‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 20 sur 72 · LIVRE QUATIlliÂiE · texte numérisé non relu

LIVRE QUATIlliÂiE

décente et irrégulière des habitans d*une pa- ' roisse , et le zèle peut-être déplacé du pasteur» Sa lettre nous a paru un modèle deâ sages tempérâmens que les SMpérieurs ecclésiastiques peuvent observer dans de semblables circonstances.

« Je vous prie, Monsieur, de prendre la Lettre de » peine de travailler à racconunodement dupas- f®f^l<>^» ^9

* juillet 1702.

7> teur de Jumes avfec ses paroissiens. Il s'agit (Maniucr.) » d'une procession que le pasteur n'a pas voulu Vi fair^, en y admettant des irrévérences que le » peuple vouloit y introduire /et que le peuple a S) faite tout seul, sans le pasteur, et malgré lui.

» A l'égard des babitans , je vous prie de leur » déclarer de ma part qu'ils ont fait une très** » grande faute en osant faire seuls la procession, » malgré leur pasteur; que c'est un acte vrai* » ment scandaleux dans l'ordre de la religion , » et que s'ils ne répai ent ce scandale par leur » soumission , je serai obligé de faire agir contre » eux l'autorité de mon ministère.

y} Mais s'ils veulent reconnottre leur faute et 3) la réparer, il faudra que M. le pasteur us« » d'indulgence pour gagner les cœui^s de son » troupeau.

» Ce que le peuple vouloit introduire dans » la procession , c'est qu'il vouloît battre le » tambour^ porter des drapeaux, et tenir des

l/^T, HISTOIKE DE FÉIifÉLOlTy

» flèches en main. A la vérité ^ il seroit mieux » qu'on ne fît point cette innovation qui peut » se tourner en abus et irrévérence; mais ce )l n'est pourtant pas une indécence contre le » culte divin , qui mérite un procès entre le pas* » teur et le troupeau. Je n'ai garde de vouloir » décréditer un si bon pasteur^ ni, de le laisser » exposé aux caprices d'un peuple entêté ; mais » vous ne sauriez lui représenter trop fortement 3» combien ces bagatelles ruineroient tout le bien » qu'il peut faire dans les matières les plus capi- » taies; Il n'aura jamais ni autorité, ni confiance » des peuples y ni paix dans ses fonctions , ni » fruit de son travail ^ s'il ne ménage pas les }> peuples sur de pareilles choses.' Tâchez de faire 9 finir cette affaire d'une manière douce , pour » appaiser les peuples à l'égard du pasteur dans » son autorité; surtout il faut <jue le peuple ré- » pare sa faute sur là procession faite contre » toute règle de l'Eglise , et |)ar une espèce de » révolte contiie elle. Cette affaire délicate est » en bonne main ; je m'assure que vous la ter* » minerez amiablemënt, avec dextérité et mé^ » nagement ».

Nous retrouvons encore dans nos manuscrits une preuve remarquable de la prudence , de la modération et de l'esprit de conciliation dont

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