LIVRE SIXlàMX
» , extrême en tout ; mais f ose dire qu'on me coa** p nott mal : je ne rejette aucune des opiiiioD$ » autorisées dans les anciennes écoles^ jji suis » seulement opposé à celles que le parti de Jeux* » séniusaintroduitespresquennosjours^ etqu^on » ne peut tolérer sans laisser éluder les décisions » de l'Eglise : d'ailleurs , Je ne cherche que la paix » et Funion.
)) Je ne sais point , Madame , ce que vous enteu** » dez par ces paroles : // s'est mêlé Bien des gen» » dans cette affaire^ que vùus croyez peut-être » plus de vos amis quils ne le sont. Je m'attache SI aux choses sans rien attendre des hommes; je » tâche d'être vrai. avec eux et de me consoler » quand ils ne le sont pas avec moi : un homme » sans intérêt mondain est moins trompé qu'un » autre.
» Pardon y Madame » d'une si longue et si triste » lettre^ vous pouvez juger , par la manière dont jo j'y épanche mon cœur, avec quel zèle^et quel >» respect je vous suis déyoué pour le reste de, ma 3» vie ».
On ne peut qu'applaudir. au. sentiment de délicatesse qui avoit porté la maréchale de Noailles k ne renouveler ses démarciieis auprès de JPéné^ Ion y qu'après la mort de M. le duc de Bourgogne^ Jl lui convenoit^ comme elle le faisoit entendre
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dans sa lettre , qu'on ne pût attribuer un procédé honnête de sa part, à aucun motif d'intérêt, d'am* bitios ou de pi^voyance ; mais elle avoit mal jugé Fénélon, si elle avoit présumé, qu'en perdant son seul et principal appui , il se montreroit plus flexible à des avances que des considérations d'un ordre supérieur l'avoient déjà foixé à rejeter on à éluder : d'ailleurs, le moment n'étoit pas heureusement choisi pour persuader Fénélon que le cardinal de Noaillés désiroit sincèrement de se réunir à lui. Ce prélat venoit tout récemment* de faire ^ contre l'archievéque de €ambrai, un acte d^hostilité de la nature la plus choquante.
Le mémcdre que le Roi avoit remis au cardinal de Noailles, porioit : <c Qae l'intention de Sa 9 Majesté étoit qu'il s'expliquât , contre le jansér » nisme, d'une manière assez claire et assez forte, » pour que personne n'osât plus à l'avenir l'en 3» soupçonner avec fondetnent; elle désiroit en >i même temps que lé cardinal lui communiquât » l'ordortnance qu'il rendroit à ce sujet , pour » qu'elle pût prendre l'avis de personnes édàirées » et désintéressées ».
Le cardinal avoit fait une réponse au mémoire du Roi; et par cette réponse, il se refnsoit h tout ce qu'on lui demandoit. Mais ce qui pouvoit paroltre encore plus offensant peut-être , c'est qu'il
avoit
•avoit eu le tort inexcusable de publier ou de laisser publier sa réponse à des invitations que le Roi avoit eu la bonté de lui faire dans le secret de la confiance; enfin , par une indiscrétion qui étoit hors de toute mesure , il s*étoit permis de près** sentir le secret du Roi sur le choix des personnes éclairées et désintéressées dont Sa Majesté se pro-posoit de prendre l*a\^is* Le cardinal faisoit con* nottre qu'il ne doutoit point que ces personnes ne fussent Tévéque de Meaux (Bissy) et le curé de Saint-S.ulpice (Lachétardie)) et il ajoutoit avec amertume « que communiquer cette ordonnance » à révéque de Meaux ^ c'étoit la communiquer » aux Jésuites et à Farchevéqne de Cambrai ». Si le cardinal étoit sincèrement persuadé de ce qu il disoit^ on doit seulement en conclure quil ju* geoit bien mal les hommes et les. circonstances : en effet, c*étoit les ignorer entsèrement, que de supposer que Févéque de Meaux, depuis cardinal de Bissj , fût tenté d appeler un tiers à une n^* ciation qui Fétablissoit en relation' directe avec le Roi , et surtout un tiers aussi peu agréable au Roi que Farchevêque de Cambrai. Si au contraire le cardinal de Noailles n'avoit hasardé cette conjecture que pour se donner la liberté de dénoncer au Roi et au public Farchevêque de Cambrai comme son ennemi personnel, c'étoit donner à Fénélon. Tom. m. 39
45o HlSTOl&E DE FÉNÉLONy UYRE SIXIÈME.
Fénélon an motif bieii légitimé de se méfier de la sincérité des avances que la maréchale de Noailles s^'étoit chargée de faire en son nom. On ne doit donc pas être surpris de la résistance qu'elle éprouva à les faire accueillir.
En se refusant à révoquer l'approbation qu'il avoit donnée au livre du père Quesnel , le cardinal de Noailles avoit déclaré qu'il préféroit de se soumettre à la décision du Pape. En conformité du vœu du cardinal lui-même, Louis XIV requit le pape Clément XI de prononcer son jugement , l'examen du livre du père Quesnel traîna en longueur à Rome plus d'un an ; et ce ne fut que le 8 septembre 1713 que le Pape rendit la fameuse constitution Unigenitus, qui a été la cause ou le prétexte de tant de troubles. Comme elle précéda de très-peu de temps la mort de Fénélon , nous réservons, à cette époque, lé compte que nous aurons à rendre des derniers actes de l'épis** copat de l'archevêque de Cambrai, relativement aux affaires générales de l'Eglise de France.