‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 36 sur 72 · LIVRE ClKQtriÈMC. !9ig · texte numérisé non relu

LIVRE ClKQtriÈMC. !9ig

contractas clans leur lettre au Pape. Ce fut ainsi qu on obligea l'évêque d'Angers ( Henri Arnauld ) à rétracter des ordonnances qu'il avoit hasardées, en conformité de la doctrine secrète de son procès-verbal.

D'ailleui*Sy ces quatre 'évéques étoi^nt extrêmement avancés en âge ; leurs vertus sembloient demander qu'on les laissât descendre en paix dans le tombeau \ et on étoit bien assuré' de leur do]>ner des successeurs disposés à arrêter peu à peu, sans secousse et sans violence , la contagion de leurs opinions.

Les afiàires de la régale , qui firent alors tant de bruit , contribuèrent aussi à faire oublier les querelles du jansénisme , en attirant toute l'attention du gouvernement et de la Cour de Rome. Par une singularité assez bizarre, ce furent ces mêmes évéques , si opposés au jugement du s^int Siège contre la doctrine de Jansénius, qui mirent le plus d'empressement à recourir à l'autoi ité du Pape- pour attaquer les ordonnances de leurs métropolitains , et pour se défendre contre les prétentions du Roi dans la question de la régale. La controverse du quiétisme succéda 'aux. afiàires de la. régale , et occupa pendant plusieurs années la Cour de France , celle de Rome, l'Eglise gallicane et l'attention publique, Qu fut

%gl& HISTOIRE DE FÉNÉLON^

ausri t*edevable de cette heureuse tranquillité k rkabîlet^ de M. de Harlay, ardievéque de Paris, et à la modération du père la Chaise ^ confesseur de Louis XIV y il est Vraisemblable que les Jan« sénistes auroient continué à jouh* de Toublî oh on les laissoit ^ s'ils n'eussent pas été les premiers à renouveler avec éclat de fastidieuses discusûons que leurs adyersaires étoient disposés à laisser éteindre dans le silence , et dont le public étott fatiguée

' En présentant cette dernière réflexion , ce n'est point par notre opinion personnelle que nous prétendons régler celle de nos lecteurs ; et nous serons toujours fidèles à la, règle que nous nous sommes prescrite ^ de n'emprunter jamais que les témoignages les moins suspects de partialité.

fc François de Harlay (0, archevêque de Paris, » prélat d'un génie élevé et pacifique, dit le a chancelier d'Aguesseau , capable de faire bon- » .nem* à l'Eglise par ses talens, et de la conduire » par sa prudence, se conduisoit lui-même avec » tant d'habileté , qu'il réussissoit presque ton- » jours également à contenir la vivacité de ceux » qu'on appdoit Jansénistes, et à éluder, an )» moins en grande partie ^ les coups des Jésuites.

(i) CEuyres dtt cbancelierd'Agaesseatiy tom. xiii, p. 162.

tITIl£ CINQUIÈME, 397

3» Il avoit eu grande part à la paix de TEglise ; il » savoit ce qu'elle avoit coàté de peines et de 3» travaux ; et comme la di&tinction du fait et » du droit en avoit été la base, il sentoit (jue ce » fondenient ne pouvoit être ébranlé ^ns que » tout Tédifîce fût menacé de sa ruine. Les con^ » fesseurs du Roi, plus raisonnables alors ^ 4ie » s'éloignoient pas de ces vues pacifiques 5 et le » père la Chaise , dont le règne a été le plus >i long, étoit un bon gentilhomme qui aimoit à » vivre en paix et à y laisseï" vivre lôs autt^^, ca^ y pable d amitié y de recounoissatice , et bienlai^ » sant même autant que les préjugés de isoti COtps » pouvoient le lui permettre. Le trouWé que » causa y en 16^6, une ordôtmatice de t'évêque » d'Angers ( Henri 4itiàuld ) et Parrêt du conseîl j> qui le condamna , fut léger et de peu de dtîrée. » L'archevêque de Paris étoufibit d'abord y autant » qu'il le potivoit , toutes les semences dt dis- » corde; persuadé, comme tous Ceux qui Sont » propres au gouvernement ^ que jamaii^ une af- » faire n'est plus aisée à terminer que dans le tnô- » ment de sa naissance , et qu'il est incompatà- )) blement plus aisé de prévenir les mati^ quiè de » les guérir. Les Jésuites le laissoietit a&se2 faite » ce qu il vouloit , d'autant plus qu'il avoit tou- 9 jours rhabileté de les mettre dans sa confidence » et de parottre agir de concert avec eux ; îl n'é-

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» toit pas même haï des lansënistes les plus sen- » ses; il avoit su parer adroitement des coups » qu'on vouloit leur porter. Ses manières aima- » blés et engageantes étoient comme un charme » qui calmoit ou qui suspendpit les fureurs des » partis contraires ; en travaillant ainsi pour sa » gloire et sa tranquillité personnelle , M. de » Harlay travailloit aussi pour la religion , qui a> s'altère toujours dans les disputes et qui ne » prospère véritablement que par la charité. » Ainsi y par un de ces événemens qui font sentir » le prix des qualités propres au gouvernement ^ » on vit FEglise en paix sous le règne d'un arche- » véque plys attentif à donner de bons conseils » qu'à édifier par la sainteté de sa vie ; et on l'a » vue toujours agitée sous la conduite d'un pré^ » lat respectable par l'innocence et la pureté de » ses mœurs.

» Les premières années de l'épiscopat de M. de » Noailles^ son successeur, se passèrent assez » tranquillement. Qe prélat avoit d'si^bord adopta D le plan le plus sage, celui de conserver une » exs^cte neutralité entre les deux partis, de tom- » ber à droite et à gauche sur tout ce qui pour- » roit blesser la vérité ou troubler la paix , et de » se faire ou respecter ou craindre des deux cô- T> tés, par l'égalité de sa justice.

» Les Jansénistes l'éprouvèrent les premiers.,

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