HiSTOims DE véaéuov
fication. Une démarche si peu digne de son rang, lui fit un tort extrême. Fénëlpn obseryoit ayec xn. raison^ a que les séminaires étant considérés duc de Che^ * comme dcs écoles publiques , on ne doit en Treiue , 16 » diasser que cens qui ont n^rité personndle-^ Tjûiukwx') ^ ^^^^ 1106 punition aossi honteuse »• Les deux évêques, blessés à leur toor dans la personne de leurs neveux, écrivirent au Roi pôujr lui pprter directement leurs plaintes de la jQGodnite du car* dinal à leur égard. Ils avoient évité ^ dans leur Instruction pastor^e , de jeter le moindre sonpçon sur les sentimens de ce prélat ; ils s*étoient bornés à condamner un ouvrage dé)à condamné par le Pape et par plusieurs évéqnes de France; mais ils s*abandoDnà*ent^ dans leur lettre au Roi, à toute la vivacité d*un ressentiment peut-être excessif. « Qs y parloient ouvertement du cardi- » nal de Noaille^ compp^ d*un fauteur des novar }> teurs et des hérétiques ; ils disoient que les non- 3» veautés en matière de religion n'oiit jamais pré- » valu dans les £ta(s , qqlautant qu'elles oat été » appuyées par des évéq^es puiçsans et redoutar » blos k leurs confrères , et que les plus grands » maux de l^Eglise, sous \es empereurs chrétiens, » sont venus des éyêquçs des villes impériales , » qui abnsoient de Tautorité q^e cette place leur » donnoit ». Cette lettre devint bientôt publique
LIVUE SIXIEME. 4^9
sans leur Gonsentement et sans leur participation; ils avoient gardé le plus profond secret sur cette démarche. En adressaoit leur lettre pour le Roi au secrétaire d'état du département^ ils s*étoient bornés y ^elqn Tusage^» à en envoyer;une copie à M. de la YrilUère ^ et ce^ fut probaillement par Vinfidélité o|i Findiscrâtion des buneaux du mi* nistre qm h lettre devant publique (0. Le cardinal ppuvoit .encore tourner à son avantage cette nouvelle attaque ,de ses adveiisaires^; la lettre des deux évoques au Roi avoitriété presque universellement knprouvée ; une dénonciation aussi éclatante 9 portée jusqu'au ti^ône contre un cardinal rei^pecté et re^ctable par ses vertus et par çe& mçeMis , avoit soulevé fout Paris et toute la Cour ^contre, ses détracteurs. Quelque récommandables que fussent les deux évéques par leurs Vertus épiçcopales , par leur cbarïté et par la régularité édifiante avec, laquelle ils gouvernoient leu^s djocèses , ils ^toient presque inconnus jilfi n'avoient aucun crédit ^piauQu^ appui à la Cour ^ai;rleuf^ païens et leurs ams^ et ne pouvoieht lutter qu'avec un extrême désavantage contre un cardins^ rJ^rclieveque 4e la .capitale , environné d'une famille puissante , qiii avoit des relations directes et habituelles avec le Roi , et .qui em^
(>) Mémoires manuscrits.
4lO HISTOIRE DE FÈTStÈLOV,
pruntoit encore plus de force de la toute - puis* saute amitié de madame de Maintenon. Mais^ comme nous Tavous déjà dit , le cardinal de NoaUles avoit toujours le malheur de tourner contre lui^inéme tout ce que le bonheur des ckconstance»l|K>uvoit lui offrir de plus favorable. Il rendit une ordonnance (0 contre Flnstr action pastorale des évéques de la Rochelle et de Luçon; il défendoit de la lire et de la distribuer, et il y dénonçoit des maximes d'une morale relâchée et des erreurs déjà condamnées dans Baïus et dans Jansénius. Cette accusation inattendue étonna un peu le public , qui ne pouvoit comprendre comment un ouvrage qui ayoit eu évidemment pour objet de proscrire avec sévérité fout ce qui reasembloit à la doctrine de Baïus et de Jansénius, se trouvoit lui-même infecté des erreurs qu'on leur reprochoit. Seroit*iI permis de croire que les conseillers du cardinal , soupçonnés eux* mêmes d'être un peu trop favorables aux nouvelles opinions, avoient voulu faire entendre qu'il étoit facile de trouver du jansénisme dans tesr lî<* vres les plu^ opposés au jansénisme.
Par un ménagement apparent, le cardinal vouloit bien supposer que l'Instruction pastorale qui portoit le nom des deux évéques, ne leur
(0 En date du 28 avril 171 1.
appartenoit pas > et leur étoit faussement attri* buée. Â la faveur de cette fiction , il s'étoit abandonné avec plus de liberté à la satisfaction de censurefdibuvrage, et il évitoit le reproche d'exercer des actes de juridiction , sur des actes émanés d*une juridiction indépendante de la sienne.
Ce point de controvei^se sur Tétendue et les bornes de la juridiction respective des évéques, donna lieu à quelques écrits où il étoit facile , comme il arrive toujours en ces matières , d op« poser des faits à des faits , des autorités à des autorités, dc^s principes à des raisonnemens, et des raisonnemens à des principes. La discipline ecclésiastique ayant été^ en pairie Touvrage du temps et des circonstances y» ayant été successivement établie par des lois particulières et des conve-* nances locales , le défaut d'une loi première et universelle n'a jamais permis de . fixer avec une exacte précision la nature et les limites de toutes les juridictions. Les changeinens et les variations qu'elles ont éprouvées laissent un vaste champ aux prétentions des autorités et aux savantes recherches des critiques, qui fournissent également des armes pour attaquer et se défendre. - Quoi qu'il en soit, l'ordonnance du cardinal de Noailles contré ses deux collègues leur donna tout-à-coup pour auxiliaires la plus grande partie
4ia BISTOIKS DE PÉIÉLOVy
des ëvéqaes de France, qui crurent voir dans cette entreprise une atteinte à leurs droits ; elle fat même mal accueillie à la Cour; et madame de Maiotenon ne le dissimula pas à ce prâs^mal* gré toute son aflfection pour lui.
^^^' « La lettre des évéques est insoutenable^ lai
Lettre de .
madame de ^ écrivoit-elle ; VOUS devez venir recevoir la ré-'
Mamtenon ^ ponse du Roi sur la réparation que vous dean cardmal ' ^ '
deNoaillesy » mandez , et dans l'intervalle VOUS faites unman* ^^"' 3» dément. On disoit tout haut dans le salon de
» Mariy, que jusque-là vous faisiez pitié, mais » qu'on ne pouvoit plus vous excuser. Pavois i> dé|à vu votre mandement, et je croyois de 3» bonne foi qu'il ménageoit les évéques ; on se 3» moque de moi, et Ton prétend qu'ils en seront » très-oflfensés ». Le Roi, en effet, qui avoit paru d'abord très-disposé à rendre justice au cardinal, fut si blessé de ce défaut de confiance en son équité et en sa bonne volonté, qu'il lui fit écrire, a que puisqu'il s'âoit rendu justice à lui-même , » il pouvoit se dispenser de venir à Marly ».
Si Ton veut voir jusqu'à quel point' le cardinal s'étoit mis lui-même hors de toute mesure et s'abandonnoit indiscrètement aux sentimens d'air greur que des amis dangereux cberchoient à entretenir dans son cceur, il su^ra de lire ce fragment d'une de ses lettres à madame de Main-
tenon : « Est-il jaste ^ que tandis qae les plus vils ^lIY. » de tous les prélats font des maiidemetis , un cardinaiJe » archevêque de Paris n'ait paS le droit d'en Noailles à
madame de
» faire ». Il est affligeant de trouver de pareilles Maintenon,
expressions sous la plume d'un prâat aussi pieux, ^ ™^ '7 et qu'elles portent sur d'autres prélats dont il pouvoit avoir à se plaindre, mais dont personne ne contestoit la piété , et qui , dans leurs démarches même les moins agréables pour le cardinal, pouvoient être accusés d'un excès de zèle , mais n'avoient jamais été soupçonnés d'aucune vue d'intérêt ou d'ambition.
Telle étoit la fâcheuse position où il s'étoit mis, qu'il ne faisoit plus qu'obéir malgré lui au mouvement qu'on lui imprimoit. C'est ce que Fénélon exprime énergiquement en peu de mots. « Le l'Cfre de » parti qui le gouverne le flatte de vaines espé- ducdeCheî> rancës de réputation et d'autorité plus grande, creuse, 7 juil-
. let 1711.
» Le parti aime mieux compromettre son pro- (Mamucr.) » tecteur que de s'en voir abandonné ».
Mais la malveillance même de ses ennemis of- l^ettres infrit tout-à-coup au cardinal de Noailles une occalùon inespérée de réparer toutes ses maladresses,' de justifier tous ses procédés, et de produire au grand jour les manœuvres ténébreuses dont on osoit se permettre l'usage pour le décrier, ou du moins pour exagérer ses torts.
4l4 HISTOIRB DB FÉHÉLOlTy
On n'a jamais su exactement comment on tftoit parvenu à faire tomber entre les mains du cardi* nal de Noailles un paquet ouvert , qui renfermoit des lettres que Fabbë Bochart de Saron écrivoit à son onde Tévéque de Clermont (0 ^ il lui mandoit qu'à la suite d'une conférence qu'il avoit eue avec le père Letellier, il étoit convenu de lui adresser le modèle d'une lettre au Roi, quHl lui' proposoit de signer, et qui renfermoit les plaintes
les plus fortes de la conduite du cardinal envers les évêques de la Rochelle et de Luçon ; à cette lettre étoit joint le modèle d'un mandement , qu'il l'invitoit également à signer, et qui condamnoit le livre du père QuesneL L'abbé Bo* cbart prévenoit en même temps son onde qu'un grand nombre d'autres évéques. se disposoient à publier desmuidemens rédigés dans le même esprit, et que le confesseur du Roi prêteroit tout son appui à ce mouvement général du corps épiscopaL Le cardinal deNoailles se hâta d'envoyer toutes ces pièces au Roi et à M. le duc de Bourgogne^ alors dauphin, et qui étoit chargé d'accommoder la querelle de ce prélat avec les deux évêques. Elles firent la plus profonde impression sur Kes* prit de ces deux princes ; et il n'est pas douteux
(>) Fnmço^ Bochart de Saron, nommé àl'éyéché de Clermoat #n 16S7» mort le 11 ao&t 171 5.
Ijue, s'il eàt.bien voulu s'en reposer sut leur équité et en. attendre les effets ^ il n*eût obtenu la justice la plus éclatante.
Ses ennen^is consternés s'attendoient à tout y et ses amis annonçoient hautement que le renvoi du père Letellier paroissoit être la moindre satisfaction qu'on pût accorder à un cardinal , à un ar* clievéque de Paris si cruellement outragé.
On ne concevra jamais comment ce prélat, qui étoit à portée de recevoir de madame de Mainte* non les conseils les plus utiles et les plus conve-^ nables à sa position, préféroit toujours de s'abandonner aux inspirations aveugles du parti qui Tobsédoit Sans attendre la satisfaction qui lui étoit due^ et qu'on étoit prêt à lui rendre , il hasarda la démarche la plus propre à blesser les sentimens du Roi, et il eut le tort de donner à un acte de son autorité épiscopale toutes les formes d'une vengeance personnelle; il retira tout*à-coup les pouvoirs à la plupart des Jésuites qui exerçoient le ministère dans le diocèse de Paris, et il allégua pour motif d'une interdictioa aussi subite et aussi éclatante, « qiiils ensei^ » gnoient une maui^aise doctrine , et çuils sou- » leif oient le troupeau contre le pasteur ».
Mais comme l'observe Fénélon dans un mémoire particulier que nous avons parmi ses ma-*
4l6 HISTOIKC 1>C FÉHÉLOHy
nnscrîtSy et comme robsenroient avec Féaélon un très-grand nombre de personnes entièrement d&intëresstfes dans ces tristes débats (*) : « Com- » ment se faisoit-il qoe eette mauvaise docirine » n eût point empêché le cardinal de NoaiDes de » confier des pouvoirs aux Jésnites depuis plus de » trente ans ; et s^its soulet^ient le troupeau contre » le pasteur, une accusation aussi grave exigeoit Tê des preuves y d'autant plus faciles à recueillir , » qu'une pareille tentative supposoit nécessaire- » ment des actions, des^ discours ou àes écrits n qu'une information juridique ou du moins une » manifestation publique pou voit mettre au grand » |our ». Le cardinal ne pouvoit prétendre qu'un reste de ménagement pour un corps religieux lui commandât cette réserve; l'accusation et la punition étoient publiques, les preuves seules ne l'étoient pas.
Au reste, ce n'étoit pas Fénélon seul dont le témoignage pourroit parottre suspect, c'étoient les amis les plus sincères du cardinal de NoaiUes qui lui reprochaient l'inconséquence et l'imprudence de sa conduite. Madame de Maintenon , qui assurément n'aimoit pas les Jésuites , lui écri- XV. voit : « Vous ne vous tromperez jamais, Monsei- ^^^ 1® » gneur, sur ce que vous appçlez mes bontés; je
(0 BSantucriu de Fénélon.
)»ne
» ne pt^s jamais cesser de respecter mon ar<^e<- Maintenon » vaque, d'estimer .vos vertus; et, siâe Tose dire^ *" cardinal
* ^ ' ' deNoailles.
» d'aimer votre personne '; onads il est vrai qQ« n
» tojus ces sentimens. ne me donnent plus que de » l'amertume. Je ne répondi^ai point à tous les » articles .de votre lettre^ parœ.^^e nous les » avons traités iOent fois inutilement.il y en a un » ;que vous ne toudbez pas, Mâoseignevir , qui 9 est celui des Jésuites^ ^que le Roi ne ^regarde pas » comme intéressant votre conscience , ipais 3> comme ^une pure vengeance que ^voug pon-viez •») lui sacrifier, soit -que «vous s^ez voulu qn eifet » vous venger ou les puiûr dé leur manque de »i reqpect pour vons...» .Mon cœur ne peut se ré- » soodre à vous flatter. Monseigneur, et mon » re^ct ne me pennet pasdem'expliquer sincè^ » rement. Vous traitez l'aiTaire des Jésuites d'a-f^ » faire spirituelle, et le |t.oi la regarde compie » un procédé particulier, comme une vengeance i> . contre des gens qui vous ofiensetent , et <]ui )> vous ont offensé en ^ffet. C est le ressentiment » de cette vengeance que je 'voudrois que vous » sacrifiassiez à ce que vous lui .devez, et àTa-^ » mitié qu'il a t-oujonrs eue pour vous. Car de D dire ^ue les Jésuites sont incapables de c^nfes- D ser, il n'est pas possibie quiîs soient devenus tels » dans un moment; s' as sont dons une intrigue Féhélon. Tom. m. 27
4l8 HISTOIUE DE FÉNÉtON.
» contre vous, ce rie sont que quelques particu* » tiers, et vous faites affront, à tout le corps à » quLvous faites, un crime de ce quil se dit inno^ » cisnt ». '. .
Je ne sais si Ton sera assez frappé de l'idée que ces lettres de madame de Maintenon doivent donneir de la modération de Louis XIY* Cette l]aod^ration étoit en lui Fadmirable ouvrage de la religion. Ce prince, si puissant et si absolu^ l^especte dans le cardinal de Noailles Vautorité de son ministère religieux; et dans le moment où le prélat exerpe un acte de juridiction ecdéfiiastique qui lui cause le plus sensible chagrin , le. monarque ne laisse apercevoir que le chré* tien; il oublie qu'il.peut punir et se venger; il se borne à faire intervenir le langage « de Va^'
mitié.
L'esprit de parti se platt toujours. à attribuer à des motifs d'intérêt ou d'ambition la conduite pt les, opinions àe& personnes qui lui sont opposées; on ne manqua pas en conséquence de prétendre que Fénélon étoit inspiré par le désir secret de ménager le crédit des Jésuites pour faciliter son .retour à la Cour et aux affaires.; mais Fénélon çonnoissoit trop, sa position personnelle, et la. disposition de la Cour à son égard , ppur concevoir des espérances sans objet. Nous n'a«
LIYRE SIXIÈ^ME. 4^9
voQS pas .besoin d'ajaiiter qu'une ame telle que Igi sienne étoit sûpépieure à<Ie'si viles combinaisons; il n'ignora pas cependant ce qu'on •afièctoit de répandre au sujet de ses liaisons avec les Jésuites. Nous Ripn^ parmi lés lettres. manuscrites qui nous restent de lui , celle qu'il éorivoit à ce sujet à Fun de ses aitiis. Il »'y explique avec une candeur y qui permet d'autant moins de douter de sa sincérité^ qu elle s'accorde entièrement avec .tous les détails de sa conduite publique et privée. « Le parti dira , tant qu'il lui plaira , que je me » livre aux Jésuites par politique ; c'est ce qji'ils ne » manquent jamais de dire de tous ceux qui ne » favorisent pas leur doctrine : ils veuleat que 31 personne ne puisse parler autrement qu'eux > » qu'en trahissant sa conscience pour plaire à » une société qui a du crédit.
» Mais les personnes équitables verront sans » peine combien je suis éloigné de rechercher ^» les Jésuites par politique. Je suis véritablement » leur ami, comme il convient que je le sois. Je » leur fais plaisir en ce qui dépend de moi, comme ,9 je tâche d'un autre côté d'en faire aux gens qui » sont prévenus contre eux. Ma disposition est de >y vouloir obliger tout le monde , autant que mon » ministère me le peroiet. Mais les Jésuites ne » gouvernent rien dans mon diocèse^ ils .n'ont
4^20 RISTOIEE DE FÉNÉI^ON,
» part à aucuiie afiàire.; j'ai un vicariat composa 00 de persoanes du ipvys qui n'ont aucune liaisoa » avec :euK« D'ailleurs , €iî -quelque Jé$tHte Ëiisoit » dans mon diocèse qiielqueifauteioii sur le dogme, » ou sur La. morale^ je senois pb»^ portée de le » reptrendre fortement , et d'engager sa compa? » gnie à le corriger^ qu'un autre 4véque qui sie-, » roit moins bien avec eux 31.
Nous aimons même à voir Fénéton , malgré sa disposition favorable pour les Jésuites ^ les Mâuier de s^ servir de leur crédit pour nuire au cardinal de SToaiUes. C'est dans \çs circonstances où Tesprit de parti dénattire trop souvent tous les senti* mens y égare les jugemens , et cherche à se couvrir jde moti& spécieux pour exercer des animosités personnelles , qu'on voit l'homme vraiment vertueux se montrer tOda|ours aussi fidèle à la justice qu'à ses principes^ et aussi ân^rtial pour ses amis que pour ses ennemis* XVI. ^ ^^ seroisfâofaé^ écrit Fénâon an duc de Che*
Lettre de 3, vreuse, que les Jésuites fiissent la catise de la
Fénélon au *
ducdeCKe* » mauv^e situation du cardinal de Noailles au-
vreuse,3dé- ^^ x^ ^^ |^^^ q^ ^^ j^^ ^ ^^^ ^ reuduS
cemb. 1711. * t ^ u
(Manuficr.) » odieur comme des gens qui accablent tout ce » qui leur résiste ; ceci les rendroit encore plus » odieux. Les Jésuites doivent paraître humbles 9 et contens dans leur interdiction ; ils doivent
LIVRS SIXlàHE. 4^'
7> supplier le Rot de compter pom* rien leuv r4^ n puiation et leurs» krtérêtSy pour ne ^^twkÈe^ » (]ti*à \a> sûreté dé la foi et ami veivverseineiM du » pairti qui est si redoutabiie à l'ËgHse et à FEtàt ; » ce procédé Eem* fera bonneu^ auprès dé Sa Ma- » jesté et dams U pàbli^^
^^ » Quandile poliKe supposé cjnHl ne s^agit que Du même au » du refus des pouvoirs ôféis aux Jésuites, il est ™^™f''9d^-
* ' cembreijii.
« iindîgné dd cis quanti téï refila é^ la cause de là, (Manuscr.)
» disgrâce àkk cardinal; ouf lé régat^de comme im
» prélat courageux cétitiré )a; Gour, que les Jé>^
I» suites oppriment par vengeanée. Il faut éeartet*
» cetCe querellé part iéuKère qui fr'iâtéréssé rfu^Hti
-ii ordre religieux : c'est aux J^fsuites' à soû-ffrir
» avec patience él ImnrifKf é ; riew ne peut leur
» faire tant d'konné^; ifls eut besoittde fnonfrer
»^ cômbiéâi ite sbiit patieài^; ils Ae d^iveM point
Si soufirir que le Roi s'écbMifi^ sut cet article ».
Il eèt: ^é stsswéÉûieM à désirer pùv» TiAtérét m^mé des jésuites , quUIs^ se iussenf bieh péi^-» très dé la sagesse d'mi pareil con^eilry el qtfih y eussent ^conformé leur conduite.
Cétoit avec la même modération et la^méme xvn. impartialité que Fénélon invitoit son ami, loduc ^^ Fénélon de Beauvilliers, à tendre une main saoottpd^le «^^y^^s le
cardinal de
au cardinal de-Noaillesy et à aui>lier les-sùjefls de Noailles. plainte qu il leui^ avôit donnas à Yvai et à Fautre ;
4aa BiSTOUE DE FinÉLOH,
car, par une suite des vicissitudes si ordinaires dans les Coin^, le dac de Beanvilliers se trouvôit en ce moment arbitre de la destinée du cardinal de Noailles sur l'affaire du jansénisme, comme le cardinal de NoaiUea l'avoit été de la sinine sur l'afTaire du qaiétîsme ; le' Roi se proposoit de terminer, par un accommodement, la que-*relie de ce prélat avec les évéques de la Rochelle et de LiiçoQ ; et U avoit chaîné M. le dUc de Bourgogne^ alors dauphin , d'en être lé média' tear. Ce jeune- prince s'étoit associé, dans cette commission, l'archevêque de Bordeaux ('), Tévêque de Meauz W, le diancelier de Pootchar-' tmn, le duc de Beauvilliets et M. Voisin (^). Aussitôt que Fénélon fnt- instruit de cette disposition , il s'empressa d'inviter M. de Beauvilliers à écarter tous les souvenirs qui pouvoient lui être restés de leurfti ancieni^ discussions, à ne voir en lui que son pasteur et non l'adversaire de l'archevêque de Cambrai} il l'averUt qu'il doit uniquement se considérer comme juge et média-
(>) Armmd Bazin de Beioiu , noauiié k rarcherJché de Boi^ deanx le 99 mara 1698.
(*) Henri de Thyatd deBUqr, érfquede Meanxdepuû i7Ci4> et cardiiial en t^iS. '
(>) DaDtel-FrançoU.Toiain , alors miniatre de la guerre , chon? ïdiei de Ftance en 17141 moitié a farrier 1717.
iiVRE SIXIEME. 4^î
teur dans une affaire pénible et délioatë , et qu'en cette double qualité il doit ces égards , dont la qualité même de juge ne dispense pas, ^ns une contestation qu il importoit encore pj^s de ter^> miner par des voies de conciliation que par des actes d'autorité.
« Je vous prie de dire à M. de Beauvillieïs^ xvni. » écrit Fénélon au duc de Cbevreuse, qu'il me^,^"*^®"^®
* Fenelon au
» paroit qu'il doit faire des pas ^^ans la conjonc-* duc de Che-
» ture présente y vers son pasteur ^ pour lui mar- J^^ ' ^
» quer vénération ^ bonne volonté et 2èle, sans (Bianuscr.)
)> entrer dans la matière ^ si le pasteur le presse
)> d'y entrer, il peut lui faire les objections de
M ses parties et lui demander éclaircissement : il
» faut dc'la douceur, des ménagemens, et enfin
» de la sincérité pour éviter de la flatterie, sans
» aller jusqu'à dire des vérités qui blesseroient
» sans fruit : voilà ma pensée ».
Une pareille conduite étoit sans doute trop conforme aux maximes et à la droiture naturelle de M. dg Beauvilliers , pour que Fénélon eût besoin de la lui tracer; mais pouvoit-il être une occasion où l'ame de Fénélon ne se montrât pas telle qu'elle étoit, douce, indulgente et supérieure à toutes les passions vulgaires.
Le caractère que développa M. le duc de Bour^ gogne dans le cours de cette afiàire, montra un
4^4 HISTOIAB DE FÉNÉLON,
digne âève de M. de BeauvSliers et de Fâ^on ; il mit tant de mesave dans ses procèdes, tant de patiel^ice dans la* discussion des faits ; il manifesta des connoîssances et une pénéUralioii'Si étonnaûte dans des questions étrangères à* son âgse, à son ëtat et à son rang, qu*il força, ceux mêmes* qui étoient le plus prévenus- contre lui , à adteireii^ dans ce jeuneprince une raison si supérieure et si prématurée'. 1A v^dit une déeiision' arbitrale qui, dans lé premier moment, fut adoptée avec respect et reconnoissance par ïes deux parties, et regardée, pal* chacutie d'elles , comme un jligement en sa faveur; bonlieur bien rare dans des discussions de ce genre, où' Ton avoit k se reprocher des deux eôtésdes procédés peu convenables (0.
(x) Nous avons entre les mains toutes les pièces originales de cette négociation ; on y trouve plusieurs lettres de la' main de M. le duc de Bourgogne^ eHes sont une nouVeÛe preuve de Ui sagesse, dbs lumiérefir et deS' mres oomiftissancès.<{|ii dUtinguoient ce jeune piince. Les principaux articles de la déctôiou* qu*il avoit rendue, pour terminer Tâfiaire du cardinal de NoaiUes et des évêques de la Roclielle et de Luçon, portoient (]ue le car-^ dtnal de Noàilles permettroit la lecture du* mandement des deux évéques, et qn^il' raanifesteroit par un- acte public son imprûbatiou du livre du< père Quesnel;. que les deux évéques, de leur cdté , écriroient au cardinal de Noailles une lettre de satisfaction sur celle qu'ils avoient écrite contre lui au Roi; mais cette lettre ne devoit étire reihise au cardinal que lorsqpi^il auroit rempli les deux premières conditions.- la mort imprévue du duc de Boor-
LIVUE SIXIÈME. 4^^
Mais un des articles essentiisls de cet acte de médiation portoit que le cardiiiial s'expliupaeroit sor le livre du père (^esnel, diaiis une forme assez dàire et assez anathentique pôur ftiire connoitre au public qu^il en improovoit la doctrine. Un malheureux point d'hoâiieup ne lui permit poiût èd se conformer k cette cKspositi'on avec' Tempressement et la facilité q^ue Fon- d'ésiitoit ; il^ Itii en coûtoît de rétracter le^ éloges qu^il avoit donnés Ois qufbn dVo4t donnés^ soûs^ soû nom à' cet ouvrage : cependant y un parieil désaveu n'esf pas toujours une contradiction avec soi-même.
L'histoire ecclésiastiqtie oi&e un grand nom-^ bre d'exemptes de jugemens portés contre des^ livres qui avoient été long-temps- accueils avec faveur. Une pareille considéi^ation ne pouvoit donc pas^ arrêter îe cardinal cte Noailks; et nous ven ôns en effet que, peu dé temps après , il crut devoir faire de son propre mouvement ce qu'il avoit reftisé de faiî'e par condescendance.
It est pliis" vraisemblable que, dans l'état dir-
gogne arrêta rexéculion de ce plan, et Fâge déjà trés-avancé de lîoitîs XIT pertnit au eardinal de Noafllbs de préférer les incer^ titudes de Fiweilir à la;aecessité actueUb dcHoemplûr un engage»' m^it qu il regard(Ât comme une- sorte dlhiuniliation. H parvint à établir une suite de négociations qui le conduisirent jusqu à la mort de Louis XI Y, et alors les choses changèrent entièrement de face.
4^6 HISTOIRE BE FÉniLOir,
ritation où il se trouvoit alors, il ne voulut pas accorder à ses ennemis la satisfaction de triompher de sa résistance. Il déclara à M. le duc de Bourgogne qu'il avoit besoin de temps et de ré^ flexion pour examiner si le livre renfermoit les erreurs qu'on lui reprochoit ; il se flattoit que le' cours naturel des événemens pourroit amener des chatigemens en sa faveur ; il étoit d'ailleurs dans son caractère de se jeter dans l'avenir pour échapper au présent; mais les clmngemens qui survinrent ne servirent qu'à rendre sa position plus difficile et plus embarrassée. M. le duc de Bourgogne mourut (0 y et le Roi voulut que le cardinal se décidât : il lui remit un mémoire par lequel il ne lui laissoit que l'alternative de satisfaire aux conditions prescrites par M. le duc de Bourgogne y ou de se soumettre au jugement du Pape. Il parott même que les propositions, ren« fermées dans le mémoire du Roi, étoient un peu moins favorables pour le cai^dinal que celles dont il disoit être convenu avec le jeune prince ; le cardinal fit des observations sur ce mémoire , qui en étoient plutôt une satire qu'un examen respectueux. Le cardinal de Noailles avoit éclaté en reproches sûr ce que les évêques de la Rochelle et de Luçon avoient rendu publique leur lettre
(O lie 18 février 1713.
LtVKC SIXIÈME. 4'^7
au Roi :*il se permit lui-même un tort bien plus grave. Les deux prélats, obligés d'employer une main intemtédiairé pour faire parvenir leur lettre au Roi j ne potivoient en eiSst être responsables de la publicité qu'on lui avoit donnée; cette' letti'e d^aiUeurs pouvoî* être ofiensantè pour le' cardinal; mais elle ne rénfermoit rien que de respectueux pour le Roi. Le cardinal de Noailles au contraire y ai voit reçu> de là main dû Rorlui« même, le mémoire auquel il répondait j et il lui avoit remis directement sa répoQse ; elle ne pouvoit être devenue publique que par Findiscrétion' du cardinal lui-même , et cette indiscrétion étoit une véritable offense. Cette réponse renfermoit en effet des réflexions très^hoquantes pour le Roi,: qu'elle représentoit comme rinstrument aveugle et passif d'une haine étrangère : on doit juger si' une pareille conduite acheva d'irriter Louis XIV.
Nous avons , parmi nos manuscrits , des observations de Fénélonsur cette répod&e du cardinal} dles sont sévères, mais elles paroissent justes. Toute sa conduite offroit une suite d'inconséquences et de contradictions que la malveillance de ses ennemis- pou voit Aire excuser* et ne- pourvoit justifier.
Le cardinal de Noailles y en refusant au Roi de souscrire aux moyens de conciliation, arrêtés par
4^8 HISTOIRB DE FÉKÉLOlTy
M. le duc de Bourgogae , avoit dëdarë qu^il préféFoit de 8*ea rapporter au jugement ^ue le Pape porteroiè sur le livre du pèi^ Quésiiiel^ et s*èngageoit formellemeût à s*y soumettre; ear on ne saoroit trop faire' remarquer qae ce fut le cardinal l^i-méme qpi fut le ^emier à pro^vo^er ce jugement au Pape^ qui parut un an âppS&, sous le titre de constitution Unigenitiu b)r \
On avoit d'abord désire de terminer en France ,
(0 Le cardinal de Noailles 'avoit en effet déclaré dan^s sa ré- '
ponse au Roi, « que si N*. S. P. le Pape jngeoit Ir pi^opos de' cenj» suret le livM du péro Quesnel dans ks formes, ii reeetnroU sa » constUuUon et sa censure awec tout le respect possible f qu*ii 3) seroit le premier à donner l'exemple d'umt parfaile soumission » d* esprit et de cœur; qu^il se feroit une vraie joie de profiter » des instructions que Sa Sainteté ani\3tt données'^ et qu^iitien- » droit à hcmneor de parler oorractemeiktsurdeâtttiatîiéreB sidé->
» licates et si importantes Rien^ ne convient donc mieux quo
» éPattendre le jugement du Pape, auquel il sera très-soumis f V que le Pape est son supérieur ; qu'il ne peut que lui être hono^ » rable de se sonm^itire à ses défdshnlt »-.
Un de» ]iioti& «jpll le cardinld' deNoaitte» doBabii dans- cette' même réponse au Roi,, pour se refuser à condagmer lui-même le père Quesnel, étoit', «c qu'il ne pouwoit le cçndamner sans » marquer eh détail les propositions qu'if auroit jugées dignes » de censure; que Ie-Fa)^e ti*évailloit'ak;ttiéfiieiiientsren'e3ctraire; » que s^il (le cardinal de^NcaôUes): en mettoit dans* sa eoadam* » nation plus ou moins, s^il en choisissoit d^autreâ que celles 9 que le Pape auroit jugées dignes de censure, ce seroit le com^ » mettre, et donner lieu aux esprits inquiets à de longues dis^ 9 putes ». (Manuscrits.)
LIVKE SIXIÈME. 4^
cette malheureuse querelle, sans recourir k Tautoritë de Rome. 'Qi!ieU)iies explicatîoos simples et faciles pouvoient tirer d*einbarras le carénai sans compromettre son honneur et ses principes ; mais il lui parut mains humSiant de souscrire à la <lëcision de son supérieur -que 4le re>i^enir 4e lui«« ^me sur ses premières démarches. T^Mit-es ces contradictions de Tanour-propre nepeuiwat s'expliquer que par les inconséquences de l'e^it hu* main ; mais les suites en furent bien funestes à la tranquillité de l'Elglise et de TEtat; elles p<x>dttisirent des discussion» intermiaaUes et «ne gi»erre scandaleuse de cinquante ans.
Quelque mécontent que f(it hoai^is XIV de la conduite et des procédés du cardinal de Noailks, il se borna h, lui retirer les marques de la con* fiance particulière qu'il étoit dans IHiabitude de lui donner. Il évita même d'ajouter à ce refroi-^ dissement le caractère dune disgrâce publique , et toute sa famille continua à jouir à sa Cour de la même faveur et de la m^e considération dont elle étoit depuis si long*temps en possession.
Mais la maréchale de Noailles tO n'ëtoit pa$
(0 Marie-Fron^ise de BoumonviUe, fille du duc de Boumonyille, gouverneur de Paris, et de Lucrèce de la Yieux-Ville; elle avoit épousé le i3 août 1671 Ânnes Jules, duc de Noailles, ■oaréclial de Frauoe, mprt le a octobre 1708.
43o HISTOinS DE FÉnÉLOMy
tout-à-fait exempte d'inquiétude sur les dangers qui pouvoient menacer sa famille ^ si les ennemis de son beau -frère savoient. profiter de sa maladresse et de son obstination pour achever d'irriter le Roi ; elle avoit beaucoup vu Frelon pendant son séjour à Versailles : la disgrâce de l'archevêque de Cambrai et les événemens qui l'avoient suivie^ n*avoient pas entièrement interrompu cette correspondance d'égards et d'attentions que l'usage du monde et de la Cour invite à conserver malgré les rivalités de l'ambition et de l'amour-propre. Fénélon avoit eu essentiellement à se plaindre du maréchal de Noailles qui avoit affecté de dire hautement ^ue Télémaqueéioitun véritable crime contre le Roi. Mais l'arcfaevéque de Cambrai n'avoit pas cru devoir rendre la maréchale responr sable des torts de son mari ; et de son côté , elle avoit profité sans affectation de toutes les occasions qui avoient pu se présenter pour lui faire parvenir des témoignages constans de son estime ; elle avoit surtout extrêmement à cœur de le i^concilier avec le cardinal , ou du moins de l'en rapprocher; mais cette réunion étoit devenute infiniment difficile ; le cardinal s'étoit déclaré contré Fénélon , dans le cours de ses démêlés avec Bossuety d'une manière trop éclatante pour qu'il n'en eût pas été blessé , et quoique ce prélat n'eût
LITRE SIXIÈMC» 4?I
pas mi$ daas ses pourauites et ses écrits la même chalepr et la même amertume que Bossuet, on peut dire qu'il avoit peut-être plus contribué à accabler Fénélon, par. son crédit auprès de madame de Maintenon , que Bossuet même par son génie et. son éloquence. Lorsque Fénélon eut été condamné, lorsque. sa soumission auroit dû faire taire toutes les haines et toutes les rivalités , le cardinal de Noailles ne lui avoit pas donné le plus foible témoignage d'intérêt et de satisfaction sur une conduite si, honorable pour toute TEglise de France. On a vu que l'évéque de Chartres^ quoique associé au cardinal et à Bossuet dans leurs accusatjions contre le livre de Tarchevêque de Cambrai, s'étoit au contraire empressé de lui exprimer son admiration et sa joie.. Le cardinal s^étoit dpnc toujours maintenu dans la plus froide réserve à son égard , et dou^e ans s*étoient écoulés sans qu'il recherchât, une seule occasion de lui donner quelque marque de son sous^enir. II. semblqit au coïitraire avoir recherché toutes les oc* casions de soulever contre lui Fopiniçn publique. Nous avons rapporté comment le cardinal dç Noailles avoit tenté vainement d'exciter l'assemblée du clergé de 1705 contre Tarchevêque de Cambrai.
Cependant les choses avoient changé de face \
43a HISTOIRE DB FÉKÉLON^
du sein de ïcsâl et de la disgrâce ^ Fënâon ^toit parvenu à ohteiûr la cottsidératioai la pkrs générale et la f>lu^ honorable. La laveur, du oardisal de NoaiUes étoit ^u contraire sensiblement baissée ; et le soupçon 4e ses liaisons avec le parti janséniste , Tavoit précipiié dans une suite de feusses mesiures dont il navoit jamais sa -se -tir^r à son avantage. La maréclude de NoaiUes, Tune des femmes de son temps ies plus haUIes dans la scienceide.la Cour, :wy4Mt avec iiMfuiétude s'éleva un orage violent conlireson beau4î?ère; elle avoit perdu son mari en 170^, et Féa^iHi s'étoit em« pressé de s acquitter ^ envers elle, d'un devoir qu'il étoit naturellement porté k lui rendre > par un véritable sentiment d'intérêt pour sa personne et par le souvenir de leurs aficiencies liaisons. E31e crut cette ctroMistaace favorable pour ménager un rapprochement eutr« l'arohevéque de Cambrai et ie cardinal de NoaiUes ;«n répondant à saletti^^ elle lui £t insivuer, par «un ^mi commun (l'abbé de Salians) , que rien nepourreit jamais lui être plus agi^éahle que de voir Fénél<m exprimer, à son fils et à son beau^-firère , ses regrets sur un malheur ^ui les aSecjtoit autant qu'elleméoie ; Fénélon «e fit aucune difficulté d'écrire au jei^ne duc de NoaiUes une lettre de compli*
ment sur la mort eu maréchal son père ; mais il
ne
' LIVRE STKIÇMC. 433
ne crut pas devoir se rendre au désir de la maréchale pour ce qui concemoit le cardinal : on ^X»
1 • ./* 1 o \ ^ 1 Lettre de
voit les motifs de son refus et dé 6a reserve dans Fénélon à sa réponse à l'abbé de Salians: ott y reconnoît ^J^}^^ ^®*
^ "^ Salians.
^«tte juste mesure de raison, de fermeté et même de fierté bien placée , qu'il savbit* toujours conc^lier avec les égards et la politesse dus à une femme telle que la maréchale de Noailles. On re^marque même , dans cette lettre , cette impression sensible et délicate , que Tame de Fénélon éommuniquoit à toli^ ses écrits. « 11 sied toujours Lettre du « bien, aux gens en proispérité, de prévenir les (MaiLcrV » autres, mandoit Fénélon; et aux gens en* dis- » grâce, d'être réservés et* sans enijw^ssement ; » en me laissant oublier par M. le cardinal de » Noailles, je ne fais que suivre sa détermina- M tion et demeurer dans la situation oii il m'a » mis à son égard »; * ^
On voit , par une seconde lettre qu'il écrivit à Tâbbé dé Salians^ éotnbieti la maréchale et lé duc de N^illes nieltoîent d'int^êt à ce rapprochement; ils se bornoient à désii'er que Pénéloïl leur écrî^tt dé Inarilère à donher au cardinal dé Noaflles la facilité dé Iiir faire quelques avances, eette secondé tentative né fût pas plus heureuse que la prcmièi-e ; FAiélan vouloit « qu'en se réùi» nissant on tke laissât rien subsister d'ambigu ni Fénélon. Tom. iii, 2$
4^4 BISTOI&E 2>;B VtJSÈLOIÊ,
Du 5 jan- „ d'équivoque sur la marche qu'ils se proposa (Manuscr.) » roieutTun et 1 autre de suivre dans les affaires i> 46 la religion : la pli^ légère incertitude ^ sur ua » point si délicat y en venimeroit au lieu de réunir » les cœurs. Il ne comptoit.pour rien tout ce qui D-nUroit qu à ides honnêtetés vagues y saos réta** » blir le fond ». On trouve,. dans cette seconde lettre, les mêmes égards i la même dignité et ce détachement religieux <le toutes les choses de la terre , si convenable à son âge et à sa situation.» IbiidL ce Le monde ne m'est rien, mon cher abbé, et il » est trop tard pour commencer à devenir poli*r ». tique. Je suis vieux, infirme, désabusé des » hommes, content 4^ mourir en paix .loin de » leur agitation -». »
Malgré le.peu.de succès de ses prémices tentatives, la maréchale de Noailles avoit, toujours conservé un vif désir de réunir les. deux pi^atsj maisv tant que M. le duc de Bourgogne vécut., elle s'abstint de feire de nouvelles démarches; .un juste sentiment de délicatesse lui fit craindre qu'on ne les attribuât à la prévoyance de l'avenir et ajA désir secret 4e ménager à sa famille l'appui de Fénélon. Toutes ces nuances, si imper-. Qeptibles , sont plus indiquées que marquées dans la lettre qu'elle lui écrivit le aj.mai 1712; elle y laisse apercevoir, arvec beaucoup d'art et dd
mesure^. les sujets. de plainte que le cardinal dis ly.oailles pouvoit également avoir à lui repra* cher ^ mais elle évite de trop appuyer sur des points aus$i délicats^ pour .ne pas tourner en récriminations des explications dont elle se pro* posoit de faire un moyen de rapprocheiçent.
a Je me trouve , Monseigneur^ dans le moment XX. » que je souh^ te; depuis si long-'temps : je vais [^nilr^chak » profiterjavecune sincérité^!la/w<i«£fe (0, de la deNoaOles à » voie de M. l'abbé de Polignac W pour m'ex- ^«di^ia/^ ^ pliquer avec vous sans réserve. Je commence (Manuscr.) » par avoir rhonn^ur de vom3: dire que je n'ai fait 9» aucun usage devos lettres auprès de M. le car* 3» 4iaal de Noailles, quoiqu'elles <li:^isent être suf* » fisantes pour le rendre content, de vqs sentimens » sur son sujet ^ s'il n'avoit des impi'cssious que » je ne puis.4ti:e en état de •détruii'e sans \votre » secours. Au milieu du désir dépotesuré que -j'ai )» de vous réunir y je.conseiive assez de prudence j» et de délicates^ pourvue vouloir point ivous )) commettre ni l'un :ni l'autre^ Je coUDois asses >»^es sentimens et. le Coud de son cœur pour être
(0 Lamaréchàk deKoaifles ë toit de la maison de Bouk'non» ville , originaire de Flandre.
(*) Depuis cardinal de Polignac , et alors ininistre plénipotentiaire du Roi, au congrès d^Utrecht) avec le marëcbard''HiijieUeff et M. Ménager. .
» assurée que je ne trouverai nulle difficulté de s4' » part y quand tous in*aurez mis entre les main& » de quoi efiacer Topinion que Ton a voulu lui » donner^ que vous avez été un des principaux » mobiles de toutes les mortifications qu*on cher* » che à lui donner depuis long-temps.
n On Ta assuré que vous aviez part à la dénon- M ciation (0 qui a été faite contre lui et M. de » Gbâlons ; que vous en aviez eu aussi aux mann démens des évêques C^) ; qu'il ne s'est rien fait » sur ce sujet que de concert avec vous. Je vous » demande y Monseigneur^ sur tous ces points, M un éclaircissement ou une réponse par oui et » par non, parce que je veux pouvoir affirmer en » conséquence de la réponse que vous voudrez »• bien me faire.
» Il s'est mêlé bien des gens dans cette affaire j » que vous croyez peut-être de vos amis plus qu'ils » ne le sont (3) ; nous démêlerions les motifs de » leur conduite dans une conversation ; mais ce » ne peut être dand une lettre.
» J'ai prié M. de Ghevreuse , dès le cotaimen-
(0 n s'agissoit d'une dënpiiciation faite contre la ThéohgU de M. Habert, dont le cardinal de Noailles et Févéqfue de Chà« lons son frère étoient les protecteurs.
^*) Des évéques de la Rochelle et de Luçon.
(^) La maréchale de NoaiUes ?eut indicpier les Jésuites»
A cernent des lettres des deux évéques, d^entrer » dans cette affaire, sachant déjà ce qu'on avoit » dit de la dénonciation, et jugeant bien que Ton » y mêleroit votre nom. Je n'ai pu tirer de lui » que la réponse froide : qu'il avoit d'autres af- » f aires et qu'il ne savait rien de celle - ci. Il a » continué ce langage jusqu'au bout, quoique je » susse ce qu'il faisoit jour par jour.
» J'ai été tentée cent fois de vous écrire ; mais » je n'étois pas sûre qu€ mes avis fussent reçus en » bonne part, et je pouvois craindre que ceux }) qui ne souhaitent pas notre union ne les impu*- » tassent à des vues intéressées. L'objet (0 n'en » subsiste plus pour vptre malheur et le nôtre. » Ten tire l'avantage de répandre mon cœur avec n vous sans craindre d^étre soupçonnée. J'aurois » peut-être dû le faire plus tôt ; el si vous n'avez » pas oublié l'opinion que vous aviez de moi, » vous devez vous souvenir que je suis trop glo- » rieuse pour être esclave de la faveur. Vous me » reprochiez même de trop suivre mes goûts; je ne » me suis corrigée ni de l'un ni de l'autre ; j'aime » bien véritablement ce que j'aime, et je ne sache 9 point de bien plus doux et de plus solide dans la » vie. 3i une personne, pénétrée de ces sentimens,
(0 M. le duc de Bourgogne étoit mort le i8 février précédent
438 HISTOIBE DE FÉlTÉLON,
» VOUS paroît plus digne qu'une autre d'être votre 3> amie, vous réprouverez telle jusqu'au dernier » moment de ma vie ».
Cette lettre plaçoit Fénélon dans une position très -pénible entre l'amitié qu'il avoit po\ir la maréchale de Noailles et la fidélité qu'il devoit à ses principes. Où verra, par sa réponse, qu'il eut besoin de bien étudier et de bien ménager toutes ses expressions ; il ne pou voit être insensible à un procédé honnête, ni se montrer in juste envers fUne femme distinguée dont il n'avoit jamais eu qu'à se louer.
Il nie lui convenoit' point d'affecter une dissimulation trèS'Opposée à son caractère; Fénélon n'étoit point le dénonciateur de la théologie de M. Habert, que le cardinal dé Noailles protégeoit; mais il est certain qu'il avoit été instruit de tous les détails de cette affaire, qui avoit acquis de l'importance, et qu'il se proposôit même d'écrire et de se montrer personnellement* s'il le falloit. Quant aux maodemens des évéques dé la Rochelle et de Luçon , il est très-vrai qu'il n'en avoit eu connoissance que lorsqu'ils étoient devenus publics; mais il est également certain qu'il avoit improuvé la conduite du cardinal de Noailles à leur égard.
Enfin, il pouvoit craindre que le refus de se
filT&B SIXIÈME. 43g
-prêter à un rapprochement entre deux évêquès, entre les deux membres de TEglise de France qui y à cette époque , en occupoient le premier rang dans l'opinion , par leurs vertus et- leur " considération y ne devint une espèce de scandale public.
Il nous semble que Fénélon a* évité heureiise-;' ment dans sa réponse tous ces écuetls; il répond avec franchise et vérité à toutes les interpellations delà maréchale; mais il ne se croit point obligé 'de sacrifier à des égards de société la liberté de isés opinions ni l'indépendance; de sa conduire, surtout pour des objets 'qui appartenoient essentiellement à des principes de conscience et aux devoirs de son ministère.
. Ce furent sans doute ces dernières considérations qui portèrent FénéLon à se refuser à un rapprochement inutile et qui ne pouvoit jamais être ni sincère ni darable , tant que les opinions seroient aussi opposées. Il ne pouvoit être question que des égards personnels j et assurément Fénélon étpit incapable d-y manquer. Le lecteur jugera si sa réponse justifie ses procédés et ses principes.
« Je ressens, Madame , comme je le d^is, le XXI.
^ 1 11 -1 • . j Réponse de
» zele avec lequel vous ne vous lassez point de p^nélon à la » travailler à une œuvre digne de vous. Je niis maréchalede
44^ UI^TOIHE DB FÉKéLOU,
Noaillcs, 7 » même honteux de répondre, avec si peu d'em- (Manuscr.) ». pressement , aux avances. que vous faites ver^ » moi avec t^ie bonté si prévenante. Puisque vous 9» le voulez absolument , je vais voUs ouvrir mon » cœur sur tous les principaux articles de la der- 3> nière lettre que vous m'avez fait Thonneur de » m'écrire ; mais je crains qu'on ne refuse dé » me croire sur les faits pour le passé, et qu'on ^ » ne' s'accommode point de mes dispositiops sur j> l'avenir.
» I .<) Quoique vous m'assuriez , Madame , que .» vous connaissez tMss^z les sentimens de M. le » cardinal et le fond de son cœur, pour être » assurée que nous ne trouverons aucune difficulté i> de sa part dans vos boas desseins , je prévois ^ que vous aurie» de la peine à guérir son cowr 91 à mon égard. Vous «m'apprenez ^u'evi Va assuré » que je suis un des principaux mokUes de toutes ^ les mortifications çuon cherche à lui donner >i depuis hmgrtemps. Vous savez, Madame, que » je ne suis à portée d'être le mobile d'aucune )> aiTaire, et que je ne suis nullement en état de v procurer des mortifications à -un homme si ac- » crédité. Si j'étois à portée de le faire, personne »' ne le feroit moins que moi ; il seroit le pre- ^ mier , et , s'il étoit possible , le seul à qui )e parsi krois pour lui épargner des mortifications } il
» ne trou veroit en moi que candeur , respect , 3) zèle et ménagement pour sa personne , lors » même que je serpis contraint de penser auti*ef » ment que lui pour notre commiin ministère ; » mais en Fétat où je suis , je n'apprends ce / » qui lui arrive que par les nouvelles publiques. » a.o Vous m'apprenez. Madame, quon Va » assuré que favois part à la dénonciation qui » a été faite contre lui et contre M. de Chdlons. » Cette dét^onciation n est de nu>i ni en tout ni » en partie : le dénonciateur a pu prendre de » mes écrits quelques raisonnemens et quelques j> expressions ; xs\^i& c'est ' de quoi je ne suis nul* » lement responsable. Si j'avpis fait un ouvrage » contre M. le cardinal de Noailles, je cotamïen* » cerois par m'en déclarer ouvertement l'auteur ; » comme je n y n^ttrois rien que de respectueux » pour sa personne , en m'éloignant de ses sen- M timeus pour ne pas trahir ma conscience , je » ne craindrois nullement d'j mettre mon nom. » Il çst vrai que j^ai su qu'un tliéologien écrivoit » pour dénoncer la Théologie d'un docteur de ^ Paris » nommé M. Habert (0 , que je ne connois » ppiut ; mais je n'ai jamais compris que ce qui 3> étoit contre ce docteur pût être regardé , par
(OJijoais Habert, docteur de Sorbonne, né à Mois, mort à Pcvifi le 7 ATril 1718» âgé de 83 ans.
44^ niSTOmS DB VÉNÉLONà
p M. le cardinal de Noailles, comme fait contre » iui et contre M. de Chdlons. J^avois cru , aa » contraire y qu'une dénonciatioa^ qui demandoit » justice y contre M. Habert, à ces deux juges, )» n'étoit nullement faite contre eux. En eiFet, » pourquoi M. le cardinal de Noailles voudroit-il *> se confondre avec M. Habert, et adopter un » livre qu'il n'a ni fait ni approuvé 7 J'avoue que j» ce livre rae paroit très-dangereux : je n'y trouve M que le systéaie de Jansépius avec des radoucis- ». semens imaginaires qui en rendent le poison » plus insinuant; ainsi, quoique je n'aie aucune ^ part à la dénonciation , je ne crains pas de dire » que je l'ai crue bien fondée et très-nécessaire.
» M. te cardinal de Noailles n'a quà demeurer » juge du livre dénoncé, au lieu de se rendre » partie en sa faveur, alors la dénonciation- ne » sera nullement contre lui. Après tout, si ce H livre est mauvais , voudroit-il que sa protection «l'empêchât d'être censuré et qu'elle fùt^caase » de la séduction des étudians? J'avoue que.'le dé> » nondateur, qui soutenoit une bonne cause pour » le fond ^ a un peu excédé pour la forme ; il a » usé de quelques termes qui ne sont pas assez » mesurés ; il auroit dû les retrancher, et ils étoient » inutiles à son sujet; j'aurois pressé afin qu'on D les ôtât, si j'en avois été instruit avant la publia
» cation de Touvrage; j'aurois même vcmlu qu'oti' » eut substitué à ces termes d'autres expressions .» pleines de respect et de confiance pour le zélé » des deux juges contre la nouveauté ; mais dse- 9> rai-je, Madame > achever de parler sans-réserve? 3» Rien ne seroit plus digne d'un grand et pieux » cardinal ^ que de compter pour rien iq[uelques » termes mal choisis; il pouvoit oublier la forme "» pour aller droit au fond et négliger lés ^ mena- » gemens 4ns à sa personne^ pour se* hât^* de »' sacrifier tout à lafoi en péril.
» Vous m'apprenez y Madame , qu*ona assuré y> M. le*' cardinal de Noaillesçuefaieuptirt <» 011551 aumandement des deux chèques '^ et qu*il » ne s'est rien fait sur' ce sujette de- concert » avec moi* Non, je n*ai eu aucune part à ce man« » dément ; si j'y avois part, je le dirois sans^embar- » ras : les deux^ évéques ne m'ont point consulté » sur cet ouvrage ; il ny a eu aucun' concert » entre eux ol; moi : je n'ai vu ce mandement que » comme le public et après son impression , et je M n'ai même commencé à le lire que quand l'éclat » a été fait; jusque^là^ mes occupations m'en » avoient ôté le loisir. On peut conclure de c^ » faits que M. le cardinal de Noailles doit ^i pour » son repos, être en garde contre les .gens-qui » travaillent-^ l'aigrir par des rapports mal fon«
444 BISTOI&E D£ FÉHÉLONy
» dés. Yoilày Madame , les deux points sur lesquels » vous m'avez pressé de répondre par oui et par » non. Je viens» de le faire : il me reste à vous 9 rendre compte de mes dispositions pour Favenir. » JTavoue que je suis opposé à la doctrine du livre » du P. Quesnel, que les évéques ont condamné; » et même à celle de la Théologie de M. Habert , » qui a été dénoncée^ Gomme je veux toujours », agir avec la droiture la plus sprupuleuse, je doi$ j> vous avertir, Madame , que je me crois obligé » en conscience de demeurer entièrement libre ^ de faire , en toute occasion , ce qui me paroitra » nécessaire contre le progrès de ces nouveautés : » nulle raison hupiaipe ne peut me lier les mains » dans le pressant danger de la foi.
j» Je n'ose espérer que M. le cardinal de Tè NoaiUes se rapproche véritablement de moi ^ 3> pendant qu'il me saura attaché à des pensées >> si oonfaraires aux siennes et toujours prêt à con- » tredire, s'il le faut, les gens qu'il estime. Il ne » manquera pas de croire que fagis de concert » avec, ses adversaires pour lui procurer des mor-' » tifications : il sera même beaucoup plus piqué » de ce qu'il croira que j^aurai fait contre lui , » après une réunion , qu'il ne le peut êtr^y si elle » ne se fait pas dans cette conjoncture ; ainsi , » V.OUS travamercK sur pn fpndettient ruineux ;
» les éciaircissemens mêmes seroM inutiles , pai-cé » que je ne pourrai pas accommoder.mes préju- ^ gés aux siens ^ ni tolérer qs qu^il autorisera. Né % doiS'je pas y Madame , pi^évoir cet inconvénient » et vous en avertir dé bonne foi ?
» Je ne songe néanmoins à attaquer M. le car- » dinal ni dit^eetement ni indirectement; j^eti » suis plus Soigné que jamais dans la conjonc- D tiire présente ; je garde depuis long-temps un 4> profond silence^ et je diffère même dé répondre » à ce que le pare Quesnel a écrit contre moi^ » de peur que le lecteur malin né s'imagine en- » trevoir ^ dans ma . réponàe y quelque trait qili » puisse retomber sur ce que je respecte; mais en* » fin, je ne puifr en conscieii<:e ni me lier les mains p » ni espérer que je ne blesserai point un -cœur » déjà malade, quand j'écril'ai selon mes préju- » gés contre les siens ^ qudiqtie je n^écrive rien » contre lui. Ainsi, qitand ib^me vous le détera mineriez à faire quel<|de dânarche pour mé » rendre son atnitié, les suites renouvelleroiént » bientôt malgré moi ses peines.
» Il est vrai , Madatiie , que Je pousserois jus& » qu'aux dernières bornes, dan^ mon procédé ^ » les marques dé* respect^ les égarSs et lès làé^ » nagemens dus à sa personne. U n^ ^ rien dé yi dur et dé violent que je ne prisse sur moi , pour
9 ne donoer jamais une scèae au monde par utie >» dispute avec M. le cardinal de Noailles; mais » en évitant: cette extrémité , je ne lais$erai pas ;i deleblesser ^ en réfutant une doctrine qu'il croit » pure et des auteurs qu'il protège. Le monde s'a* 7» percevra de cette contrariété de sèntimens, et 3» ceux qui seroient très-fâchés de le voir se rap- » prodier de moi, se serviroient dçs 4i3Cours du )i public pour l'indisposer. Ne vaut-il pas mieux ;» attendre que l'orage cesse pour faire alors quel- » que , chose de sûr et de constant ^ et pour ne » nous exposer point aux mécomptes que je crains? » Ayez la bonté , s'il vou3 ple^t , Madame , d'y P penser.
» En attendant y je demeurerai plein d'une
» trè^incère impatience de voir ce qui est à dési- » rer. Loin d'être un des principaux ntobU^s des » mortificutions j je youdrois pouvoir procurer » à M. le cardinal de Npailles. un repos parfait. >». Notrç réunion même n*a aucun besoin qu'on la » commence de mon côté. Je la porte tous les » jours à l'autel au fond de mon co^r, ; Dieu sait » les^ voeux. que je fais pour celui qui n^ croit $i » opposé à ses intérêts.. Je serai maintenant en- » . core plus sélé pour son service que je ne Tau- )> rois. été autrefois.
. . » Je sais qu'on me dépeint comme un ^faomme