LIVRE QUitTR^ÈMB
«ne espèce d'étude de tpna. le$ (purs et de tou» les mcnoeD»^ veim fétewiemeiit fs^ss^a cm s*dc>» croira ptat«âlve, en appr^aM q^e F^nëUn s?étoit fait dîstingpter par la iK)bles^ > fo grâce ^ la décernée et l'urbimté de aesti^api^res à la Cour même de Loiw XIY (*)• « Toutes ses mamières, 9f dit M. de Saint-Sjmoii ^ répondoient au diarme n kidéfiaisfiable de sa pbysionoipie ^ avec une 9 aisance qui en donneit aux autres , cet air et 3» ce bofi goMp qfOLon ne tient que de Tusage de » la meilleure compagnie et du grand monde^ 3» se trouTOÎt répandu de soi*m^e dans toutes » ses conversations », « Je ne m'étonne point, écrivoit Fénélon ^ Sarrusage
du monde.
3» son neveu, de votre embarras et de votre dé-
n goÀt de la vie de la Cour ; on est gêné avec les p^n^jon ^u
3> gens qu'on connott peu on poipt ; on fait trèsr marquis de
» imparfaitement ce qu'on n'a pas l'habitude j^^^ ,^,'3?
9 de faire. L'amour-propre s'ennuie de se con-o (Manuscr.)
9 traindre beaucoup avec peu de suceès. Vous
3» êtes accoutumé à une vie simple , commode ,
31 libre , et flatteuse par l'amitié de la compagnie
I» qui vous environne. Cette douceur vous gâte ;
3» il faut s'accoutumer , dans le monde , à la fa<^
3i tigue de l'esprit comme à la fatigue du corp$
9 dans un camp. Plus vous retarderez ce travail
' 0) Mémoires du duc de Saîat^Slmoii.
» pour votre entrée dans le monde , plus il tous 3» deviendra dur et presque impossible^ vous cou- » rez risque d'y réussir très -mal à un certain » âge. Si vous y renoncez pour toujours ^ vous » passerez v6tre vie dans Tobscurité , sans amis » de distinction y sans crédit, sans appui, sans » ressource pour faire valoir vos services , et » sans moyen de soutenir votre famille. Il est » donc capital que vous rompiez tout au plus » t6t cette glace avec courage et patience /sans » écouter votre amour-propre centriste ; la fa- » cilité viendra peu à peu avec Thabitude^vous » ne serez plus si embarrassé quand vous con- » noitrez tout le monde , quand tout le monde » vous connoîtra , quand vous serez accoutumé » aux choses qu'on fait en ce pays-là , et quand » vous aurez de quoi entrer à propos dans les » conversations familières. Dès que vous y aurez » acquis un certain nombre d'amis , honnêtes » gens ef estimés , ceux-là vous mettront dans » leur commerce ; de proche en proche , vous » irez peu à peu à tout ce qui vous conviendra; » vous verrez poliment tout lé monde en public;
» vous rendrez des devoirs selon l'usage aux » particuliers ; et , pour la vraie société , vous » vous bornerez aux amis solides; il ne faut pas » chercher en eux la 'seule vertu ; il faut tâcher
LIVHE QUATRIEME. 25l
» d*en trouver quelques-uns qui joignent à un » vrai mérite la condition et même quelque rang. » En attendant , prenez patience , gagnez quel- D que chose sur vous ; cette contrainte servira à » vous corriger d'un libertinage d'esprit qui vous » séduisoit par une apparence de vie sérieuse^ » régulière et solidement occupée pour Paris ; » réservez-vous des heures de travail ; évitez les » soupei^ qui mènent trop avant dans la nuit et » qui dérangent tout le jour suivant ; sauvez un » peu vois matinées y lisez 'et pense2 sur vos lec- » tures| je sais bien qu'on ne peut pas être tou- » jours si rangé ; il faut se laisser envahir quel- 9 quefois par complaisance pour certains amis ; » la société le veut , Vàf^e le demande ^ mais en » accordant un peu d'amusement aux amis, il » leur faut dérober dès heures sans lesquelles » on ne se rendroit capable de rien pour mériter » leur estime. Ne laissez point gâter votre cousin , 2) le petit page ; il faut lui ouvrir le cœur par » bonne amitié ; mais lés louanges prématurées » gâtent les enfans; il faut l'accoutumer de bonne » heure à se regarder comme un pauvre petit » cadet y sans autre ressource que le mérite^ le » travail , la sagesse et la patience. Jugez', mon » cher enfant, par cette lettre, avec quelle teu- 9 dresse Je vous aime ».
âSa HISTOIRE DE FÉNÉLON,
Il ajoute, dans uae autre lettre sur le marne Lettre du ^^j^|. . „ ]) f^^i^ cuUîver les hommes daos Tordre
6 août 1713.
(Manuscr.) >> <1^ ^^ Provîdôuce, saus jamais compter sur eux, 9» DOu pas même sur les meilleurs. Dieu est jaloux » de tout et même àea 'sieus ; il ue faut tenir qnk » lui , et le voir sans cesse à travers des hommes, » comme le soleil à travers des vitres fragiles. » Cependant U ne faut pas craindre d ouvrir » son cœur à des amis pieux. Oh ! qu'on est heu* » rem detre ami des amis de Dieu; ils valent » bien mieux^que les distributeurs de la fortune »• Le tendre intérêt que Fënélon prenoit à son neveu , Fexposa à de cruelles inquiétudes sur les suites de la blessure qu'il avoit reçue à Farmée : il avoit exigé de lui quîîl se fit traiter à Paris par les médecins et les chirurgiens les plus renommés. Les cruelles et douloureuses opérations qu'il eut à subir ne lui procurèrent qu'un foible soulagement; on lui ordonna les eaux de Barè« ges, dans l'espérance qu'elles rétabliroient entiè» rement le mouvement de sa jambe. C'est à cette époque que Fénélon lui écrivit des lettres où son ame se montre tonte entière avec ce caractère de sensibilité qui semble lui appartenir d'une manière particulièire. Nous nous bornercms à en rapporter quelques fragmens.
« Ne craignez y mon cher euËint, aucune dé«
LITRE QUAtRlibME. Sl53
Il pense d« néeospitë : votre père selon la chair ^ Lettre de j» «est pas «uUnt votre père que moi \ c est votre marq^jg ^^ » principal père qui doit pay^ tout ce que l'autre Fénélon, 6
.. 1 ^j août 1713.
te tte pe«t payer 5 IHea nous le rendra au cen* (Manuscr.)
j» tuple. Pour les sommes nécessaires aux tnëde**
» cins et chirurgiens qui vous ont traité y je veuK
»> les payer noblement et sails faste : il vaut mieux
fi faire un peu trop que de s'exposer au moindre
» risque de faire trop peu avec tout le monde ^ et
» surtout avec dès personnes de ce mérite et de
Il cette profession* Toute ma peine est de ne pou^
u voir al]er vous secourir et vous soulager \ je se*
M rois votre garde*malade et je vous servirois fort
I» bieu >».
Son neveu se proposoit d'aller le rejoindre à Cambrai à son retour des eaux de Barèges ; et Fénélon lui ^écrivoit : « Je compte les jours jus* Lettre da i> qu'à celui qui nous réunira ; mais c'est sans in- f^^^ ^7'^-
* * ' (ManiuGr.)
M quiétude ni impatience \ on peut . me croire
» sur mes peines , car je les montre assez quand
» je les sens, et je laisse asses voir ata faiblesse; je
» &is mal les honneurs de moL.«>. Je compterai 6 ao^ 1713.
» souvent les jours jusqu'à celui dé jiotre réi>*
» nion; mais^ en les comptant^ je né voudrois
9 pas en retrancber un seul; il faïut laisser tout
» en sa place selon raiTangeoient du maître ; tout
» Jk jamais à mon très^-cher enfant. Je vous aime
2l54 HISTOIRE DE FÉMÉLON^
» de plus en plus ; et je veux que vous ne m'ai* » miez qu en Dieu, et je neveux vous aimer»que
Lettre da » pour lui Je suis souvent avec vous devant
» Dieu; c'est notre rendez -vous; il rapproche » tout; deux cents lieues ne font rien entre deux , » hommes qui demeurent dans leur centre com^ » mun... Je vous porte à Tautel, dans mon cœur, » pendant la messe ; je suis avec vous devant » Dieu pendant la journée ». .' Les plus petits détails reçoivent un charme inexprimable sous la plume de Fénélon , parce qu'elle ne faisoit qu'obéir à toutes les impressions de son ame. Le marquis de Fénélon devoit, à son retour de Barèges, passer par le château de Fé* nélon , antique domaine de ses pères ; c étoit là qu'étoit né Farchevéque de Cambrai , celui de leurs descendans à qui il étoit réservé d'attacher à ce château une immortalité plus durable que les masses de pierre qui avoient servi à le construire. Le premier soin de Fénélon fut de recom*
Lettre du mander sa nourrice à son neveu (0. €c Vos deux
(Maauscr.) ^* dernières letti'es m'ont appris que vous alliez à
» Fénélon, j'en suis très-content; j'aime bien que
» vous goûtiez notre pauvre Ithaque, et que vous
j » vous accoutumiez aux pénates gothiques de nos
» pères ; mais ne vous séduisez pas vous-même jf
CO Fénélon étoit* alors âgé de prés de soixante- deux an^. ^
LlVaE QUATAIÈMF.. â55
» dëfiez-vous de deux traîtres , Tennui et Timpa- » tience de vous rapprocher de ce pays-ci. Sa- » chez y je vous prie, si ma nourrice est vivante >» et si elle a touché quelque argent de moi^ par la j» voie de notre petit abbd ».
Nous nous sommes un peu étendus sur cette correspondance de Tarchevéquô de Cambrai : nous avons cru devoir cet hommage à la mémoire du fils adoptif de Fénélon. Le marquis de Fénélon sut se rendre digne de cette glorieuse adoption par un caractère de vertu, de délicatesse et de courage qu il porta à un degré remarquable.
Qu il nous soit permis de considérer encore un moment Fénélon au milieu de sa famille , et de le montrer à nos lecteurs se faisant lui-même , à Tâge de soixante -deux ans, le précepteur d*un jeune page de douze ans, qui n avoit d'autre fortune que le bonheur de porter son nom. Si un pareil spectacle peut arracher un sourire, ce sera sans doAite un sourire d'admiration ^ en le voyant apporter, dans cette éducatipn, le même intérêt , la miéme suite, et plus d'indulgence peut-être que dans celle de M. le duc de Bourgogne.
(c La lettre du petit page est arrivée ce matin ^ u elle, paroît faite sans conseil et très-originale ^ >» il écrira mieux dans, dix ans ; mais j'en suis fort » content pour aujçurd'hui...» J'ai commencé à
^56 HtSTOIRB i)E FÉHÉLON,
Lettre de » felfc éoûiioisdaace avec le petit page; il me pa-, F<mélon, 7 ^ ^^^ penser uh peu, sentir et vouloii* : Dieu
jânv. 1713. ^ ^ 1 »
(Manuscr.) » yettille qué iKsms y trouvîoM de Tétoffe pour » faire un komme. Les hommes travaillent ^ par » leur éducation, à fortoatw un sujet plein 4e «ou- 4> ràgë et orné de cotiuoissatioeB. Easuite , IXeu » ¥iefit détruire €ê château de cartes ; â renverse » ce courage hii«i^ ; il démonte cette ^aine sa* M gesse f il décentre le foible de cette fiM^oe ; il » obscurcit, il ai^lit, il dérange tont; soa ùur 3 vrage ed; d'anéantir lé nôtre, et de souffler sur » le«6tpe pour l'anéantir; il nous réduit à <:noîre tè âveo joie qu ilest tout et que nous ne sommes ^ rien $ il ne nous reste que cet aveu, et cet aven » même n'-est pas à nous; îl est à chaque moment «> emprunté de lui«
)> Le petit page est aetiieUeaiewi4aiis qia c&aii»* » br& (')> où il à^açoo^tume à être ; il fait eon^ » noissauôè avec les Grecs et les Romains* l'es- » père qu'il p^ttri^ ae Ibiwer et devenir Yin bim » sujet ; je laime de bonne foi. Je ne sais poii^l » s'il aura ce qu'en appelle de l'esprit ; maïs A » paroît avoir le sens droit, du sentiment et de » la bonne volonté, *
5) Le petit page est un bon enfant (a) 5 3 fera- » vaille , dans la petite bMîothèque , avec un
CO Manuscriu. — C*) 19 juillet 17 14. (Maûuscwtd.^
» vrai