LIVRE GIlIQUlèx^, ' 35x
3» ce qu'il avoit lui - même édifié , de rejeter le » silence respectueux dont il avoit été le zélé » défenseur^ et de préférer la décision obscure » de Clément XI sur le silence y à la paix glo* ]» rieuse de Clément IX, doiit le même silence » avoit été le fondement.
)i Les Jésuites au contraire, et tout ce qui avoit 31 du crédit à la Cour, contens 4^ 1^ conclusion » de Févêque de Saint-Pons, puisqu'elle tendoit 3) à Tacceptation de la bulle, ne pouvoient digé* » rer les principes sur lesquels il l'appuyoit \ ils 3> Topposoient lui-même à lui-même \ ils préten* » doient que les principes dévoient produire une » autre conséquence , ou que la conséquence dé<9 » mentoit les principes; et que, condamnant en » apparence le silence respectueux , il le justi- » fioit en efièt ; qu'il ne faisoit que changer le 3» sens de ce terme , substituer une signification » forcée à la place de la signification naturelle , » et sous prétexte de concilier Clément IX avec 31 Clémept XI, donner tout l'avantage à Clé- » me&t IX , et réduire le sens de la bulle de » Clément XI à un galimathias inexplicable 3>^
,Tous ces jngemens contradictoires étoient fondés en partie sur le système bizarre que l'évêquQ de iSaint-Pons avoit cru devoir adopter en partie sur le genre de son esprit.
352 HISTOIEB DE FÉVÉLON,
» Ce prélat (0 ëtmt an des plus saints prélats » que TEglise de FraBce ait eus dans les derniers » temps ; la pureté de ses mœurs , la simplicité i> de sa vie, Tardear de son aèle, et son appli* » cation infatigable aux bes(Hns du troupeau qui » lui étoit confié, le rendoient digne d'être né » dans les pi^miers siècles de l'Eglise. Mais la » 'piété qui réforme les mœurs ne corrige pas jî toujours les défauts du tempérament ; elle agit » plus sur le cœur que sur la tête , et eUe laisse 3» souvent à chacun le caractère d'esprit qu'il a 3» reçu de la nature.
» L'évéquQ de Saint-Pons , ajoute le cliance-» » lier d'Aguesseau , étoit du nombre de«ceux qui 3t lisent plus qu ils ne digèrent , qui pensent plus y> qu'ils n'expriment , ^t qui , par le défaut d'or* » dre.et de clarté , par l'embarras et l'obscurité » de leurs expressions, paroissent même dire ce » qu'ils ne pensent souvent pas. Il passoit pour » Janséniste et ne l'étoit pas , au moins dans le » sens exact de ce terme ; non - seulement il » croyoit les cinq propositions bien condamnées » dans le droite mais dans le fait il ne faisoit » aucune difficulté de les attribuer à Jansénius; » et il est peut-être celui de tous leâ évêques de N Friuice qui a rendu le témoignage le.{4us pré*
CO OEuvres du chancelier d^Agaesseaa, tom'. ziii, p. 393.
» cis
LIYKE CIKQXJIEHE. 353
» (àsde Vexactitude ayec lagueUe le clergé avait » ex€uniné la question défait que le Tansenisme » avoit fait naître ».
Ce qui contiibaa à exciter ce prélat presque octogénaire, à prendre la plume , et à .«^engager dans des combats théologiques, à un âge où Ton n'a ordinairement be8oi]^.que du reposât du si* lence , ce fut l'idée singulière que son honneur personnel étoit intéressé à cette question parti*culière; il étoit alors le seul qui eût survécu aux dix->neuf évéques qui avoient écrit à Clément IX en 1667 y en faveur des quatre évéques que Ton se proposoit de déposer. Il vouloit se prévaloir du silence que Rome avoit gardé tant qu'on avoit gardé le silence en France ; il refusoit de voir que dès le moment où les. Jansénistes avoient e:a l'imprudence de rompre ce silence par un acte aussi indiscret et aussi irrégulier que celui du Ca» de Conscience^ il étoit impossible que 'Borné et le corps épiscopal ne fissent pas valoir avec avantage les témoignages formels et authentiques que les quatre évéques avoient donnés au pape Clé* ment IX de leur soumission pure «et simple aux décrets du saint Siège. L'évéque de Saint-Pons auroit dû sentir que la force d'un acte aussi so* lennel ne pouvoit être balancée par des procèsverbaux clandestins cachés dans un greffe, et Fénélon. Tom, m. a3
354 HISTOIBE DE FÉXÉLON,
qu'on avoît eu la prëca«tîoa de soustraire ^ la connoissaùce de Rome. U aiiroit pu encore obr server qu*en France même oa avoil toujours conitnué à esciger rîgoareusemeut la sâ^tiature ptire et simple du formulaire de tous ceux qui ëtoîent pourvus de bénâices ou qui aspirotetit à éeH de*- ^rés datoslesuuiversités/^iiisi^ les défisiuts que Toii reprocboit au maiidemént de Tévêque de Sainte PoDS^ toBoieut essentieUement au vice de la cause qu'il prétendoit défendre , et dans laquelle il âoit aussi impossible de concttier son sjsténK avec les mâi^imes admises en droit, qu'avec les principes de la sincérité «chrétienne.
Maïs le mécontentement que son mandement avoit excité fut encore augmenté par trois leltres qu'il p^lta en 1707 contre Fénélon, dans les»quelles il s'attadiâit à réfuter la doctrine de i'ar*- <^evéqiïe de Gambtai sur VinfaiUibUUé de l'Eglise dans le jugement desfinHs dogmatiques.
Fénélon, attaqué p^sonnellement, «e vit à regret dans là nécessité de r^iondre à l'éVéquè de Saint-Pons. Il lui eii coAlKÂt infinîmeni de dé mettre en oppositidn avec un pi^âi^ 'èont il ho** noroit les Veitus ^scopales, dont le gi^and âge soUicitoit ces égatdis qu'on se plaît toujours à rendre à la vieillesse, et avec lequel il avoit même des^ relations de famille qui lui iuspiroient àt