‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 2)Chapitre 64 sur 72 · DU TOME TROISIÈME · texte numérisé non relu

DU TOME TROISIÈME

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N.^ I". — tAGE 76.

Sur les différentes éditions du Tëlémaque.

L'édition au Télémague, dont nous avons parlé , et qu'Adrien Moëtjens avoit publiée au mois de juin 1699, éloit aussi incorrecte que pouvoit Têtre une impression faite rapidement sur des copies qui avoient passé par une infinité de mains. On avoit divisé l'ouvrage en neuf livres, pour correspondre sans doute aux neuf muses d'Hérodote.

On nous a communiqué une autre édition du Télémaque^ publiée parle même Moëtjens la même année 1699, et dont voici le titre : Les Aventures de Télémoque, JUs d'Ulysse y ou suite du 4.* livre de l'Odyssée d'Homère , tome premier, seconde édition , revue et corrigée, 1699, in- 18.

Idem. Tome second, seconde édition ; revue, corrigée et augmentée, 1699, i/t-i8.

Dans la préface de ce volume, on promet un troisième et quatrième tome.

Idem. Tome troisième, seconde édition^ revue, corrigée et augmentée, 1699, in-iS.

Ce troisième volume est le dernier de l'édition; car il FÉN. Tom» III. 29

finit par ces mots : Et reconnut son père chez le fidèle Eumée. On trouve à la suite les Aventures d'Aristonoiis, ayant une pagination particulière , mais sans date.

En 1700, le même Moëtjens en publia ime nouvelle; il divisa le poème en quatre parties ^ et il y joignit les Ay^entures àfAristonous. Cette fable ingénieuse , pleine de poésie et de sentimens, et qui offre le tableau le plus touchant de la reconnoissance , étoit également de Fénélon ; dans toutes ces premières éditions, on n'avoit mis ni son nom^ ni ses titres.

Enfin y en 1701, Moëtjens, étonné lui-même du succès prodigieux de cet ouvrage, et de l'empressement du public à l'acquérir, voulut donner une édition plus correcte que les précédentes. Il engagea M. de Saint-Remî , qui se trouvoit à la Haye pour y faire imprimer quelques essais sur l'Histoire de France^ à rectifier les erreurs et les inexactitudes qu'on repro- Choit aux premières éditions. Cette nouvelle édition parut en 1701, dans un format in-xi de 44^ P^g^^? jpetit caractère, en y comprenant les Aventures d'A^ ristonoûs. On divisa l'ouvrage en dix livres, et on plaça pour la première fois au frontispice les noms et tous les titres de Fénélon. On y joignit une Préface de M. de Saint-Remi, que l'on ne retrouve plus dans les édition^ suivantes, et le privilège des Etats de Hollande et de West-Frise , daté du 3 décembre 1699.

Cette édition fixa, pour ainsi dire, toutes les suivantes, jusqu'à celle de 1717. Le seul changement qu'on fit dans quelques-unes des réimpressions de cette édition de 1701 , fut de diviser le Télémaque en seize

DU LIVRE QCAïRlkME. 4^^

livres au lieu de dix y et de placer des sommaires, à la tête de chaque livre ; c'est ce que nous observons dans deux exemplaires de 1 710 et de 17 iS^ imprimes à la fiaye chez le même Adrien Moëtjens. L'avidité du public pour le Télémaque ëtoit devenue si insatiable ^ que M. de Saint-Remi nous apprend dans sa Préface qu'on en avoit fait en m^ins d'un an pbis de vingt éditions différentes,

M. de Saint-Remi rappelle assez mal- à-propos dans cette Préface les controverses de Bossuet avec Féné- Ion, puisqu'elles n'avoient aucun rapport à un ouvrage tel que le Télémaque, On doit bien croire que son admiration pour l'archevêque de Cambrai le rend aussi injuste que sévère pour l'évêque de Meaux. Il prête à Bossuet des motifs d'intérêt et des sentimens de jalousie auxquels ce prélat étoit assurément bien supe'rieur. Un excès de crédulité ou de malignité lui avoit fait adopter toutes les fables dont lie vulgaire ignorant aime à s'entretenir pour expliquer les motife secrets qui font agir les hommes élevés sur la scène du monde. Un sentiment estimable de . convenance et d'équité engagea le marquis de Fénélon à supprimer dans l'édition de 17 17 la Préface de M. de $aint-Remi.

Cependant cette Préface de M. de Saint-Remi, imprimée en 170 1, est assez curieuse , en ce qu'elle montre le ridicule et le mépris dans lequel étoient déjà tombées les dégoûtantes critiques que Gueudeville et Faydit avoient faites du Télémaque ^ quoique ces critiques n'eussent paru que depuis un an , et il faut convenir que les extraits qu'il en donne , suffisent pour

apprendre que de pareils censeurs n'ëtoient ni dignes y ni capables de juger les beautés du Télémaque. M. d« Saint-Remi termine cette Préface par deux ^igrammes assez mordantes , que ce Faydit et ce Gueudeville s'étoient attirées^ et qui furent le seul prix de leurs mé« prisables diatribes.

Epîgramme contre Vahhé Faydit y auteur de la

TÉLéMACOMANIE.

Qanne ame tendre et pieuse , Bans Texcès de son zélé un peu trop scrupuleuse, S^alarme sans sujet d'un fabuleux écrit,

Je pardonne à ce foible esprit ; Mais je ne puis souffrir le scrupule bizarre Que forme un libertin d^un feint zélé emporté ,

Et dont on vient, à Sami-Lazare,

De cbàtier l'impiété.

A peine en sort-il, qu''il attaque

Le sage auteur de Télémaque,

Et fait si bien ses raisons.

Qu'il va de Saint-Lazare aux Petites-Maisons.

Le différend termine' entre les deux auteurs qui oni

critiqué Tëlémaque.

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