‹ Histoire de ducs de GuiseChapitre 20 sur 23 · I. ao · texte numérisé non relu

I. ao

des Intrigues réciproques? Dans Tintérèt de leur crédit politique, de leur liberté, n'allaient-ils pas entraîner la France à d'humiliantes concessions?

Sous un roi faible, la lutte pour le pouvoir se trouvait vivement engagée. Les talents, la fortune des Guises les avaient élevés jusqu'au point de les rendre redout^^bles aux yeux de Henri II, autrefois leur ami, leur élève. U songeait à les abaisser au moment où les dangers publics les rendaient nécessaires et tout*puissants. Il s'effrayait du bien même qu'ils venaient de lui faire. A l'ombre de la- sécurité dont il leur devait le retour, il les laissait supplanter déjà, en intention, en espoir, par ses autres favoris. L'orage grondait contre eux sourdement à la cour ; tous les symptômes le révélaient à leur sagacité. La duchesse de Valentinois, irritée de ne plus partager leur pouvoir, de ne pas posséder leur confiance, de subir les dédains du cardinal, peu modeste dans le succès et trop enorgueilli personnellement des exploits de son frère, se plaignait amèrement au roi de l'ingratitude de maisire Charles: c'était le nom habituellement^donné par elle alors au prélat qu'elle affectait de regarder comme sa créature *. Et Henri 11 accueillait avec des dipositions toutes conformes les suggestions du mécontentement de sa maîtresse que l'âge semblait avoir rendue de plus en plus altière et impérieuse.

Par un encbainement rigoureux, chez les Guises l'ambition avait énergiquement fécondé d'éminentes et rares qualités, puis, en retour, un mérite éprouvé avait servi leur ambition avec des succès redoutables. Au début des règnes, on les avait recherchés comme d'in(ïispensables appuis; plus tard on les craignait, on voulait les écarter comme des tuteurs trop absolus. Capables de soumission, de réserve, eussent-ils donc pu

(1) Vie du duc de Guise^ par Valiaoourt,

monter aussi haut, se rendre aussi utiles? Ils subissaient la condition de toutes les organisations supérieures et prononcées, où les contrastes sont plus saillants, dont les facultés mêmes recèlent presque toujours un danger.

De ténébreuses influences se coalisaient alors pour déterminer leur éloignement; ne devaient-ils pas se défendre quand ils en puisaient la force dans la conscience de leur propre valeur, dans Tassentiment de la nation qu'ils venaient de relever?

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