‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 32 sur 72 · LIVRE QYIÀTRlEliC, a · texte numérisé non relu

LIVRE QYIÀTRlEliC, a

pérBuc^ Oo ne vit point Féiiâaa s'ég^rçr dans œs muîmes vagues et géBéra)e$.qui n'offrent ai»* cun x^sultat ntile ^ il savoît qu'il parloit an SU d'uj» roi y qu'une nation |alaii8a do 6a lil)^rt4 relîr gieu^ et politique avoit pro$crit, parcQ qu'il n'a» vcÂt pas assez raspecté de» droits ou des pré)ug46 qui lui étoiwt cberS'» C'est sot^ ca double rapport que Féntfloq coosid^e le gouv^nemeut aotglai% et la condition du prince à qm la Pre^vi» dencè pou voit rendre encore le sœptre povté psu: ses ancêtres*

e II lui recommande M ^ sur toutes choses » de » ne jamais foroer ses sujeta à dianger leur reli- » gion» Nulle puissance humaine ne peut forœr^ » lui dit-il y le retranchement impénétrable de » la liberté du cœur. La force ne peut jamaû; » persuader les hommes; elle m fait que des fay- » pocrites* Quand les rois se mêlent de la r^li'- » gion , au lieu . de la protéger , iJa la qiett^ot en 31 servitude* Accordes^onc à tous la liberté ci- 9 vile y 99Qn 0H improufHÊMÂ tQH^ c^mms in4ijle^

» que Dieu sonore ^ et en tâchant de ramener les 9 hommes par une douce persuasion >i.

Il £xe ensniie sa pensée sur tes avantages a^^ les impeifectiona mâmes de la cofisfiftatioa an<^ {^aise pouyotent offrir à un prince sage etmedéré«

M Vie de Fénëlon , {ir M. ds Ramnj.

a82 Hl^STOIRE DE FÉNÉLCITy

« Le parlement (0 , lui dit-il , ne peut rien

1» sans le Roi ; le Roi n*est-il pas assez puissant?

» Le Roi ne peut rien sans le parleinent ; et un

»Roi n'est-il pas heureux d'être libre pour faire

» tout le bien qu'il veut, et d'avoir lés mains

» liëes quand il veut faire le mal ? Tout prince

^> sag<e doit souhaiter de n'être que l'exécutear

» des loiis y et d'avoir un conseil suprême- qui mth

» dere son autorité. Lé despotisme tyrantfiqae

» des souverains est un attentat contre les droits

T» de l'humanité. Le despotisme de la multitude

-» est une puissance folle et aveugle qui se for-

3> cène contre elle-même. Un peuple gâté par

» une liberté excessive , est le plus insupportable

T» de tous les tyrans. La sagesse de tout gouver-

» nement consiste à trouver le milieu entre ces

» deux extrémités affreuses, daiîs une liberté mo-

» dérée par la seule autorité 'des lois. Mais les

» hommes aveugles et ennemis d'eux-mêmes ne

)> sauroient se borner à ce juste milieu. Triste

» état de la nature humaine ! Les souverains ,

» jalotfxde leur autorité, veulent toujours l'éten-

» dre; les peuples, passionnés pour leur liberté^

» veulent toujours l'augmenter. // vaut mieux *

» cependant souffrir pour l* amour de Vordredes

» maux inévitables dans tous les Etats même les

» plus réglés^ que de secouer le joug de taut^

(*) Vie de Fénëlon , par .Hf.' de- Ramvay • •

liyhe qvàtjlièjie. . :2B3

n autorité ^^'Cn se livrant sans ^ cesse aux.fureuPS

ri delà multitude, ^/ui agit sans rhgle et sans loi*

■n Toutes soEtes de gouvernemens sont nécessaire-

» ment imparfaits y puisqu'on ne .peut confier

;s>rautori té. suprême qu'à des hommes ^^e^ toutes

:)) les formes degomfernementsont bonnesy quand

»'Ceux (jui gouvernent veulent sincèrement .le

» bien. Dans ia théorie , certaines formes pa^

» roissent meilleures que d* autres ; mais dansJa

» pratique y la foiblésse ou la corruption deb

» hommes , sujets aux mêmes passions, exposent

» tous les Etats à des inconvéniens à peu près

u égaux. Deux ou trois hommes entraînent pres-

» que toujours le monarque ou le sénat. On ne

"» trouvera ^dono pas le bonheur de la société

» humaine en changeant et en bouleversant les

^formes déjà établies, mais en inspirant aux sou*-

t» verains que la sûreté de leur empire dépend

» du bonheur de leurs sujets ; et aux penses.,

i» qae leur solide bonheur demande la subordî-

x> nation. La liberté sans ordre est un liberté-

» nage qui attire le despotisme; Tordre, sans la

3> liberté , est un esclavage qui se perd dans Ta»

i» narchie ». -

Le même historien qui nous a conservé ces dé^ « tails, ajoute que le jeune prince se montra pro* fondement convaincu de la sagesse des conseils de Fénéloi», et qu il annodya la ferme détermi*

ft84 BISTOIKB DE TtltÈLéV,

Batioa d'y conformer ses principes de gouverne* ment , s'il étoit jamais destiné à régner.

La Providence ne lui permit point d'exercer sur le tr6ne des vertus éprouvées par une longue adversité ; mais il sut honorer ses malheurs par ces qualités précieuses de Tame et du caractère qu'il est si rare, et peut-être si difficile de conàlier avec Tezercice du pouvoir suprême. Sa douceur y sa modék^ation^ une piété éclairée, une fidélité inviolable à ses amis , la plu$ tendre re* connoissance pour leur dévoùment, et une noble dignité dans toutes les situations diverses de sa fortune , lui enchaînèrent jusqu'au dernier mo* ment le cœur et l'affection de tous ceux qui s'é« toient attachés à son sort , ou qui formoient des vœux sécréta en sa faveur. I^a considération gêné* raie de l'Europe , et les justes égards des têtes couronnées le suivirent dans sa retraite; il sut y jouir jus<^'à la fin de sa vie (0 d'un bonheur et d*une tranquillité qu'il n'auroit peut*être jamais connus sur un tr6ne si funeste à son père et à son aïeul. Il paro^t que Fénélon a voit su démêler, dans les courtes entrevues qu'il avoit eues avec Jac«ques III, toutes les qualités qu'il montra pendant , le cours de ses longues traverses. Le jugement qu'il en porte dans une de Ses lettres , peut être regardé comme une histoire anticipée des événe*

(0 Jac^et in mounit k ftome le a juavier i^tH

filVAB QUATRIÈME. Sl8S

métis de sa vie* On n'y remarque ni ees âoges esagëre's qu'on prodigue quelquefois par ostenta*

tion aux princes melheureux , pour se di^ebser de leur donner des secours plus réels^ ni cette amertume odieuse avec laquelle 4>n leur reproche les torts les plus légens ^ pour laisser croire qu'ib ont mérite leurs malheurs^ et pour les dépouiller de cet intérêt religieux dont les âmes généreuses aiment à environner les grandes infortunes.

« J'ai vu plusieurs fois assez librement le r(M Lettré de » d'Angleterre y et je crois devoir vous dii^ la i^^^^^j^ j» bonùe opinion que fen aï. Il parott sensé , doux^ qjasê m. » égal en tout ; il parott enletidre toutes les vé-^ » rites qu on lui dit. On voit en lui le goût de la a vertu et des prindpes de religion tsar lesquels » il Veut l'égler sa conduite ; il se possède y et il 9 agit tranquillement comme un homme sans' 9 humeur y sans fantaisies > sans inégalités^ sans à imagination dominante^ qui consulte sans cesse » la raison ^ et qui lui cède en tout. Il se donne 9 aux hommes par devoir^ et est pldn d'égards » pour chacun d'eux. On ne le voit ni las de s'a»* » sujettir, ni impatient de se débarrœser, pour » être seul et tout à soi^ ni distrait , ni renfermé » en soi-même au milieu du public, il est tout » entier à ce qu'U fait ; il est plein de dignité a sans hauteur, et il prc^ortionne ses attentions a et ses discours au rang, et au mérite. Il montre

a86 HISTOIRE DB FÉNÉLON,

» la gâtté douce et modérée d*un homme mûr ; 3» il paroit qu'il ne joue que par raisoo, pour se* » délasser selon le besoin ^ ou pour faire plaisir' aî aux gens qui Feirvironnent. tl paroit tout aux 3») hommes y sans se livrer à aucun : d'ailleurs, » cette complaisance* n'est suspecte ni de foi-* ». blesse y ni de légèreté ; on le trouve ferme, dé- », dsif , précis. Il prend aisément son parti pour les » choses hardies qui doivent lui coûter. Je le vis "» partir de Cambrai après des accès de fièvre qui n-Tavoient extrêmement abattu, pour retourner* » à l'armée sur des bruits de bataille qui étoient » fort incertains. Aucun de ceux qui étoient au- ». tour de lui n'auroit osé lui proposer tle retar- » der son départ, et d'attendre d'autres nouvelles » plus positives. Si peu qu'il eût laissé voir d'ir-* ' >» résolution , chacun n'auroit pas manqué de lui n dire qu'il falloit encore attendre un jour, et il » auroit perdu l'occasion d'une bataille oii il a »> montré un grand courage, qui lui attire une- 31 haute réputation jusqu'en Angleterre. En un 3» mot, le roi d'Angleten*e se prête et s'accom- ». mode aux hommes; il a une raison et une vertu ». toute d'usage. Sa fermeté, son égalité, sa ïnal> nière de se posséder, et de ménager les autres, 9 son sérieux doux et complaisant, sa gatté, sans » aucun jeu qui descende trop bas, préviennent » tout le public en sa faveur »•

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