avait repoussé les offres qui lui étaient faites. « Je suis, » me dit-il, déterminé à m'en -aller si M. Rouher s'en » va. A sa place je n'hésiterais pas à mettre le marché » à la main de l'Empereur. » Peu à peu il s'était monté la tête. Tout à coup il se jeta sur un cordon de sonnette : « Ma voiture ! » dit-il à l'huissier qui se présentait; puis continuant: cje vais voir l'Empereur ; » je vais aller lui dire que les choses ne peuvent pas » marcher de cette façon. Nous ne pouvons pas vivre » dans l'incertitude, en proie à des attaques conti- » nuelles. »
M. de La Valette entra alors dans des confidences qu'il est difficile de répéter. Les misères des hommes haut placés m'apparurent dans toute leur réalité. Aucun des ministres n'était sûr du lendemain. Tous se considéraient comme étant à la merci d'un caprice.! Jjes subalterues étaient ce\x:x. QjcL*^^\^^<^Ni^«x^\^V^^
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surtout les subalternes qu'ils supposaient avoir reille du maître. Ainsi on craignait beaucoup
Conti, chef du cabiijet de l'Empereur, parce que i devoirs de sa charge lui permettaient de pénétrer chaque instant dans les appartements privés du souïrain, et qu'il lui était loisible d'introduire auprès de Jui-ci tel personnage dont l'influence pouvait nuire. Je ne sais si M. de La Valette alla réellement voir împereur; j'en doute. Je crois qu'il ne vit que l'Im- Iratrice ; car à quelques jours de là, il me dit qu'il ivait trouvée comme toujours fort aimable, ce qui Lvait complètement rassuré. Cependant certains faits e donnèrent lieu de penser que le ministère avait ganisé une sorte de plan de défense. Les journaux moncèrent le départ précipité du prince Napoléon ur Pr an gins. M. de Persigny fut blâmé pour avoir •nné de la publicité à sa lettre à M. Emile OUivier, il envoya humblement de Chamarande une dépêche
il exprimait ses regrets de cette publicité qui ait eu lieu, disait-il, contrairement à ses intentions, ais la grosse pièce d'artillerie qui fut démasquée, ce t la lettre de l'Empereur à M. le baron de Mackau. M. le baron de Mackau était alors un député fort scur, que rien n'avait recommandé jusque-là à l'atition publique. On fut fort étonné de voir l'Empereur choisir, dans des circonstances aussi graves, pour le nfident de ses plus secrètes pensées. Dans cette itre, Napoléon III semblait donner raison à ceux qui nvoyaient les réformes à l'époque éloignée où se rait produit l'apaisement d«s esprits. Le Peuple franis qui avait eu la primeur de cette pièce avait omis
date ; mais à son contexte, il était îa.ci\^ Ôl^ Novt
qu elle remontait à trois semaines au moins. Comme il était impossible qu*elle eût été publiée sans autorisation, on en concluait qu'il y avait là un indice |g que les partisans du statu quo remportaient.
Tous les commentaires auxquels donna lieu la ' publication de la lettre à M. de Mackau seraient tombés immédiatement, si on avait su que Tépitre impériale était arrivée aux mains du directeur dn Peuple français p.ar suite d'une indiscrétion, C^était M. Conti qui avait fait cette communication à M. Clément Duvernois, et celui-ci n'avait pu résister au désir de profiter de l'occasion pour récolter des lecteurs à son journal. L'Empereur fut, dit-on, très mécontent de cette publicité donnée à une lettre où il avait cru mettre plus de politesse que de politique.
Ily eut aussi des tentatives pour enlever à M. Schneider le fauteuil de la présidence du Corps législatif. M. Schneider, fidèle aux traditions de M. de Morny et do M. Walewski, poursuivait l'accroissement des prérogatives de la Chambre; il était l'allié naturel des députés libéraux. A cause de cela, il était suspect. On craignait en outre qu'il se montrât trop doux et trop parlementaire en présence de M. Bancel et de M. Gambctta. On croyait qu'il était nécessaire qu'il y eût un président à poigne. M. J. David était désigné comme l'homme le plus propre à tenir tête aux irréconciliables. L'entreprise échoua. L'ancien bureau fut maintenu, avec M. Schneider à sa tête. M. J. David resta simple vice -président ; mais, comme fiche de consolation, on lui donna la plaque de grand officier de la Légion lur.
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C'était, à le bien prendre, un échec pour . Rouher. Mais, dans le camp des libéraux, on n'en gea pas ainsi. La plaque de grand-offlcier donnée Ad. J. David parut une approbation de la politique L'il était censé représenter. M. de Girardin, qui ait des relations fort intimes avec la famille de • Schneider, se rendit Tinterprète de ces sentiments, LUS un entrefilet retentissant, qui eut pour résultat éveiller les susceptibilités du président du Corps gislatif. M. Schneider écrivit à l'Empereur a qu'il considérait comme un devoir de ne pas affaiblir en ses mains l'autorité morale si nécessaire au président d'un grand corps » et que la nomination de . David lui paraissait avoir ce résultat. Il terminait i donnant sa démission.
L'Empereur, dans sa réponse à M. Schneider, îscendit jusqu'aux plus humbles explications. Il [•otesta du reste contre l'interprétation que le préident de la Chambre avait paru craindre : « Je ne saurais, dit-il, admettre que cette nomination ait, dans l'opinion publique, la signification que vous ' paraissez redouter. La politique de mon gouver- » nement se montre assez clairement pour éviter ' ' toute équivoque. Après comme avant les élections,
> il continuera Vœuvre qu'il a entreprise : la conci- ) liation d'un pouvoir fort avec des institutions sin-
> cèrement libérales. » ^ Cette correspondance entre le souverain et le pré-
lident d'un des grands corps de l'Etat produisit une mpression pénible. On voulut bien admettre les proiestations de l'Empereur; maison apercevait, comme lans un miroir, les hésitations auxqud\e^ \\ feVîCvX. <bTL
3Hâ HISTOIRE DE DOUZE ANS
proie et les tiraillements que lui faisait subir son entourage.
« La diversité des vœux, des oppositions de toutes » couleurs, voilà le danger de la situation, me disait » M. de Parieu, vice-président du conseil d'Etat, » quelques jours avant l'ouverture de la petite ses- » sion. On a si mal manœuvré qu'on a mis tout le » monde contre soi. Tous les partis sont mécontents, » les bonapartistes peut-être plus que les républicains » et les socialistes ; tous les intérêts sont hostiles, les » conservateurs bien plus encore que les niveleurs. » Aussi se fait-il de singulières alliances. On se » divise sur le but, mais on se rencontre sur le moyen,' » et ce moyen, c'est le retour au gouvernement d« » pays par le pays, c'est-à-dire la fin de l'Empire de » 1852. Les bonapartistes arrivent eux-mêmes à cetti f » conclusion : ce Puisque l'Empereur, disent-ils, ne » sait plus ou ne veut plus gouverner, qu'il laisse » faire la majorité; elle sauvera la dynastie. » Raison- » nement faux ; car la dynastie, c'est le plébiscite de » 1852, et si, après des élections aussi orageuses, on » est forcé de faire un appel au peuple pour modifier » ce plébiscite dans ses bases principales, qui sait ce » que deviendra la dynastie ? »
C'était là des conclusions poussées à l'extrÀnt; mais elles étaient le reflet des préoccupations hommes qui touchaient de près au gouvernement. BA présence de ces indécisions et de ces incertitudes^ <• ne pouvait s'empêcher de répéter un mot récente M. Guizot : te Le gouxexu^m^Yit w'a rien à craindre d* jj » la minorité ; \\ a tou\, a x^ÔLVj\i\Kt ^^ \ib. 'sfesSS^.^
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': cruel, en ce qu'il faisait reposer l'avenir de npire sur la force cérébrale de l'Empereur, -les députés, arrivés de leurs départements, com- , açaient à se grouper et à prendre position. La Lche se trouvait fortifiée de quelques personnalités liantes; il y avait là des éléments jeunes et ardents c lesquels il faudrait compter, les Bancel, les Ferry, les Gambetta. Le groupe qui paraissait oir être le plus compact était le centre gauche; il lit absorbé l'ancien Tiers-Parti ; il s^était assimilé certain nombre de membres appartenant à la pré-
lente majorité ; les élections lui avaient apporté de iiveaux renforts; mais, ce qui était important pour , c'est qu'il avait l'appui secret de M. Thiers, et B celui-ci paraissait disposé à lui obtenir, dans les iodes occasions, le concours de ses amis. Quant à Droite, elle n'avait plus, pour ainsi dire, qu'une exisice nominale; laissée sans direction par le gou- :nement, elle attendait qu'on voulût bien lui indier la voie à suivre et lui désigner ceux qu'elle irait adopter pour ses chefs.
Fusqu'à la veille de l'ouverture de la petite session, l'y avait eu que des pourparlers très sommaires entre *tains hommes appartenant au centre gauche. Mais eur avait suffi de quelques entrevues pour se mettre ccord sur le programme des revendications à damer. Quant à la ligne de conduite à suivre» elle it subordonnée à l'attitude que prendrait le minise. S'il se prononçait pour des réformes nettement bies, on en prendrait acte et on le mettrait en neure de les réaliser à bref délai ; s'il restait dans vague et s'il renvoyait les réforme» k u\i^ ^aX.^ &siV:
et
gnée, on le placerait dans la néce&sité d*agir immédiatement, et, pour peu qu'il montrât de rhésitation, y on le mettrait en minorité et on le forcerait de sa , retirer.
La déclaration, lue par M. Rouher le 28 juin, ne r. manquait pas d'une certaine habileté. Il ne repoussai! i:^ pas les réformes, il déclarait seulement « qu'à II ,.1 » session ordinaire, le gouvernement soumettrait, i j., » la haute appréciation des pouvoirs publics, les réso- jfj » lutions qui lui auraient paru le plus propres à ré* ru » liser les vœux du pays. »
Quant à la session extraordinaire, « elle n'avait pai » d'autre objet que de procéder à la vérification de g )) pouvoirs et de faire cesser ainsi toute incertitui » sur la validité ,des opérations électorales. »
Mais ce discours ne répondait en rien aux préoccuJjj pations du moment; ce qu'il s'agissait de savoir, cm^ n'était pas s'il y aurait des réformes, mais quelleiç seraient ces réformes, et, sur ce point capital,] M. Rouher restait dans un vague absolu. On trouvait, en outre, humiliant pour la Chambre.de recevoir da j gouvernement un ordre du jour étroit, dont on l'invi tait, en quelque sorte, à ne pas s'écarter.
Cette déclaration, où il n'y avait rien de ce qu'on s'attendait à y trouver, acheva de jeter le désarroi dans les rangs de la Droite ; car les élections avaient produit ce résultat de persuader à tout le monde, même aux mamelucks, que le maintient du statu qm constituait un péril politique et social, et qu'il fallait en sortir au plus vite.
C'est alors qu'W tut ôiOiiTvfe î>.w ^xMv\r. Al^^v&tar à db spectacle des ç\\va c\xx\^\x^i ^^>S\^'5k\^\Qrws5ai^^^
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lelque sorte spontanée, d'un parti nouveau qui prit, [quelques jours, une attitude des plus menaçantes, H y eut, le jour même de l'ouverture de la petite ssion, une réunion, rue Tronchet, n® 25-27, dans les .Ions de M. Jules Brame, .député du Nord. Ce local '^ait été choisi à dessein. M. Jules Brame était un ^puté indépendant, mais il n'appartenait pas à l'op- )sition proprement dite ; en toutes circonstances, il 'otestait de son attachement à I9. dynastie, tout en "fichant des opinions franchement libérales. Il avait ne grande fortune, et, par ses relations, il apparteait au parti conservateur. Quand M. Emile OUivier t moi, nous nous étions séparés de la gauche, M.Jules îrame s'était rapproché de nous. Il se plaisait à apeler M. Emile OUivier son « général en chef», et
s'appliquer à lui-même le titre de « chef d'étatlajor ». Le nom de M. Jules Brame était une gaantie qu'on resterait dans des limites strictement onstitutionnelles.
Dans cette première réunion, il se trouva trenteuatre députés, parmi lesquels MM. Buffet, Plichon, .'Andelarre, etc. On se donna d'abord un nom; on ésolut de s'appeler le parti libéral constitutionnel, ^our justifier cette dénomination, on devait non seueraent combattre le statu quo et les partisans de la 'éaction, mais encore repousser les revendications Uimitées de la gauche. Comme moyen d'action imméliate, on s'arrêta à un projet d'interpellation, ayant )our but de forcer le gouvernement à sortir de la *éserve dans laquelle il semblait vouloir se renferner et à formuler un programme net et précis de réformes.
Une seconde réunion eut lieu le lendemain danslel a même local. Elle était non seulement plus nom breuse, mais elle comprenait des membres ayant appartenu à la majorité de Tancienne législature. Le parti libéral constitutionnel faisait tache d'huile dans la Chambre. M. Emile OUivier était présent et exerça une grande influence sur les décisions qui furent h; prises. Un membre avait proposé un projet d'interpellation, ayant pour objet d'obtenir certaines modifications au régime du Corps législatif. Cette proposition parut d'un caractère trop restreint dans la forme. M. Emile OUivier fît observer qu'il était nécessaire de prendre une base plus large pour des interpellations jugées d'ailleurs indispensables par tous. Il fut décidé spontanément et à Tunanimité moif^s six voix, qu'une tiommission de sept membres serait chargée de rédiger le texte d'une interpellation, aux termes de laquelle le gouvernement serait invité à donner satisfaction aux vœux du pays et aux droits de ses représentants sans porter atteinte à la Constitution,
C'est M. Segris qui tint la plume pour la rédaction du texte définitif de l'interpellation. M. Segris était un libéral convaincu, mais d'une nuance un peu terne. Il n'arrivait pas toujours à formuler sa pensée en termes d'une grande précision. La rédaction qu'il présentai ses collègues, dans la troisième réunion tenue rue Tronchet, était très vague ; mais, à cause de cela, elle était très propre à rallier les esprits encore indécis. Elle fut adoptée et, séance tenante, elle fut couverte de signatures.
Ce premier texte était ainsi conçu : « Nous deman- » dons à interpeller le gou-^exTieai^wX. ^\« \^ \A(5A«R.t< 1
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donner satisfaction au sentiment du pays, en Tassiant, d'une façon plus efficace et plus complète, à direction des affaires. »
) but qu'on poursuivait d'obtenir le plus grand 3re possible d'adhésions fut atteint au-delà de î espérance. De trente-quatre qu'ils étaient au t, les membres du parti libéral constitutionnel gnirent en deux jours le chiffre de quatre-vingts, lit facile de prévoir que les adhérents iraient en ultipliant.
1 avait remarqué le silence de la gauche en prée de cette formation d'un parti libéral constitulel. M. Thiers avait obtenu d'elle qu'elle s'abidrait de gêner, par une intervention intempestive, manifestation dont on attendait les résultats les.
décisifs. Son rôle devait se borner à attaquei'.jnl os de la vérification des pouvoirs, l'action abusive ouvoir central, et à faire de l'examen des opéraî électorales une sorte d'acte d'accusation du rernement personnel. La gauche s'était résignée ) rôle, qui, dans l'état de l'opinion, permettait s orateurs l'occasion d'acquérir une popularité
1 des vice-présidents de la Chambre, M. du Mirai, une idée des plus malheureuses ; ce fut d'op- : interpellation à interpellation. Je le renconle l®*" juillet; il avait, disait-il, causé avec louher, qui l'avait encouragé et qui l'avait invité liger un texte. Il était à la recherche de ce texte, trouvait d'autant moins facilement, qu'au lieu de nfermer dans des termes vagues, il voulait donà son interpellation un caractère déterminé, eu