LIVRE CINQUIÈME. S
» d*un texte i^e suppose pas toujours quHl soit ab- » solument correct et exempt des défauts marne » lès plus légars. Il suffit qu'il* soit coi:)tforme à )> V autographe ou parole originale de Diéy dans » tous les points importais ^ ^t que les défauts » légei^ qui y restent ne nuisent ni à la doctrine » ni aux mœurs.
31 Hais y afin que nous puissions i^cevoir un » texte comme authentique , il faut bien que nous » soyons assurés par une àuiorité infaittHk, que » ce texte , qui est dans nos mainf et que nous » lisons comme s'il étoif le texte autographe , est » à peu près conforme du texte dé ces àutogra^ » phe$, dont il est une copie ou une version. . » 11' faut donc reconudUre que l^glise est m- » Jaillible^n vertu des promesses ^ pour nous ré- -h pondre d'un texte authentique, c'est-À-dire^ à » peu près conforme aux autographes : il faut » aussi j en ce cas , qu'elle soit infaiUiblm poUr » décider s'il y a quelque version- qui soit authen- » tique y c'est à-dire , à peu près cbnibrq^e à la » langue originale.
» Or, il est évident que tinfaillihilité %ut les
» éditions et sur les versiofts embrasse un nom-
» l^e presqu'infini àe faitf sur la gt'ammaire et » sur la valeur des termes en chaque langue, pour » comparer les sigpificatious des texbes^^,* et que
34^ HISTOIRE DE FÉHÉLOUr,
» ces faits sont bien postérieurs à la réï^élation ».
Cette infaillibilité de FEglise^ dans le jugement qu^elle prononce sur des versions de TEcriture sainte, étoit un argument sans réplique contre les disciples de Jansénius : ils recônnoissent en effet que le concile de Trente a eu le droit de prononcer avec une autorité infaillible que la Vulgâte est une version authentique, quoique la tradition ne nous enseigne point que Tauthenticité de la F^ulgate soit révélée de Dieu. Personne n'ignore que , quelque ancienne qu on puisse la supposer y elle est moins ancienne que les apôtres qui ont fini la révélation. Sans cette autorité infaillible, inhérente à l'Eglise en vertu des promesses, tous les fondemens de la foi et de la révélation s'écrouleroient, puisqu'ils reposent entièrement sur l'authenticité des livres sacrés.
C'est avec la même force de raisonnement que Fénélon démontre que l'autorité des conciles œcu« méniques , qui forment ^ après les livres sacrés , la règle la plus certaine de la doctrine et. des mœurs, s'écrouleroit elle-même si elle ne reposoit pas sur l'infaillibilité attribuée par les promesses à r Eglise subsistante,
<c En effet, que de controverses et de discus- » sions critiques W ne pourroit - on pas établir
(0 Procés-yerbal de ranemblée de i656.
LITAZ CINQUIÈME. 343
S» sur iHûsloireet sar les règle» de la convocatioa » de chaque concile^ pour savoir si ce concile a » été réellement tenu , s'il a été bien convoque, I» s'il a décidé librement , et si le teicte de sa dé* » ciûon a été tel qu^on nous le produit » •
Cétoit sur toute^ ces questions à^fait que les Protestans cherchoient à contester Fautorité du concile de Trente et de pbisieurs autres conciles généraux , comme les disciples de lansénius pré"tendoient contester Fautorité des décisions pranoncées par le saint Siège , sur la question de fait du livre de lansénius.
C'est en s*attacliant ia||priablement au principe de XinfaiUibiUté de TEglise établie sur les promesses, que Bellarmin , les deux savans évè* ques du nom de Wallenbourg, et Bossuet, dans sa correspondance avec Leibnitz , vengent Taùto* rite du concile de Trente contre les attaques des Protestans ; Fénélon développe ensuite toute la chaîne de la tradition , depuis les premiers siècles jusqu'à ces* derniers temps , pour montrer que l'Eglise n'a cessé d'exercer cette infaillibilité qui lui a été attribuée par les promesses, dans la décision de tous \e^ faits dogmatiçues^, c'est-à-dire> sur tous les livres et tous les textes soumis à son jugement pour la conservation du dépôt de la fou
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Toutes les pmives qu'il a réunies ^ en parcourant laentte ^monumens ecdésiaslîi|U)eS) ofll^ent le tableau historique le plus iutiàvssaut en c% genre, et décèlent une coMioissance apfHiofondie de la tradition. H s'^dtend en particulier ^r le dn<qùième ooucfle œtiuwéniquQ tenu en 6Si, qui clMidamna hs irais ahapArts, et dont le pigeuient fad fomrmt une prouve sans réplique de Vinfiâi* UUlité de l'Eglise dans la condamnation des livres iiéiiétii|nes«
Il fait également Fenaploi le plus heureux d*nn raisonnement de Bossuet dans sa célèbre confé* rence avec le minist^V^d^d®*
Bossue! âMiandoit au nnnistne €lande «quelle espèce 'd'antorvté il attribnoit anx Synodes nationaux, lorsque tes minisltres proteslans con* traoient «L'avance, « deçant Dieu, l'iettgiigeinent » de se^soumettre à tout «e qui y seroit râolu «.
Leiuimstre répondoit que ce serment reposoit sur uneybi 'Aammiie et non sur cme ^/ot diime. . f( Mais, lui répUqi^it Bossnét, celui >qni jure )» de s^ soumettre à la décision qu'on fera dans » une asscdoblée^ fure de ercdrè de cœur et de » confesser de ééuohe là dod;ivne ^o'on y Mfa » décidée.. Or, pmtr iaire ^Cétte promesse tt ia » cohfirmer par serment., A faut que l'ëssembiée » à qui on la fait ait une promesse divine , dt