‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 16 sur 72 · XV. Le seul'sermon que Fénélon ait cru devoir comr · texte numérisé non relu

XV. Le seul'sermon que Fénélon ait cru devoir comr

Discoursde ^ *^ ,. t i ^*i.- j j-

Fénélon au po^eT pat écrit, et selon la méthode ordmaire^ sacre de l'é- est le discours qu'il prononça le i.» mai 1707 ,

> lecteur de

Cologne. pour le sacre df| Joseph-*Clément de Bavière, élec-

(0 Nous ayons fourni à Testimable éditeur des Sermons choi' sU de Fénélon^ imprimés en i8o3 par la Société typograpliiqut, le plan d!*un de ces sermons; On Vj trouvera imprimé avec k pins parfaite exactitiKle, sur un plan figuré conforme au me- Ausqrit origiuaL

teur de Cologne (0» Il crut devoir cette espèce de foroie respectaeitôe au rang d*iui prince qui avoit vivement désiré de recevoii* ronction ^pîs« copale de ses mains^ et à la présence de l'électeur de Bavière son frère (^). Ce sermon étoit ua dis-* eour^ d'appfireil pour une grande cérémonie^ et non pas un objet d'instruction pour les simples fidèles ; mais il suffit p^ur permettre de penser que Fénéloa auroit pu monter à la suite de Bost suet et de Bourdalo^e dans la tribune sacrée^ s'il n eût pas préféré à la gloire de l'éloquence le mérite d'instruire ^ avec simplicité , les fidèles cour fiés à sa charité pastoi^ale. « La première pal^tie » du discours pour le sacre de l'électeur de Co*^ •> logne est écrite avec l'énergie et l'élévation de » Bossuet; la seconde suppose une sensibilité qui tt n'appartient qu'à Fénélon (^) »• Q*e$t le jugement qu'en a porté M. le cardinal Maury } et ut| tel témoignage y rendu à Féniâon par un admi-^ rateur éclairé de Bossuet, et par un des orateurs de notre siècle , qui a offert les meilleurs pré?

(0 Joseph-Clément de Bavière, électeur de Cologne, évéqne de liège, de Ratisbonne etd*Hildesheiin, mort le la noyem* bre 1733.

(») MaatiwilwanlÇmnwinfll, «éle M pjia 4^» 4Ieptear de Bayiére depuis 1679, mort le a6 février 1726^ ^4 4^ ^4 ^9-

C^) Notice de M. le eardinal Mwiry su IWaéloa»

lia HISTOIRE DE VÈttÈhOV,

ceptes et les plus beaux moelles d'ëloqûeiice ^ peut bien balancer Topinion de ceux qui pensent qu'il n'étoit pas donné à Fënélon d'être orateur. Fénélon n'a pas laissé, il est vrai, la réputation d'un orateur^ dans ]e sens qu'on attache commu-» nément à cette expression. On a vu que ses principes sur Yéloquence de la chaire semblpient même lui interdire ces grands mouvemens oratoires (0 « qui forcent les esprits , entraînent les » cœurs, et ne permettent que l'admiration et » le silence*». L'étonnante facilité avec laquelle il parloit et il écrivoit , se seroit soumise avec peine à cette laborieuse composition qu'exige l'ambition de revêtir d'images éclatsChtes des pensées fortes et sublimes. Il est même assez remarquable que l'homme de son siècle , qui a passé pour avoir le plus d! esprit W , n'a jamais voulu faire parler son esprit; c'étoit toujours son ame

qui parloit à l'ame de ses lecteurs ou de ses au-

diteurs. C'est probablement par cette raison que son style a toujours la même couleur dans ses sermons, dans ses lettres et dans tous ses écrits» Son accent et son langage sont toujours l'expression du sentiment ; et lorsque, dans une ame ver-

(0 Eloge de Bossuei par Fabbé de Choisi , devant FAcadémie française, en 1704.

(>) G'e^t Boflsoet lui-même qui Fa fait entendre.

tueuse ,

. LIVRE QUATRIÈME. Il3

tueuse f le sentiment n'est point exalté par la pas* sion^ son expression est toujours calme ^ douce et pure comme la vertu.

Il falloit que ce caractère particulier de Féné* Ion f&t bien remarquable et bien remarqué par ses contemporains ^ puisque ce fut le trait principal sous lequel La Bruyère le montra à la France et à son siècle ^ avant même que Fénélon fût devenu si célèbre par ses controverses avec Bossuet, et par la gloire et les malheurs que Télémaque fit rejaillir sur lui.

<c On sent, disoit La Bruyère (0, la force et » l'ascendant de ce rare esprit , soit çuil prêche » de génie et sans préparation, soit qu*il prononce » un discours étudié et oratoire , soit qu'il ex- » plique ses pensées dans la conversation. Tbay> jours maître de ï oreille et du cœur de ceux n çui V écoutent, il ne leur permet pas d^ entier » ni tant d'élévation, ni tant de facilité, de déli- » catesse, de politesse : on est assez heureux de » V entendre ». ♦♦

Fénélon ne présentoit jamais aux hommes les maximes de la religion et de la vertu comme des devoirs à remplir, mais comme des moyens de bonheur pour eux-mêmes , et leur bonheur comme

K^) Discours de La Bruyère à FÂcad. franc. ( i5 juin iGgS. )

Fénélon. Tome m. 8

ii6 uistoihe de fénélon,

» simplicité ! O noms consacrés par l'amour et par » les respects de tous ceux qui chérissent Tbon- )> neur des lettres ! restaurateurs des arts , pères » de Téloquence, lumières de Fesprit humain, » que n'ai- je un rayon du génie qui échaufia vos » profonds discours, pour vous expliquer digne- 3» ment et marquer tous les traits qui vous ont » été propres ! Si l'on pouuoit mêler des talens si » dit^ers^ peut-être qu'on voudroit penser comme « Pascal^ écrire comme Bossuet, parler comme » Fénélon; mais, parce que la différence de leur » $^le venoitde la différence de leurs pensées et n dç leur manière de sentir les choses j ifs per^ » droient beaucoup tous les trois si l'on vouloit « rendre les pensées de l'un par les expressions » de l'autre» On ne souhaite point cela en les li^ » sont, car chacun d'eux s'exprime dans les » termes des plus assortis au caracAre de ses sen- » timens et de ses idées; ce qui est la véritable » marque du génie. Ceux qui n'ont que de Tes- »» prit empruntent successivement toute sorte de » tours et d'expressions; ils n'ont pas un caractère ^> distiadtif ».

J^}^'- '■'■ Oa pe«t sans doute av-oir une opinion diiSesur les prin- rente de celle de Fénélon sur Féloquence de la niion ^ our chaire ; on peut élever des objections très-raisonréloquence nables sur les difficultés que présente la méthode

de la chaire.

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