‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 21 sur 72 · LIVRE QUA¥a.I£M£. l/^'i · texte numérisé non relu

LIVRE QUA¥a.I£M£. l/^'i

Fénëlon savoit faire usage dans les circonstances où un zèle indiscret peut quelquefois compromettre le ministère ecclésiastique. Ces circonstances ne se présentent que trop souvent dans le gouvernement des diocèses y et il est des temps difficiles où les premiers supérieurs doivent s'at* tacher avec encore plus d'attention à prévenir ces conflits d'autorité, dont la malveillance cherche toujours à se prévaloir , pour faire rejaillir sur la religion elle-même les torts dont quelques-uns de ses ministres peuvent se rendre coupables par un zèle qui n est pas toujours selon

la science.

On nous saura gré sans doute de rapporter comment Fénélon se conduisit dans une de ces circonstances délicates , où la sagesse conseille de prévenir un plus grand mal par un usage modéré de Fautorité, On verra comment il savoit allier dans toutes les occasions la douceur et la charité d'un pasteur , la dignité d'un supérieur, et les justes égards qu'un évéque doit toujours observer envers les dépositaires de la puissance publique. Il n'est point d'évéque qui ne puisse se retrouver dans ces positions difficiles; il n'en est point qui puisse s'offenser lorsqu'on lui propose Fénélon pour modèle.

Il paroît qu'un religieux capucin de son dio-

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cèse ne s'étoit pas assez renfermé dans les bornes que les convenances , une estimable circonspection y et le véritable esprit de la religion pres«crivent à ses ministi^s dans tous les temps et

dans tous les lieux. Il s'étoit permis , sans doute dans un de ses sermons , des traits ou des allu« sions qui avoient excité le mécontentement de Fintendant de la province , il falloit même que ces traits on ces allusions fussent d'une nature trop choquante pour pouvoir être dissimulés , malgré la bienveillance éclatante que tous les agens de Tautorité accordoient alors à la religion et à ses ministres, en se conformant à l'exemple et aux intentions bien connues de Louis XIV. Nous voyons par la lettre de Féné* Ion y qui s'étoit fait rendre un compte exact de tous les faits y qu'il ne crut pas pouvoir excuser l'imprudence de ce religieux , et qti'il se borna à prévenir les suites qu'elle auroit pu avoir.

Leitr <î ** "^^ ^^^^ P^'^®> ™^^ révérend Père, d'aller FénéZoïiy » voir au plutôt le gardien des Pères capucins CManuscri ^ ^® Maubeuge, et le prédicateur des Dames » chanolnesses de ôette ville, et de leur dire » ^ue le zèle du prédiùateûr est allé trop loin ; » que je ne saurais Vexcuser, malgré l'amitié » /cordiale que j'ai pour son ordre , et la persua- » siùn ou Je suis des pieuses intentions de ee ion

» Père;

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