M.' 1 - de FénéloD
ai le temps et mes occupations me le permettent; (Manager \
» mais )e n'en fais aucune sans vous y désirer
» Je m'amuse y- je me promène , je me trouve en » paix dans le, silence devant Dieu. Oh ! la bonne » compagnie ! on n'est jamais seul avec lui ; on » est seul avec les hommes qu'on ne vou droit » point écouter. Soyons souvent ensemble , mal- .» gré la distance* des lieux (0. Par le centre qui » rapproche et qui unit toutes les lignes, il n'y » a pas loin de Cambrai à Barège ; ce qui est un
» ne peut être distant Je passe en paix mes
y jours sans ennui, et le temps étant trop court » pour Inès occupations , j'aurois un plaisir d'à- » nûtié qui me manque, si je voyois quelques' » personnes absiptes ».
. Ce goût lui étoit comipun avec Gicéron , qui laisse sijsouvent transpirer dans ses lettres le plaisir qu'il trouvoit à ^ , reposer des agitations dfi Rome à l'aspect des beautés simples et touchantes de la nature; c'étoit en se promenant avec ses amis , et en y mêlant d'utiles entretiens, qu'il retrouvoit ce calme et cette espèce . de fraîcheur
(s) Le marquis Je Féoélàn ëtoit alors à.Barége , pour guérir des suites d'une blessure qu'il avait re^ie à rarmée. y
Féhélo». Tom. m. n
98 HISO^OIRE DE FÉNÉLOMy
que le sileDce et Tair de la icap^pagne semblent apporter à Te^prit et au, corps, souvent fatigués par les études ^sérieuses et le travail trop sédentaire 4u cabinet. Fénélofi pi^é^aitliçi^lf^i^fs, k l'exemple 4e Gicérop, de$ suj§{;^ 4'entçejLien^ i;til^s et agréables à la donneur de se retpç^ver avec ses amis daqs §e§ çp^f ses çl^igpétr^. Tous se; çQnteinppraix^s ^t^^e^t.^c qpe personne (0 I) ne possédoit i^ieux q^i; jiui FIfeure|i^ talent 3» d'une conversation aisée, légère, et tei^purs n décente ; que sqn coi}une)rce ëto^t epcba^f^ui' > u et que sa piété £;LÇ^e , ^g^e , ii'e$arp^^bpit 9 jamais, et se faisait rçs^^çtfr; q«e jamais il ne » vpuloit avoir |)lus d'esprit qua çfinx h q»i il 3» parloit ; qVil s^ Dû^ttpit à la pprt^ de çl^aÇ^P 9
m sans le feir^ japa^i sepi;ir > ea sorte qu on ne pqu- « voit le quitter sans chercher à le retrouver » .
Lorsque dans ses promenadeatf rencontroit des paysans, il s'asseyoit avec eux sur le gazpn, les tnterrogeoit, les consoloit Souvent i) alleit les visiter dans leurs cabaifes ; loFsqu'ils lui oSroient un repas cbampétre, il l'aoc^toit aveo plaisir, et se mettoit à table aveo leur &mille.
U parott que la révolution, qui a dénaturé tant d'idées morales, et fait méconnoltre tant de yertus^ n'a poiat entièrement ?fiaçé les traces
(0 Mémoiref de M» dé Saim-Sinioii.
LITAE QVÀTlLlkvE* 99
profondes que les vertus de Fënëlon aboient laissées dans le cœur des Flamands* Des transports de joie ont éclaté nagu^es k Cambrai ^ a« Hiomeist oik Ton a retrouTé ises oe&dres que Ton crojroit di^ersées par la tempête de la révolu^ tion. On doit accueiUtr avec de jo^es éloges Cette espèce >d*expîation^ des cruels outrages faits à la mémoire de tant de bienfailieqrs de l^lnunanité , qui , sans avoir laissé un nom aussi «éclatamt que Fénélon ^ avsnent des droits aussi slicrés à k reconnoissance«t à la piété publique.
" Fénëlon faisoit les visites de son diocèse avec xt. une assiduité que les troubles de la guerre n^out danHon d jamais pu 'Suspendre. Ce fut à sa réputation per- cése. sonnelle , à Téclat de ses malheurs, à Tadmiration de toute TEur^dpe pour le lUléma^ue^ et à Fîntérét qu'inspire un gra'&d liomme dans la dis* grâce y qu'il dut la liberté de parcourir toutes lès parties de son diocèse occupées par le% armées ennemies. Les Anglais ,• les Allemands^ les Hol^ landais rivalisoient d'estime et de vénération avec les fiabitans de Cambrai pour ieur archevêque^ Toutes les différences de religion et de secte», tous les sentimens de haine et die |alousié qui séparoient les nations , disparùîssoient en sa présence. Il fut souvent obligéMe tromper Tempres^ sèment des armées ennemies, nour échapper aux
f 00 HISTOIRE DE. WÈJSthOVf
honneurs qu elles vouloient lui rendre. H refusa les escortes militaires qaelles lui oflfroient pour assurer le paisible exercice de ses fonctions reli- ^euses; et, sans autre cortège que quelques ec* désiastiques, il traversoit les campagnes. désolées par la guerre. Son passage n*étoit remarqué que par les bienfaits et les consolations qu'il appar* toit au milieu de tant d'infortunes^ et par la sus-pension des désordres et des calamités que les armées traînent à leur suite. Les p'euples respi* roient au moins en paix pendant ces intervalles trop courts , et les visites pastorales de Fénélon pouvoienl être appelées la trèue de Dieu.
ICI!.. .Fénélon prêclioit régulièrement les. carêmes
FénéloiL ^^^^ quelques-unes des églises de sa ville; et^ à certains joui^. solennels ^ dans son église cathédrale* Les sermons d une année ne revenoient ja-* mais dans les suivantes. Il.donnoit aux mêmes sujets une forme nouvelle ^ sans avoir jamais besoin de se copier. Il n*y avoit pas. une des paroisses des villes et des campagnes . qu il ; p'eût visitée y et oh il n'eût accompagné sa, visite, d'une instruction pour le peuple.
^^' Il a expose y dans ses Dialogues ,sur VElO"
PriBcipesde ^ ^
Fénélon sur quenoe de la Cnoire^ lidée qu il s était faite du
Péloqucnce ^inistèi^ de la parole évangéUque^ et il l'a jus-
tifiée par les considérations les plus plausible;.