LIVRE QUÀTniElllIE. Hlî
» de m'écrire siir les difficultés qn-on faisait à tembr. 1713.
« M. Fabbé de Saint-Aignanv Ce qui regaidoit C^»^"^'')
» M. de Beauvilliers fit plaisir au Pape^ dë|à ins-
^ trait du râïe mérite de cfe îseigiieur : Sa Sain*
9) teté fût tati'chée des sàges r^e&i^^s que Totre
» Gï*andëùr tÀi&oik sur les <îOti}(>ndtttties |A*^é)ites
u et SUT lèis fyérils à venir ; et p^r éeite raison ^
» elle rétiht la lettre ^vec premesse de me <là
» rendre. Je com^nuBiq^ai ïa ttiéme letti^e à
» M. l'abbé de LivrjTy qui Ait très- sensible au
» aèje de Votre 'Grandeur pour son oncle. La
» chose s'est |>a$sée très4ieur^usetnent ; le Pôpè
» a proj!)oîsé lui - mén!re au consistoire M\ l'abbé
» de Saint-Aignan potir l'évédïé deBea^vais^ et
» on lui "a obtenu !e ^ràtà ».
Fénélott lie refuioit jamais son crédit au vœu xxx. de l'amitié, Ibrsqué la fû«tice 'n^ s'oppôsoit pas , p^^T^^^^j^ au penchant de son tteur ; naais il pîensîDit aussi rarchevéque que le dévoir Jfe plus siicré de l'amitié étoit la ^^11,^^^^°' vérité ; î! avoit souvent observé que fa foîblesse ou une molle complaisance coûte à nois ahiis des erreurs et des fautes, dont un peu plus de frandiise ou de feimeté auroit pa Içs prései^ver : il ne craigndft pats de leur adresseï' des conseils toujours utiles, et quelquefois sévères, pour leur épargner des regrets ou des remords.
Il eut occasion de faire usage de cette règle de
!2l4 HISTOIRE DE FÉNÉLON,
morale, dont Tapplication est toujours si difficile et si délicate y envers le propre frère de mesdames de Beauvilliers et de Ghevreuse. Fénélon fut instruit que M. de Colbert (0, archevêque de Rouen ) s'ëtoit laissé séduire par Tidée de reconstruire, sur un plan plus élégant et plus moderne, son château* de Gaillon , antique et majestueux monument de la fortpne du cardinal d'Amboise (^). M. de Colbert, élevé à Versailles, au milieu des nouvelles et magnifiques créations de Louis Xiy et de Mansard , trouvoit que Farcliitecture gothique du quinzième siècle o0roit un contraste barbare avec Tarchitecture noble et gracieuse dont Tltalie avoit offert des modèles à la France, depuis que deux reines, du nom de Médicis , y avoient apporté le goût des arts.
Uarchevéqne de Rouen n'avoit pas sans doute imaginé de consulter Fénélon sur des plans d'ar-
(s) Jacques -Nicolas de Colbert, fils du grand Colbert, et frère du marquis de Seignelay, fut nomme coadjuteur de Rouen en 1680, devint archevêque titulaire en 1691, par la mort de son prédécesseur François de Rouxel de Médavi, et mourut en 1707.
(>) Georges, cardinal d^Âmboise, passa de Parcbevéché de Narbonne à celui de Rouen en i4949 devint premier ministre de liOttisXn, légat perpétuel en France, et mourut en iSio, âgé seulement de cinquante ans, au moment où la fortune, qui Ta voit toujours servi si heureusement, sembloit lui promettre la papauté.
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^Iiitecture ; mais Fénélon fut instruit de ses projets^ et il n'attendit pas que Farcbevéque de Rouen lui en parlât pour lui en faire sentir les conséquences y les dangers et même le défaut de convenance. La lettre qu'il lui écrivit renferme en peu de mots tout ce que la raison , le bon goût et la con^oissance' du monde peuvent ajouter aux maximes de la morale chrétienne, pour détourner un évéque d'une entreprise qui pouvoit compromettre sa fortune et sa tranquillité. On n'a jamais peint avec plus de force , de grâce et de vérité, les suites déplorables de la facilité avec laquelle on s'abandonne trop souvent à la séduction des architectes et au danger de ces ruineuses fantaisies ^ dont on ne connoit jamais l'étendue ni les bornes, parce qu'on finit par s'étourdir soi-même après avoir eu^ l'imprudence de s'y engager. Des exemples domestiques, queFénélon lui rappeloit, dévoient faire sentir, à M. de Cdbert en particulier, la force et la sagçsse. des considérations qu'il lui présentoit. Féûélon, après avoir établi les règles inviolables que l'Eglise a consacrées sur le légitime emploi des revenus ecclésiastiques, ne craint pas de faire entendre à M. de Colbert , avec une franchise tempérée par la grâce et la délicatesse qu'il savoit Ji^éler aux vérités les plus austères , « que le
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» public aurait le droit de s'ëtonuer qu'il ne se » trouvât pas logé arec assez de grandeur et de » magnificence dans un palais bâti par le car- 3> dinal d*Âmboise , dans les jours de sa toute- » puissance , et long-temps habité par des mia nistreSy par des cardinaux et même par des » princes du sang (0 o.