LIVRE QUATAIÈMB. Sl
mêmes qui afiectoient le plus de rigidité^ eussent porté la rigueur au même degré que Fénëlon.
Nous croyons inutile de rapporter ce mémoire, qui ne concerne que les intérêts de deux familles particulières. Nous dirons seulement qu'il s*agissoit d'une alliance entre deux maisons de la Cour j dont Tune devoit la plus grande partie de son immense fortune à Tabus qu'un ministre puissant av oit fait de son crédit, pour s'attribuer des droits et des avantages qui paroissoient aVoir excédé l'intention du souverain et les limites où sa bienfaisance doit s'arrêter. Fénélon fut consulté par celle des deux familles qu'un scrupule délicat alarmoit sur lès inconvéniens d'une alliance , dont les avantages étoient balancés par l'obligation de renoncer à des biens injustement acquis.
Ce mémoire olFre des détails curieux sur cette question particulière, et donne l'idée des sentimens religieux qui dominoient alors dans les familles les plus puissantes : on y voit comment une juste et estimable délicatesse les por-^ toit à soumettre l'ambition même aux règles de la conscience et de la morale.
Fénélon s'y montre aussi exact qu'impartial dans là discussion des faits et des circonstances qui n'admettent aucune excuse légitime, ou qui
2j8 HISTOIUE DE FÉNÈLOlU,
peuvent atténuer le vice originaire d^une fortune transmise ensuite à des héritiers légitimes.
Il établit d'abord en principe (i) « qu'il y a » une extrême différence entre les enfans de » N. . . .f nourris dans l'ignorance des faits et » dans l'estime de leur pèi^e, qu'ils peuvent sup- » poser très-juste , et un étranger qui veut bien i> s'exposer au risque d'entrer dans les charges » d'une succession si suspecte. La seule opinion » publique , dit Fénélon y engage à examiner de » près; et le seul doute ^ dans l'examen , suffit » pour arrêter un homme de bonne foi ».
Fénélon épuise jusqu'au scrupule toutes les suppositions qui pouvoient offrir à la conscience de grands dangers et de graves embarras ; et il indique les précautions les plus sages pour éviter d'introduire^ dans une famille vertueuse, des richesses obtofkues par des moyens violens ou abusifs.
Telle étoit l'opinion de la vertu et de la sa^ gesse de Fénélon , que ses açnis ne prenoient aucune détermination sur leurs intérêts les plus chers ^ sans la soumettre à son avis et à son approbation W, « Jamais liaison ne fut plus forte » ni plus inaltérable que celle de l'archevêque 3> de Cambrai avec MM. de Beauvilliers et de
(0 Manuscrits. — (*) Mémoires de Saint-^imon.
» Ghevreuse^ et toute cette société quil diri* ^) geoit da fond de sa retraite. Cette liaison étoit » fondée sur une confiance intime et fidèle^ qui » elle-même Tétoit , à leur avis ^ sur Famour de » Dieu et de la religion. Ils étoient presque tous » gens d^une grande vertu et de beaucoup d'es- » prit; tous ne vivoient et ne respiroient que » pour Fénélon ; ils ne pensoient et n*agissoient )> que sur ses principes; ils recevoient ses avis » en tous genres, comme les conseils de la sa* » gesse même. Les duchesses de Beauvilliers et » de Ghevreuse partageoient la tendre vénéra* T9 tion de leurs maris pour Tarchevéque de Cam- » brai ; et tous les quatre , intimement unis par » ce lien commun que sa disgrâce n'avoit fait » que fortifier y p'étoient qu'un cœur, une ame^ » un sentiment y une pensée ».
Nous aurons occasion d'en offrir des preuves bien intéressantes , lorsque nous rapporterons
la correspondance manuscrite de Fénélon sur les affaires politiques. Nous nous bornerons ici à donner Fextrait d'une de ses lettres au duc de Ghevreuse y sur le mariage de son peiit-fils; elle fera voir le talent singulier de Fénélon pour manier les cœurs y les caractères, et les esprits, en les dirigeant toujours vers le goût de la vertu et les conseils de la raison. Les avis qu'il donne au
220 HISTOIRE DE FÉSÉLON^
duc de Chevreuse peuvent s'adresser également à tous les pères et à toutes les mères qui se retrouTent dans des circonstances semblables; ils peuvent du moins contribuer à prévenir les suites les plus funestes de ces mariages prématurés, dont le moindre inconvénient est de donner à des enfans le titre de chef de famille, sans leur en donner la sagesse et Texpérience ; et de les soustraire à Tautorité paternelle , au moment où elle pourroit influer le plus utilement sur leur bonheur. Cette contradiction des institutions so- -ciales, avec le cours ordinaire de la nature, place quelquefois les jeunes gens entre la tentation de faire le dangereux essai de leur indépendance, et cette pudeur estimable qui les avertit intérieurement que le respect et la raison leur interdisent ce que la loi leur ac(îorde.
Le duc de Chevreuse venoit de marier le duc de Luynes (0 , son pelit-fils, à peine âgé de quatorze ans, à mademoiselle de Bourbon -Soissons,
(0 Charles -Philippe d'Albert, duc de Luynes, marié le a4 février 1 7 1 o , avec Louise-Léontine- Jadqueliné de Boiirbon- Soissoiis , fille aînée de Loui»-Henri, légiliaé de Bourboli-Sois- «ons,* et d'Angélique -Ganégonde de Montmorency- Luxembourg ^ elle mourut en sa vingt-quatrième année , le 1 1 janvier 1731. Ce Louis-Heuri étoit fils naturel du dernier comte de Soissons de la maison de Bourbon, tué à la bataille de Marfée tu i64i. •
LITRE QUATRIÈME. âai
qui n*en ayoit que treia^« Fénéloii écrivoit à ce sujet au duc de Chevreuse : « Je suis charmé ^ de tout ce que vous me mandez de* votre }oK » petit mariage, qui e&t encore tout neuf; Dieu » bénisse ces ejifans! Je ne vois rien de meilleur » que d.e 1^$ obsejrver sans gène ; de les occuper P gatmenty de les instruire chacun de son côté^ » de r^ler leur société aus^ heures publiques des Vf repas et des conversations dé la famille. Si la » paix vient , vous pourriez faire voyager M. le » duc de Luynes ; mais il faudi^oit trouver un » homme bien sensé qui lui fit remarquer tout » c^ que les pays étrangers ont de. .bon et de ^» mauvais^ pour en lairc'une juste comparaison » avec nos mœurs et notre gouvei^nement. Il est » honteux de voir combien, les personnes de la X» plus haute condition ^ en France , ignorent les » pays étrangers où ils ont néanmoins voyagé, et 3> à quel point ils ignorent de plus notrQ gouven- » nement et le véritable état de notice nation.
:i> Pour la jeune duchesse, )e crois que ma^ >» dame la duchesse de Chevreuse doit la traiter » fort doncemeaty ne se presser point de la re«- M prendre sur ses défauts , parce qu il faut d^a*- » bord les voir dans leur étendue , et lui laisser » la liberté de. les montrer. Ensuite viendront 3» peu à peu. les avis ; autrement on lui fermer
223 HISTOIKE DE FÉNÉLON|
» roit le cœur ; elle se cacheroit , on ne verroit » ses défauts qu à demi. Il faut gagner sa con* » fiance y lui faire sentir de Famitiëy lui faire » plaisir dans les choses qui ne lui nuisent pas^ » la bien instruire sans la prêcher^ et^ après » l'instruction y s'attacher aux bons exemples 3» jusqu'à ce qu'elle donne ouverture pour lui 9 parler de la piété ; aloi*s le faire sobrement , » mais avec cordialité^ et la laisser toujours » dans le désir d'en entendre plus qu'on ne lui s> en aura dit. Il faut de bonne heure l'accou- » tumer à compter ^ à examiner sa dépense^ à la )> régler , à voir les embarras et les mécomptes » des revenus* U faut tâdier de lui trouver des » compagnies de jeunes personnes sages et d'un » esprit réglée qui lui plaisent , qui l'amusent^ » et qui l'accoutument à se distraire sans aller » chercher et sans regretter de plus grands » plaisii^.
» Il est extrêmement à désirer qu'il n'y ait » jamais ni jalousie ni froideur secrète entre les » deux familles qui se forment dans la vôtre. Les 3» intérêts sont réglés ; il ne peut y avoir de dé- 33 licatesse que par rapport aux traitemens que » vous ferez aux deux familles et aux procédés » journaliers qu'elles auront entr'elles. C'est sur y> quoi vous devez veiller en bon père de famille,
LIVUE QUATRIÈME* 223^
» de concei't avec madame la duchesse de Che- "^
3» vreuse : un rien blesse les cœurs et cause des » oEj^brages ; Tunion ne se rétablit pas facilement » dès qu'elle est altérée ».
Plusieurs années s'étoient écoulées depi:|is la XXXII. condamnation de Fénélon , et on devoit croire , f^ «^quie-
' tudes pour
^ue sa soumission et le profond silence qu'il s'é- ses amis. toit imposé, avoient calmé ses ennemis et dissipé tous leurs ombrages. Cependant il ne lui étoit encore permis .de jouir qu'en tremblant des con^ solations de l'amitié ; il avoit toujours à craindre qu'on ne fit un crime à ses amis de leur fidélité pour lui , et il repoussoit avec une attention in* quiète et délicate un grand nombre de personnes qui se montroient plus empressées de venir par* tager son exil ^ Cambrai , qu'intimidées par le danger de déplaire à la Cour.
Il écrivoit à l'abbé de LangeronCO^ « il n'y » a que quinze jours que j'ai prié bien sérieuse-
» ment M. de Blainville W de ne point venir cet
(0 I.*' juillet 1700. (Manuscrits.)
{*) Jules -Armand de Golbert, marquis de Blainville, lieate* aant- général des armées, grand -maître des cérémonies de France^ il mourut en 1704» des blessures quMl avoit reçues à la bataille d^'Hochstet. De son mariage avec mademoiselle de Ro* cbechouard , il ne laissa ^'une fille oniqme , mariée au comte de Maure, son cousin-germain, également de la maison deRocbe*
» été à Cambrai. Tort ou ooq , je- l'ai fait. Quelle » apparence de lui mander sitôt aprèis tout le 3» contraire ? Que pourroit-il penser? Après tout , » le Roi est certainement indigné contre moi , et » le fait assez voir. M. de Blain ville n'est pas dans » la même position que vous et M. de Leschelle; )i il est actuellement domestique du Roi, et un de » ses grands*officiers. Doit-il aller voir un homme » contre lequel le Roi paroit si indigné ? je vous » le demande ? Mais je suppose que je me sois » trompé, en décidant qu'il ne doit pas venir, » sur quoi parottrois-je tout-à-coup changer » ?
« Si vous croyez (i), écrivait*^ il à Fabbé de » Beaumont son neveu, en 1702, que Faigreur » soit augmentée contre moi , examinez avec » L. B. P. D. ( madame de Beauyilliers ) , si les 3> gens qui, me sont chers doivent s'abstenir de » venir me voir : je ne veux causer de peine à » aucun de nos bons amis , et Je crains même » guon aie la pension à votre sœur ( madame de » Chevry ) ».
La rigueur avec laquelle on avoit traité tous ses amis et tous ses parens, pou voit justifier ses
chonard. Le marquis de ittainvilk étoit fils du grand Colbert , et frère da marquis d« Sciguelay, de farchevéque de Bouen, des duchesse» de Chevreuse , de Beauvilliers et de M ortemar. 0) 16 mai 1 70a. ( Manuscrits. )
inquiétudes,
iaqmîëtudes , et donne une idée des excès oii la haine peut porter des kommes passionnés.
. La haine veiUoit avec un tel acharnement snt Fénélon , que plcis de trois ans après le jugement de son procès , il avoit encore à redouter qu^on ne lui enfevfit là conso^tion àe mvrè avec ceux de ses plus fidèles .an^ y que dea titres anciens et sacrés paroissôient attaober inviôlablanent it sa* personne et à ses malheurs. U en ^toit enéore réduit à écrire à Tabbé de Langeron : îx Tdùt i^itre du 3» m'alarme pour vous; îe crains que daàs Texoès ]l!^^' ''®f' » d*aigreur où Fou est, on ne prenne quiélque » parti d'autorité jcontre vous pour me causer la » plus grande douleur , jpour épouvanter ce qui » me reste d*amis y et Jnmr me déconcerter, au » nom de. Dieu ^ ne paraissez en aucune àfiaire n si petite qu'e^ir puisse être ; il ne leur faudroit j» ;qa'un trèls- léger prétexte. Vous save2 que la ». passion y qufind elle a Tautorité, ne garde point » de mesureq. Je vous écris par la voie de M. de » Jansèn.^ qui revient del-àrmée»;'
pa :ae ijonnoitroit <|ue bien inïpârfaitetnènt . 1-ame deiPénélon^ si où ife la cherchoit que dans ses ouvrages imprimés; c*est dans 'dèis lettres qui étdient destinées Ji ^ne jflimais voir lè' jour , dans ces lettres /écrites avec toute la^ rapidité et tout Tabandoud'un' cœur qm se 'montre tel qu*il est, Férélov. Tom. m. x5
aaCh HISTOIRE. I^E FÉVBLON,
^Mirce. qu'il croit n'avQir rien à cacher, qu'on
pourroit surpreudire aea fbiblesaes: si ettes ne ré-
\ëloient pas. au coqtcaire tout ce ^ne Y âme la plus
noble ,, la plu& douce et la pla& sensible peut offrir
d'ajtnable et d'attachant.
xxxm. Q*çst 1^ qu'on voiA coaibi^n Fënâon mâ^itoit
néion éioit d>yair des amiâ^ par Fidif é q/iû se faisoit de Ta-
en amitié, jpxti^ telle qu'elle doit exister entre des cœurs^
Lettre du v^rtueuz. « Lesbooa amÂs^écritoîtril au marquis
(ï^MmaA * ^ Fûiélon son neveu , sont une ressource dan-
^ gereuse. dana la vie $ en le& perdant on perd
3) trop.. Je .crains la douceur de l'amitié. Oh ! que
» nous, serons ti^urei» 9Î noos sommes un jour
». tpus e^nsemble au ciel devant Dieu, ne nous
», aimant que 4^ son seul amour ^ ne nous ré*^
», Jouissant plus yquede sa seuJe jpie, et ne pou-^
» vaut plus nous séparer les unsjies outres. L'at«^
» tente d'un si grand bien eat dès èettei vie notre
iK plus grandbieni. nous sjornneSi disjà heureux au
» niUiett de npa peioespar l'attente prodiatne de
» ce bonheur. Qui ne.se ré)Qii*roit.pa^'«hins la
» vallée des larmes méi^e, à la vue de eette jbie
» célestiQ et éternelle? Souftrpqs^ eap^cms^ ré-.
» jouissons-nous.
» Nous avoni^ passé ici (à .ChÉoliies) quatre » jours en repos ^ Uberté ^ doucîsm* y amftié et » joie, n n'y a que le psuradia ou^la paix, la joie » et l'union ne gâtent plusks hommes.
I^IVUE QUATRIÈME. fl27
D J^ geoâ qui aiment pour ramour de Dku^ lettre du » aiment biesft plu$ solidement qae les autres^ '^ ^^' '7'^- 31 Une nmitié de goût et d*amoar - popopre n*est ^ pas de grande fal%ue , et elle est de grand en« » treti^n ; rexpéjri'enee vous en oonvaincra ». . >
C'est encore dans une autre de ses, lettres à sou neveu y que nous trouvons cette pensée si déli«oate et si sensible. « Faut -il tous vemereier de i3qov.i7io. 3» tQûft vos seins pour moi, pon enfant? Je drois (^an«sc<) » que non ; ramitié ne remercie ni ne se laisse » remercier*
» fiiem n'est si see, si-dùr, si froid:, si resserré y qu un cœur qui s^aime seul e|i toutes dïoses : 9 ricnna^estsi tendre ^ si ouvert , si vif ^ sido^x, » si aimable'i si aimant qu'un cœur que pose^ède D et anime une amitié épurée par la religion ».
Si on réiinissoit toutes les pensées ou plutôt tous les sentimens que dans l'effusion de son cœur Fénélcm a répandus dans ses lettres , on auroit pejutnétre Tidée de tout ce qu'on a pu dire, penser et senlîr de plue délicat sur l'amitié.
U cbnvenoit avec candeur de ses d^auts, lorsque sesamis les lui reprochoient. On lit dans une de ses lettres à la duchesse de Mortemart (0 : « Il ^ i> est vrai, Madame, que Tamour-propre me déa cide souvent ; f agis même par prudence natu^
(0 Manuscrit!.
3a8 HISTOIRE SE FÉHÉLOH,
» relie, et par un arrangement bumam. Mon u naturel est précisément opposé aa vôtre. Vous » n'avee point l'esprit complaisant et flatteur, H comme je l'ai quand rien ne me fetigne, ni ne s m'impatieete dans le commerce} -alors voas M êtes biea plus sèt^he que moi; toi» trouTes Il que je vais alors jusqu'à gâter les gens, et cela u est vrai. Mais quand on veut de ohm certainei 11 attentions suivies qui me dérangent, je sub sec a et tranchant, non par indifférence ou dureté^ » mais par impatience ou vivacité de tempéra- » ment. Au surplus, je crois presque toat ce que t) vous me dites, «t pour le peu que je ne trouve >i pas en moi conforme à vos remarques; outre 1} que j'y acquiesce de tout mon ccenr, sans le a connoitre, je crois voit en moi infiniment pis u par une conduite de naturel, et de naturel « ti'ès-mauvais ».
Féoélon écrivoit à un autre de ses. amis ; « Se M TOUS demande plus que jamais de ne m'épar- » gner point sur mes défauts. Quand vous ea a croirez voir quelques-uu^ que je n'aurai peut— 1) être pas, ce ne sera point un grand malbeur. u Si vos avis me blessent, cette sensibilité me » montrera que vous avez trouvé le vif. Ainsi » vous m'auree toujours fait un grand bien, en u m'exerçant à la petitesse, et en m'accoutumaat
LIV&E QUATRIÈME. îk^g
D à être repris. Je dois être plus rabaissé qu'un » autre y à proportion da ce que je suis plus ëlevé » par mon caractère, et que Dieu demande de 3» moi une plus grande mort à tout. J'ai besoin » de cettQ simplicité, 'et f espère qu'elle augmen^ D tera notre, union., Ipin de L'altérer ».
Cest p2|i: cette espèce d'encUantement que Fé« nélaa apportpit dans Ip commerce de Tamitié, qu'il sut mériter et obtenir des ami$ qui lui restèrent fidèlement unis dans toutes les vicissitudes, de sa vie et de sa, fortune. Il étoit impossible de le connoltre sans l'aimer avec une espèce de passion, et on ne pouvoit plus se détacher de lui lorsqu'on, avoit commencé à l'aimer. « On ne 22 pouvoit le quitter, dit M» de Saint*Simpn (0^ j> ni. s'en défendre, ni ne pas diercher à le rei^trotiver. C'est ce talent si rare qu'il avoit au » dernier degré, qui lui tint ses amis si étroite- ». ment attachés toute sa vie, malgré sa chute, et » q^i,.dan3leur dispersion, les réunissoit pour se » parler de lui^ pour le rregretter, ppiir le déai* » r er, pour se tenir de plus en plus à lui » •
Cest ainsi que Fénélon, au. sein de la disgrâce, trouva deuiL. sources, inépuisables de bonheor dans le fidâe accoipplissement de tous les devoirs de son ministère, et dans les douces affec*
(i) Méméireg do dac de Saiafc-Simoa.
rens
sSo lil8TOI&B DE PÉAÉtONy
lions de la nature et de Tamitiët « Quoique je » fasse tous les jours un- gi^nd travail par rap^ » port à mes forces , ^crivoit-il à madame de La-- » val-F^nâon^ sa belle-^œur, ma santé est , J)ietx » merci y assez bonne > et meilleure que quand » fétois autrefois dans une vie si tranquille et » dans un n^gime ri précautionné <>))»• * XKXIV. Son cœur étoit aussi sensible ^ aussi délîc^
Tendresse ^ • . . __ . /..
de Fënëlon P^**** ^^ parens que pour ses amis ; mais pette pour ses pa- affection si naturelle n'admettoit jamais c^s cou^ pables complaisances, que la vanité et Tamour du nom se plaisent si souvent à excuser comme une foiblesse honorable qui n'appartient qu'aux bons cœui^. Il aimoit tendrement sa famille, mais il ne dissimuloit point à ceux de ses parens qu'il afiectionnoit le plus, ce qu'il trotivoit de répréhensible dans leur conduite.
On a vu combien il étoît attadië à ka marquise de Ijaval sa cousine , devenue sa belle-sceur, sous le nom de ^comtesse de Fénélon. Elle avoit eu de son premier mariage uh fils unique (*) 5 Fénélon le fit venir auprès de lui à Cambrai , pour sur* veiller sa première édticationt La voix de la chair et du sang ne lui inspifoit point un sentiment
(') Manuscrits. *
(«) Gtiy-Aiidïë dèMontmorency^-Laval, marquis deLëtai et de Magnac, qui n ^voit qi^ huit nois à la mort de sooi père.
LivHB quathieme. a3t
aveugle pour tout ce qui lui appartenoit. Plus il aimoit la mère^ plus il crut devoii' lui parler avec force sur rabandcm coupable où «lie Uissoit son £ls par un excès de tendMSde maternelle. Cette foifalesse, trop naturelle aux parens^ leur coûte souvent des regrets amers et inutiles; ils sont tonîoui's les premiers pnnis d'avoir néglige ces précieuses années de la vie > les seules où Ton peut donner aux enfans une éducation convenable au rôle et aux devoirs aux<{uels leur naissance les appdle dans le monde.
« Jie dois, ma cbèt^ sœur, vous parler sur le ^^^^ ^«
... ^- .- Fénélon à la
» chapitre de votre fils avec une entière ouver- comtesse de ji ture de cœur. Il ne «l'incommode en rien ici, i^vai-rénc-
. j Ion, i5 août
» et je suis au contraire tpès*ais6 de lavoir, car ,^00.
j> lefatme fix-t* Il est très-poli, très-complaisant, (Manascr.)
M très*caressant , ettrè&^mpressé pour moi* Mût
» h Dieu qu'il fit aussi bien pour lui-même, qu'il
« fiiit pour moi dans notre société, fai trè$;-pen
» de temps pom* le voir^ pour lui parler, pour le
» feir« parler, pour te iaire agir naturellement
» devant moi ^ et pour le redivssei*. Mes oocu-
» pations presque continueUes m'en -itent la li*^
» berté. D'aiUenrs il ne tvolt persoinae à Gambi*ai;
» il auroit besoin de voir et d'entendre des gens
1» propres aie former, il ne peut voir ici que des
» ecdésiastiquàs. Comptez que ê%i étnâeâ n'ont
StSa BISTOIBE Dis FÂRËLON^
» été presque rien jasqù'icî^ et qu'à Favenir S » ne faut pas se fiktter de T^spérance qu'elles lin )» soient plus utiles / quoiqu'on n'y néglige rien. » L'enfant a Tesprit vif et ouvert , avec de la fa^ .^'cilité pour comprendre les choses eictérieures, 9 et beaucoup de curiosité pour les choses qui se » passent autour de lui ; mais il a Tesprit encore » fort léger; il ne fait guère de réQezions se- )> rieuses ; il n*a ni g(^l de curiosité pour aucune » étude y ni application , ni suite de raisonne- » ment ; toutes ses inclinations se tournent aux 9 exercices du corps et aux'amusemens de son 3> âge : il est déjà, grand ; son corps se fortifie , et » tous les exercices loi font beaucoup de bien, j» Je crois bien quil ne les lui faut permettre ^ qu'avec modération; car il est encore fluet, » délicat f et d'une santé très - fragile ; ce qui V pourra bieti lui durer toute sa vie. Je le gar- » derai encore avec graend plaiâr, si vous le sou- ^: haitez, jUsqu au printemps prochain; mais c'est M à vous à bien-éxamiàéi^ si vwis ne pourriez pas 3> le lui faire employer plus utilement aflleurs, ^i tant povr les* exerbioes'idu coorps que pour la » société propve à lui former résprit et à le » mûrir a.
'Fénélon cherche ensuite à prémunir madame de Laval contre la.mauip de faire voyager les
idai^
XIVRE QTJÀTAXisXE* 233
"leunes gens de trop bonne heure. « Les voyages
» sont fort dangereux à la jeunesse, d'une grandç
» d^ense quand on veut les bien faù^e, et absor
» Inment inutiles quand on n'a pas encore des
9 pensées sérieuses et solides. SU falloit quelque
:» voyage, ce devroit être après Tacadémie. Lç
» temps qu il passeroit en province avec vous à
.» voir la nature de vos biens , de vos embarras,
.» et le.mauvais état de ses affaires , pourro^ être
.» .utilement employé j il s'ennuie horriblement à
. 3» Ciambrai; et quoi qu'on puisse lui dire, il s'ima»
:» gine toujours que. quand il ira ou à Paris , ou
» dans vos terres, il sera un seigneur bien bril;
» lant. Cette foiblesse de cerveau est assez natu-
:» relie à quatorze ans. Je l'exhorte ^s'appliquer, i>ttrèà la
:» à s'instruire , à faire des réflexions, sérieuses , à " ™«><»«ï®
' ' ' flcpt. 1701.
» écc^ter les. conseils des personnes jqui ont .de (Manuscr.) » l'amitié pour lui et de l'expérience, si agir en . » toutes choses d'une manière simple et naturelle, »; à fuir les mauvai^s compagnies, à travailler à » se rendre digne des. bomies, à ne prendre des ». homni^ que le bon sens et la vertu , sans affec- » 1er de les imiter dans les petites choses ».
Fénélon eut le malheur de chagriner sa bellesœur sans le vouloir. Madame de Laval-Fénélon ne pouyoit se i:ésoudre à placer son fils unique ^tt service , et Fénélon condamnoit avec sévérité
234 HI6T0IAB BÊ FÉSÉLOlf^
une fbiblesfie aussi coupable. H tron?oU avec raison que dans un temps où toute l*Europe étoît en guerre, et oà la France , rMuite anx dernières exti^mitëSy sembloit commander à tous les Français de courir aux armes , rien n*étoit plus houleux que de voir un Montmorency mener une tie t^isîve et ignoble dans le château de ses pères , oii tout lievoit lui rappeler les services et la gloire de ses ancêti-es ; il parott même qa^û. avoit ^crit à sa belle -sœur avec une frandiise asses austère pour exciter en elleW léger mouvement de dépit et d'faun^ur. Fâiâon s*empressa de consoler avec douceur le cœur de cette sœur affîgëè , dont les torts ne tenoient qo^'à un excès de tebdresse matemette y mais sans chercher à affoiblir la force des considérations qui exigeoîent dans une mère une tendresse {dus ^dairée et un peu fiuB de fermeté* Lettre de «< En arrivant ici de Bruxelles , f ai reçu votre
madame de * ^^^^ ^ *7 j^û'^^r» Tavoue, ma diète eonir, La^al-Fëné- » qu'dle m*a bien suipris et affligé. Tespérois
Ion, lî f(é- • 1 V j
▼rier 1706. * T^ ^^^ ^^ sauncK quelque gré de vous avoit (Maniucr.) » représenté cordialement mes pensées dans une » lettre qui n'étoit que poul* vous, et sans me » mêler de dédder sur la conduite de M. votre ^) fils. Il me sembloit qu'il y a une grande diffé- » rence entre dédder et proposer avec lèle ce
» qu^on croit voir. Amsi/yëtois bien éloigné de A croit^ qù.e ma lettre pût m'attirer celle que 1» y<ms m^avez ébrite.Mats je suppose que f ai tort^ » pukque TOUS le juges ainsi ; dû moin^ ma faute » sera courte; car je m'abstieftdrai, puisque tous » le soulïutee y de yoM proposer mes pensées; h d^âiBéurs , je recevrai toujours d'un co^ur ou- » vert tôutce qu'il vous plaira de me mander de 2> vos raisons ; per&bn|ie ne sera plus content que » moi de reconndltre qu'elleisont bonnes y comme » personne ne seroit plus aflligé que moi, si elles » n'étoi^it pas décisives. Mais supposé qu'elles » soiaat au^ssi fortes que vous le croyes , je trouve
3> M. votre fils bien à plaindre ; car en ce cas, il )i se trouve entre une mère qui a de bonnes rai« » sons pour vouloir Fempécher de servir^ et le » public , dans lequel il sera déshonoré sans res* » source , malgré ces raisons inconnues y s'il ne » sert pas. Il est déjà dans sa vingtième annéei i» tes autres gens de condition se gardent bien » d'attendre un âge si avancé pour commencer » à servir ; ils seiirent dte l'âge de quatorze ou » quinze ans. On ne trouvera en Franée aucun 9 exem|âe d'un homme d'un nom oonnu, qui ^ n'ait pas défà fait quelques campagnes dans sa ^ vingtième année. Le public ne comprendra » jamais les raisons d'une telle singularité y qtû est
a3fi aisTOïKB de pêdélob»
» si contraire aux préjugés de toute la nalion. m Ten coDdus que la râtuation de M. votre fils » est bien violente ; il est r^uit à l'ane de ces » denz extrémité, ou de désobéir à sa mère, qui » a de bonnes raisons pour lui défendre de servir, M ou de se laisser déshonorer dans le monde, » parce que ces bonnes raisons n'y seront jamais n comprises. Pour moi, je n'ai point d'autre parti » à prendre que celui de me taire, d'être vérita- » blement affligé , et de prier Dieu qu'il donne » son esprit de sagesse à la mère et an fils. Ce qui u est certain, c'est que je ne paraîtrai jamais en u rien désapprouver votre conduite , et que j'aiu merois mieux ne parler de ma vie , que de lais- » ser édiapper une parole contre vous. C'est du u foud de mon cœur, ma chère sœur, que je vous a suis toujours dévoué t.
U étoit impossible que des raisons aussi fortes, inspirées par l'amitié la pins tendre, ne fissent pas une juste impression sur l'esprit de madame de Laval- Fénélon ; elle eut enfin le courage de triompher de sa foiblesse. Le nom de ^ontmorency, et la valeur brillante que son fils montra dàs ses premiers pas dans la carrière militaire, lui firent promptement réparer let années qull aroit perdues; il obtint an bout de très>peu de temps le régiment de Conflans et ensuite celui
de Mortemart , qui prit de lui le nom de LavaL Ce fut à la tête de ce régiment qu il fut blessé le 1 3 octobre 1 7 1 3 ^ au siège dé Fribourg , d'un coup de mousquet qui loi perça les deux joues (0«
En parcoursmt les lettres manuscrites de Féoélon, on retrouve dans toutes les occasions ce même caractère de justice et de sagesse* Il ap* prit tQutrà-coup, par une lettre duicuré de Ver-« sûfles {?) y que deux demoiselles dé qualité de Périgordy du nom de la Ghâtatgneraye, alliées à la maison de Fénélon y avoient quitté leur province iet étoient venues à la Cour ^ dans Fespérançe d'ob* tenir des secours que Ton n'y étoit guère en état de leur damner. Fénéloii avqit déjà beaucoup de peine à suffire à toutes les demandes du même genre y dont il étoit journeUeDaent accablé. On voit même dans une de ses lettres, combien sa situation étoit gênée. « Vous connoissea> tous mes » embarras y mandoit-il à Tabbé de Beaumont (3); n une grosse dépense ordinaire , de grands bâ* » timens à faire et à meubler , uo séminaire à » loger et à établir , presque tous mes séipiina*
0) n épousa quelques aimées après Marie-Anne de Tomaénies y "Veuve de Blatihieude Larochefoncauld-Bayers , dont il a en le ddniîer maréchal de Laval et le cardinal de Moatmoreacjr, qui vient de mourir ( en j 808. )
(*) Hébert, depuis évéqae d*Agen. --* W Mannscrlts.
**^ HISTOt&E Dfi FÉHÉLONy
» ristes à nourrir, de bons sujets à entreteùir à » Pari»; moa neveu à aider dans le senâoe, d'aun très petits neveux qu'il faudroit Êiire chevaliers » de Malte ) pu fieiire ëtndier; des ferikies en partie
» rainées ou prêtes à tomber en ruine » Mais
rien ne poovoit arrêter Fënélon, lerstpi'il étoît question ^'va^é œuvre d^ eharké. Ce n*est pas qu^ comptât sur la reoonnoi^sance ; car i^ selon lui (i \ « la phHànAropie consisie àfmirè du Bien » aux hommes, sans en espérer aucune recoh* » naissance »; mais il obéissent au mouvaient ou plutôt au besoin de son cœur. En envoyatit an curé de Versailles les secours qu'on lui- da^ mandoit pour mesdemoiselles de la Châtaigne"^ raye y il crut devoir^pour leur propre intérêt^ ajouter quelquet réflexions sur l'imprudence et le peu de convenance de la démarche qu'elles Lettre de avoîeul faite, a Je ne puis approuver qu'elle^
Hëbcrtîîé * ^^^^ ^"^**^ *^^ P^y^ P^^^ ^^ ^ *• ^**'*''' deVersailles, » Des fiUes de naissaiice , sans bien , trouvent
fMan*^''^* » toujours daiis. leur province des parens ou » des amis qui leur donnent à peu de frais de x> petits secours. On y vit presque de rien \ d'^U- » leurs il est plus honnête, à toute extrémité^ » de tenir sa subsistance du travail de âes pro» 3t» près mains , que de la devoir aux libéralités
(0 Manuscrits.
LXVUB QtlÂTILlÈME. ^Zq
^ d'autrui* En quittant sa province pour aller à 3» la Cour ^ on multiplie ses besoiui au lieu de les n dîmiuuer; on se remplit de vaines espârances^ » et où s'accc^atume à un genre de vie auquel on » ne derroit point s'^çoutumer »,
Ce qui nous a Surtout frappa dans la corres- XXXV. pondance particulière de Fënélon avec ses amis f^q^Ioq. çt ses parens^, c'est, que toutes ses lettres soodt enn preiptes de ce goj^t 4e rdigion et de piété dont aou ame étoit liabituelleme^t nourrie. Les af* fidres^ les maladies ^ les circonstances même les pliis indifi^rentes y toot le ramène naturellement à cet objet continuel de ses méditations et de sea entretiens.
Il écrivoit au chevialiêr de Pénélon son frère , qui servoit alors dans Fa^mée du msurëchal d» Luxçmbûur^ 9 « Yous m*étes trop cher, mon Lettre du ^ éker frèrOy polir »e pas vous souhaiter les sén^ ^^^^ ' '^^^' 9 timens de ctaînte de Keu et de confiance en « iui^ qui niettèoiit le cœur en re^os, et qui sont » la pliisi sùiïï9* ressource dans l^s peineâ de la vie » et dans lefr pâ^ik. Il n'y a rien que je ne don^ » nasse et que je ui^ soofirisse pour vous voir un 3» chrâîéQ solide^ sans grimaces ni façons. Pbur » y parvenir, il faut un peu lire, faire des ré* » flexions simples sur sa lecture, étudier se» de- » voirs et ses défauts, demander à Dieu la vertu ^
fi{o HISTOIRE DE FÉNthOJXf
y» et Gherdierson amour qui est le souveram bien^ s» Songez à quelque chose de plus solide et de » plus important que la fortune de ce monde »% Mais c'est, dans ses lettres au marquis de Fénëlon (0 son petit neveu ^ qu il se livre avec Ta-* bandon le plus touchant à cette tendre et affectueuse communication de deux âmes unies par
une e^èce d'afiection céleste^ et qui ne vivent >
ne se parlent , ne. sVntendent qu'en pi*ésencp de la divinité. L'ame pure et sensible de F^néloû donne à toutes ses ei^pressiôns une sorte d'attrait et d'onction qui semble appartenir d'ube manière particulière à unie religion toutie, d'amour ^ et ne permet pas aux cœurs les plus froids et lés plus indifférens de résister .\ la douce :ehaleur de sçn langage et de ses sentimens« . . . i .
Le marquis de Fënélon avoit éti^iëlevé, dès son enfance y à Cambrai , sous, les yeux de spn grand-oncle> dont il étbit devenu le fils adoptif ; jamais un; père n'eut une amitié plus tendre pour son fils; il avoit placé en lui ses principales 4f-< fections et toutes ses espérances pour sa famille.
(0 Gabriel «focfiues y marquis de Féuélon, J^elît-iiev^a de l'archevâque deJCâmbrai» étoit fib de Pons, niar<fiM8de£'éiié«< Ion y mort en (74^ » ®^ d'Elisabeth de Beavpoil de Saint- Aulaire. Le përe de Pons, marquis de Fénélon, étoit François de Salignac-Fénéion, frère aîné de rarchèyêque de Cambrai y mais d'oB anlre lit.
Il Tàvoit nourri dès sa preimère jeunesse dessentimens et des maximes de la plus haute pieté, et fies sen timons ne se <i^6DLtirent pas un seul instant pendant le cours d'une vie consacrée à des fonctions konorablffs et terminée par une mort glorieuse. Le laarqms de Fénâbn avoit conservé pour son oncle une vénération qui ressembldk à une es|>èce de culte. Ceti à lui qu'o)i est principalement redevable ^ non-seulement des magni^ fi<|ues éditioiui m-ù'' et in^^J^ des œuvi?es de Far* cfaevéque de Cambrai , mais de la puUication des écrits de Fénéion^ que les.cîroonstanoes lui permirent: de &ire connottre. L'occupation de sa vie entière fo!b de réunir et de conserver, av«c un «oin rdligteuir, tous les titres et tous les monu^ mens qui pouvoient éterniser la gloire d'un parent aus^ oher et au^i ililiustre.; il prévit que le piomenl arriveroét., tjù îi seroit permis de révéler tov^ les secrets de j:ette ame vertueuse. La recon^^ noissance nous imposoit Tôbligation de rappeler M eonvémt d*un si grand «service rendu à la reli-* gion f aux letlres et à f liun[ianité.
A l'époque o& comaxtence la correspondance de Fén^on avec son jeune neveu , il étoit déjà co-^ lonel dn régiment Je Bigorre. Une inti^idité «pu lai étoiit naturelle et ^ui fii^t par lui coûter la vie, lui faisoit vivement désirer d'être employé
FÉjfÉLON. Tom. III. i6