LIVRE SEPTIÈME
» s*instruire solidement de plus en plus sur les » affaires.
» Je crois que M. le duc de Bourgogne devroit iàid. Sur
iTk*vi> ^sa conduite
» sans empressement accoutumer le Roi a lui, et ^^^^ j^ ^^^
» se tenir à portée d*attirer sa confiance, soit
» pour entrer dans le conseil, soit pour sou*
» lager un prince âgé. Sa modération , son res-
» pect, son esprit réservé et secret pourroient
» faciliter ce progrès dans des temps où le Roi
» ne sauroit où reposer sa tête ; en ce cas , vous
» ne devriez faire aucun pas marqué, qui put
» donner aucun soupçon d'empressement; mais
» il faudrait vous tenir le 'plus près que vous
» pourriez avec un air simple, ouvert et affec-
» tionné, pour le mettre en état de vous donner
y> sa confiance ».
' Personne ne connoissoit mieux que Fénélon le caractère emporté du duc de Bourgogne et la violence de ses passions ; il avoit fallu tout Fart et toute rhabileté d'un tel maître pour briser la fougue de cette ame ardente et impérieuse ; tant d'art et d'habileté n'auroient pas même suffi pour faire ployer devant l'autorité de la raison un jeune prince né avec le sentiment exagéré de sa grandeur et de sa puissance , si Fénélon n'eût appelé à son secours l'autorité de la religion. G'étoit avec ce ressort si actif qu'il étoit parvenu à comprimer
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la violente énergie de tous ses sentimens. On doit le dire y il falloit faire de M. le dac de Bourgogne un saint , pour qu iL ne fût pas le fléau et le tyran de ses sujets. Mais de toutes les passions ^ dont il portoit le germe dans son cœur, il en étoit une y' dont Fardeur effrayante pouvoit le conduire aux plus terribles excès. La religion elle-même, qui avoit heureusement servi à la contenir dans des bornes légitimes y n avoit pu réussir à en modérer les emportemens. Madame de Maintenon écriyoit au duc de NoaiUes ( x i juillet 1706) : €c M. le duc de Bourgogne est extrava- » gant; car on ne peut appder autrement la » passion qu'il a pour sa femme \ et je ne crois » pas qu'on en ait jamais vu une si désagréable n pour celle qui la cause , et pour les specta- ^ » teurs ; je n'en parle point en personne préve-
M nue contre lui y car jamais je n'ai eu plus sujet » de m'en louer »• lUà. Sur II paroit que l'empressement trop passionné
ducd^Bour- 4"® M* ï® ^^^ ^^ Bourgogne montroiten public gognc pour p^^jj. madame la ducliesse de Bourgogne^ avoit
madame la . .
duchesse de fait sur Ics. courtisacs la même impression que
Bourgogne. ^^^ madame de Maintenon. Fénélon en fat ins-
Lettre du.truit. et écrivit à M. de Chevreuse : « On dit
(MaiiMcr!) ** qw'au lieu d'être attaché à madame la duchesse
3> de Bourgogne par raison y par estime y par