COUP D'OBIL
c fille du Roy Glotaire I*' il s'ensuit que le Roy Dagobert et la c fanme d'Ega estoient cottsins au quatrième degré.
t De la maistm d* Alsace :
f Ega premier conseiller du Roy Dagobert, puis maire du
< palais sous Clovis II, ^usa en premières nopces N. fille
< d'Arnoud de laquelle il eut un fils,
t Erchinoald maire du palais de France soubs le règne de « Clovis II en 647. Il achepta des pirates Sainte-Baltide ou
< Baudour, Angloise de nation, vendue avec d'autres à cause c de leur beauté et la voyant fort vertueuse il la fit épouser c à Clovis II. Après quelque temps il mourut n'ayant qu*un t fils,
c Leudehic autrement Landregesile maire du palais de
< France sous Childéric II et sous Thierry, roy de France c épousa N. de Bourgongne. Eubroin son compétiteur le tit c tuer en 718. N'eut qu'un fils,
c Adalric ou Athic qui fut fait duc d'Allemagne par le crédit « de son père en 666 et épousa Berchuinde dont il eut six
< enfants,
c i^ Etichon ou Etic, comte de Boisy et d'Ettenheim, mort c environ l'an 750, eut deux enfants, c i^" Albéric,comteenAlsace, mort environ 780, eut quatre
< enfants,
c l"" Ebrard, comte eu Alsace, mort en 820, eut un fils,
tEbrard II, comte d'Alsace, mort l'an 880, épousa € Adalinde de laquelle il eut
a Huges ou Hugues, comte d'Alsace, mort environ l'an 962, c qui épousa Hildegarde de laquelle il eut trois enfants,
< l"" Ebrard III, comte d'Alsace, mort environ 980, eut ( deux enfants,
« 1^ Alb^t ou Adelbert, comte-marchis en Alsace, mort en
< i034, eut deux femmes.
t Enfants id* Albert : i"" Gérard I^% eomte-marcbis en Alsace, c mort en 1046, épousa Gisèle, eut quatre enfants; ^ Albert c duc de la Lorraine Mosellane, en 1046, épousa Intte ou Ittq a de laquelle il eut deux enfants : le premier, Sivard, comte « de Metz, mort sans hoirs avant son père, et le deuxième,
< Mathilde, épousa Folmart, comte de Lunéville.
< C'est icy que les ainéz de la maison d'Alsace ont quittez le « nom de comte d'Alsace pour prendre celluy de duc de € Lon*aine. »
Effectivement l'empereur Henri III, convaincu de la nécessité de fixer d'une manière plus solide et plus calme le gouvernement de la Lorraine, en investit (1044), à titre de duché héréditaire, Albert d'Alsace qui, peu de temps après, fut tué (1047) dans une escarmouche contre Godefroy, duc de la basse Lorraine. Henri, de sa propre autorité, lui donna pour successeur son neveu *, dit-on, Gérard II, fils de Gérard P', véritable souche de la maison de Lorraine et vingt-cinquième aïeul de l'empereur François P^ époux de Marie-Thérèse.
Le père et le grand-père de Gérard avaient porté ]e double titre de comte-marchis en Alsace, très probablement à cause de leur possession du pays situé entre le comté de Trêves et celui de Metz, limitrophe de la France et de l'Allemagne; luimême le prit donc en Lorraine. Il eut pour épouse Hadvide, fille d'Albert P"", comte de Namur, et d'Hermengarde de Lorraine, qui, par son père, Charles de France, duc de la basse Lorraine, était petite-fille du roi Louis d'Outremer : filiation
(1) Cette qualité de neveu, niée formellement par le P. Benoît {Origine de la très illustre Maison^ etc.), a fourni un grand sujet de controverse. Voir, pour l'afBrmative : FUrstentafel der Stauten-Geschichte, J.-F. Dammberger, Regensburg, 1«31.
fù COUP D^ŒIL
importante à noter puisqu'elle fait passer, par les feimned seulement il est vrai, du sang de Charlemagne dans les veines de la maison de Lorraine, et qu'on voulut plus tard, par une interprétation hyperbolique, essayer d*en induire des droits imaginaires.
Gérard, prince entreprenant et résolu, rencontra, dès le début, de graves difficultés à faire reconnaître ses lois et payer des impots par les seigneurs indépendants qui abondaient dans son duché. 11 s*y rendit odieux à la noblesse par ses tentatives d'autorité, eut, en conséquence, des guerres intestines à soutenir, et se vit aussi disputer ses États par Godefroy le Hardi venu de la basse Lorraine. Il se maintint, grâce à une valeur et à une sagesse dignes de servir d'exemple à tous ses succèscoeurs ; mais pourtant, fait prisonnier, il passa une année dans la captivité. L'intervention du pape Léon IX, ancien évéque de Toùl, son cousin, qui lui était très attaché, obligea Godefroy à lui rendre la liberté et à déposer les armes.
Gérard mourut en 1070 et fut enterré dans l'église de Fabbaye de Remiremont. On soupçonna if|ue ses jours avaient été abrégés par le poison.
Avant le douzième siècle, sur l'emplacement actuel de la ville de Nancy, il n'existait qu'un château ; les premiers ducs faisaient leur résidence à Chatenoys, bourg situé entre Neufchâteau et Mirecourt, et dont le prieuré fut fondé par Hadvide deNamur«{i069).
(1) « Toi, viateur scai-tu qu'icy repose?
« Pose ton pas et lis ceste écriture; « Ah ! ce n'est pas de basse créature
• Le corps; certe, comme le lieu supose ; « C'est Havois de Lorraine duchesse,
« Laquelle pleine de largesse
• Construit le cloître Pan MLXIX « Et elle le fit tout de neuf. »
(Êpitaphe très postérieure a l'époque de la mort de Hadvide de Namur.)
Aussitôt après la mort de Gérard d* Alsace, sa descendance se divisa en deux lignes : de son second fils, Gérard, sortit la première branche de Vaudémont qui, à la dixième génération, s'éteignit dans la famille des seigneurs de Joinville; Thierry, Fainé, hérita de la Lorraine.
La suite de ces souverains, remarquables, presque sans ex- ' ception, par l'élan et par l'énergie de leur caractère, en montre, la plupart, ne conservant l'autorité qu'à force de valeur et de i*ésolulion, ardents à soutenir des luttes continuelles soit contre le comte de Bar, soit contre d'autres seigneurs, contre révèque ou les bourgeois de Metz, quelques-uns occupés, avec grandeur et succès, à améliorer le sort de leurs peuples par de sages lois, par de généreuses institutions, d'autres frappés de l'excommunication de Rome, attachés à la cause de l'empire, mais plus souvent encore se signalant par leurs exploits, répandant leur sang sur les champs de bataille , dévoués au service de la France vers laquelle ils semblent constamment incliner jusqu'à ce qu'ils aient établi leur complète indépendance des empereurs.
Thierry dut d'abord faire la guerre pour réprimer l'insubor dination des seigneurs, puis, ayant embrassé le parti de Henri IV dans ses querelles avecGrégoire VII, il se vitatteint, ainsique ses États, par les foudres lancées du Vatican contre l'empereur. 11 fut aussi obligé de combattre son frère Gérard de Vaudémont qui, mécontent du partage fait entre eux, l'avait attaqué et voulait le dépouiller; mais Henri IV accommoda ce différend en érigeant en comté la seigneurie de Vaudémont. Thierry éprouva encore des difficultés multipliées de la part des évêques et des églises : ce qui n'empêcha pas qu'imbu de l'esprit de dévotion chevaleresque de son temps, il ne voulût prendre la croix pour aller dan&la terre sainte. L'affaiblissement de sa santé ne lui permit point de réaliser ce projet, et, par uqe elaiise de son