IX. Croiroit-on qu'une conduite si conforme au
Imputations ^^ritable esprit de la religion catholique, ait servi ses, de titre à quelques écrivains, pour travestir tout-
à-coup Fénélon en un philosophe du dix-huiti8me siècle , indifférent sur toutes les religions ?
Comment , lorsqu'on a lu les ouvrages de Fénélon, loi3»qu'on a pu observer cet homme si
religieux
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religieux dans tous les détails de sa vie publique et privée , si zélé pour tous les dogmes et toutes les pratiques de la religion, qu'il défendoit par ses écrits, et qu'il hoïioroît par ses exemples; lorsqu'on le voit dans ses lettres les plus secrètes à ses amis et à ses parens les plus chers, ramener sans cesse toutes leurs pensées et tous leurs sentimens vers la religion, les pénétrer de sa sainteté , là ï'eprésenter comme la seule règle de leurs devoirs, leur seule consolation dans le malheur, le seul objet digne d'enflammer leur cœur; lorsqu'on entend les accens touchans de cette ame pure et vertueuse qui n'aspire qu'au moment où elle sera dégagée des liens périssables qui l'attachent à la terre pour 's'élancer vers ce Dieu dont il s^étoit fait une image si suWime et qu'on lui avoit même reproché d'aimer d'un amour trop désintére^é; comment a - 1 - on pu imaginer de reconnoître ^ de pareils Jraits un philosophe indifférent à toutes les religiçns ? Le ridicule d'une pareille supposition ne peut être surpassé que par celui d ayoîr voulu faire d un rôle aussi méprisable un titre de gloire pour Fénélon. Pénelôn a été condamné par l'Eglise, et il a eu la gloire 4e l'édifier par sa religieuse soumission ; Fénélott a perdu^ la faveur des rois- et il a honoré sa disgrâce par le courage de là vertu ; Féwélon. Tom. m. ^/L
mais foutrage le plus cruel étoit réservé à sft œé* moire par des éloges honteux, que ses mânes indignés rejettent avec mépris.
Il a fallu même dénaturer ses paroles > pour |r trouver le Sujet de ces perfides éloges. On imprima dans le Mercure du 9 décembre 1780, « que » Fénélon avait écrit au duc de Bourgogne: » So^ffrez toutes les religions, puisque Dieu les » souffre ^.^ » La plus légère aUention^auroitdù suffire pour avertir le rédacteur de l'absurdité d'un pareil axiome dans la bouche de Fénélon, parlant au duc de Bourgogne. Comment en effet pouvoit-on supposer, que le précepteur dçs j>etitsfils de Louis XIV e&t cm nécessaire, utile ou convenable de donner un pareil conseil à son âève, dans le moment même où Louis XIV ve- Xioit d'interdire en France l'exercice de toute autre religion que la religion catholique?
Le respectable abbé de Fénélon (0, parent de
(0 "Ceat ce mtrne abbé de Fénélon qu'on a vu depuis périr sur un échafaud, à Tâge de 80 ans. H avoit consacré les derrières années de sa vie à .procurer une éducation religieuse et morale à cette nombreuse classe d'enfans que chaque année Toyoit descendre des montagnes de la Savoie, pour venir ezerttt son industrie dans la capitale. Dans ces jours de crime et ^e sang, où il suffisoit d^-être vertueux pour être proscrit, Fabbé de Fénélon dut subir la- loi > générale. On v^it alors parmi des ^tr^ingers dljB'la classe kplus obscure., ce qu'on ne vojoii plus