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Lettre de Fénélon h Vévéque de Tournai, au sujet du cardinal de Bouillon ^ 3o nuirs 171 1^, (Manuscrits*)
Il me semble , Monseigneur, que là dernière lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, le 28 de ce mois (mars 1711), se réduit à deux points. Le premier est de savoir s'il convient d'accepter la jné^
BU LIVRE QUATRiiME* 5o5
cyation de M. le cardinal de Bouillon qu'on propose. Yous voyez sans doute beaucoup mieux que moi que vous ne pouvez rien dëdder sur .une matière si délicate , et que c'est du Roi seul qu'il ùut attendre une décision. Vous avez écrit ^ vous attendez une ré* ponse^ elle sera votre règle. Je crois seulement que vous pourriez représenter que Sa Majesté pourroit ignorer cette négociation , et la tolérer en secret , sans y prendre aucune part. Ehl qu'importe de l'homme qui servira à cette affaire , pourvu qu'on empêche un schisme affreux dans votre église? Cette négociation ^st trop au-dessous du Roi pour monter jusqu'à lui.. Sa tiiajesté peut l'ignorer jusqu'au bout^ comme une chose dont elle ne se mêle en aucune £a« çon. Le Roi vous a seulement permis de revenir dans votre diocèse; votre négociation , pour y rentrer , ne i^egarde que vous seul, : voilà ce que je croirois y et j'ose dire que je ne suis pas suspect là-dessus y car personne n'est plus loin que moi d'approuver ou d'excuser le procédé de M, le cardinal de Bouillon; personne n'est plus éloigné que je le suis d'avoir aucun com* merce avec lui ; mais il me semble que les maux extrêmes dont votre église est menacée pourroient en-* gager le Roi à avoir la bonté d'agréer ce qui n'iroit point jusqu'à lui^ Encore une fois^ ma pensée n'est rien, et il ne s'agit que de la décision de Sa Majesté,^ qui sera votre règle inviolable.
Supposé que le Roi vous laiss&t en liberté d'entamer cette négociation y je voudroîs que M. le cardinal de Bouillon ne fût que simple médiateur secret , en sorte
5o6 PIÈCES JUSTIPIGATIYES
qo'fl n'eût Mncane antorité pour décider ^ et que tous TOUS résenraanex expressément , oomme une oonditioQ fondamentale, que le cardinal ne s^oaTriroit point, et qne vous attendries nne décÎHon de Rome sur les propositions d'accommodement. Far ce moyen, vous attendries les réponses de YersaiDes avec celles de Rome; Yoos pourriez mettre aussi pour condition qne la médiation dm cardinal demenreroit secrètle , pour ne Uesser en rien le profond respect qni est du an B.<M , par rapport à ce cardinal contre leqad il est indigné. Le second point me parott très-difficile, si tous demandez votre retoisr dès à présent avec une suspension de Faffidre des canonicats jusqu'à la paix. On dira que tous vouiez dès aujour^hui tout T^ectif de vos prétentions, et que tous renvoyez aux longs jours tes pr<^tentions des Etats pour les âuder. Je crains qu'on ue rejette cet expédient : il font néanmoins, si je ne me trompe , le tenter avec les plus douces insinuations et avec les plus tItos instances. Le pis atter est dTétré refusé; tous ne serez pas en pire condition après ce refus; peut-être que les Etats* généraux, tassés et bontenx dTune afihire si odieuse et si inutile, se contentqt>nt ei^ d'une négociation où Ton sauTera un peu les apparences , en laissant ei|i suspens les canonieats jusqu'à la paix.
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