‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 3)Chapitre 19 sur 72 · HISTOIRE pt WÈHEhOtlf · texte numérisé non relu

HISTOIRE pt WÈHEhOtlf

» lions, et vous donner Texpérience des embarras D de la vie humaine, comme au moindre partie » culier. Ne vous mettez point en peine de me » répondre; il me suffit que mon cœur ait parlé » au vôtre en secret devant Dieu seul. Cest en n lui que je mets toute ma confiance pour votre » prospérité, Monseigneur; je vous porte tous 3» les )Qurs à Tautel avec le zèle le plus ardent. » Quelque génie que Dieu vous ait donné, vous » courez risque de faire des fautes irréparables , » si vous vous tourniez à une dévotion fpible et » scrupuleuse. Ecoutez les personnes les plus ex- » périmentées, et ensuite prenez votre parti. // v.est moins dangereux den prendre un mauvais XI que de nenprendre aucun , ou que d'en prendre^ » un trop tard. Pardonnez, Monseigneur, la li- » berté d'un ancien serviteur, qui prie sans cesse » pour vous, et qui n'a d'autre consolation en » ce monde, que celle d'espérés que malgré ces » traverser, Dieu fera par vous des biens infinis* ^ Dieu, sur qui je compte, etnonsur leskommes, » bénira vos travaux, et quand même il permet* » troit que vous n'eussiez autun succès , vous fe^ )) riez voir . an- monde combien on mente les » louanges des personnes solides et éclairées, » quand on a le courage et la patience de se sou- » tenir avec force danà le malheur

LIVRB SEPTIÈME. 8^

» Oh ! que Dieu vous aime, Monseigneui>) » puisqu'il a soin de vous instruire par tant de » contradictions. // vous fait sentir combien les v guerres sont à craindre j combien les plus puis^ 9. santés armées sont inutiles ^ combien les grands » Etats sont facilement ébranlés. Il vous montre 9 combien les plus grande princes sont rigoureu- » sèment critiqués par le public , pendant que ^ les flatteurs ne cessent point de les encenser* ' » Quand on est destiné à gouverner les hommes ^ y il faut les aimer pour Tamour de Dieu, sans 9 s'attendre à être aimé d'eux, et se sacrifier » pour leur faire du bien , quoiqu'on sache qu'ils » disent du mal de celui qui les conduit avec ». bonté et modération. Il faut néahmoinSy Mon<^ » seigneur, vous dire que le public vous estime, » vous respecte, attend de grands biens de vous, V et sera ravi qu'on lui montre que vous n'avez » aucun tort. lierait seulement que vous avez 3» une dévotion sombré, timide, scrupuleuse^ el » qui n'est pas assez proportionnée il votre place i M que TOUS ne savez pas prendre une certaine » autorité modérée, mais décisive , sans blesser » la soumission inviolable que vous devez aux » intentions du Roi. Eh ! fui est-ce sur la terra » qui na point de défauts, et qui r!a pas commis » de grandes fautes ? Qui est-ce qui est parfais

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» à vingt' six ans pour le trks^diffiàile métier » de la guerre^ quand on ne Va jamais fait de » suite in.

Fénelon lui donne ensuite les conseil^ tes plus

sages ;çt les plus éclairés , sur l'usage qu'il doit

£siire de ses principes de religion et.de piété.

Sur la re- - « Pour votre piété, si yous vous voulez lui faire

fétT ^'deg * honneur, vous ne sauriez être trop attentif h

princes. » la rendre douce, simple, cotomode, sodiable;

» il faut vous attacher à chercher au dehors le

» bien public, autant que vous le pourrez, et

V retrancher les scrupules sur le» choses qui pa-

» roîssen t des minuties ; il fan t , pour ainsi dire ,

» justifier la piété aux critiques et aux libertins;

» il faut la pratiquer-d'une manière simple, no*

)) ble, forte et convenable à votre rang. B faut

» aller tout droit aux devoirs essentiels de [voire

» état par le principe dé Tamour de Dieu , et ne

y> rendre jamais la vertu incommode par des hé-

>^ sitations scrupuleuses sur les petites choses. Un

9 prince j^e peut poit à la Cour ou à l'armée i

)» régler les hommes comme des religieux ; il

» faut en prendre ce quon peut, et se propor^

n tionner à leur portée »..

Nous ne transcrivons point iqi toutes les Uu très de cette vertueuse et intéressantiç corre^spon* dance ; mais, dans le nombre, il en est deux qu il

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