LIVRE SEPTIEME
» fait ses dévotions hot^ des grands pars , il peut » choisir les heures et lés lieux qui dérobent le » plus cette action aux yeux des courtisans; Mu 1» reste y il ne doit jamais donner aucune démons* » tration de ses sentimens ; on les sait assez. La » seule régularité pouf les devoirs généraux, et » sa retenue à Tégard du mal /décideront suffi- 9 samment pour l-édification nécessaire.
9 3.0 II doit/ si je ne me trompe (0/s*accom- Surlesspec- » moder à l'inclination de Monseigneur pour les "^ **' » choses qu*il peut faire sans pécher. Si lés spec* » tacles étoient tels en eux-mêmes , que personne » ne pût jamais y assister sans offenser Dieu , il n- ne faudroit jamais y aller, non plus au carnaval » que pendant le carême ou lar semaine sainte. Il » est vrai qu'il jest tr^-convenable que ce prince n se propose de n*y aller pas au moins pendant » les temps consacrés à la pénitence et à la prière ; 9 mais la complaisance bien placée est une ai-- » mahle *vertu, et si elle sort quelquefois de la » lettre de. la règle, c'est pour en mieux suivre » t esprit. N* aller point aux spectacles de ion » propre . mouvement pendant le carême, et y » aller en même temps pour plaire à Monseia> gneur, quand il le propose, c'est le parti qui » me semble le plus à propos ».
(>) Vie de Fénélon, par le père Querbeuf.
Féhélojbt. Tom. iv. 4
5o HISTOIRE DE FÉNÉLON,
Fénélon apportoit an intérêt si suivi à tous les
détails de la conduite d'un prince auquel tant
de craintes et d'espémncesétoientattachées^ qu'il
s'exprime quelquefois avec une extrême sévérité
sur les imperfections qui déparoient cet admira-^
ble ouvrage de sa tendresse et de ses soins. Plus
il savoit qile le di;ic de Boui^gogne avoit de gran*
deur et d'élévation dans l'ame et lé caractère^
plus il étQit blessé des légères taches qui ofius-
quoient l'éclat de tant de vertus.
Xîil. *^ Le P. P. (le petit prince) raisonne trop et fait
LHire de ^ ^^^^^ peu.écrivoit Fénélon au duc de Chevreuse ;
janvier 1 7 1 1. » ses occupatious les plus solides se bornent à des
(ManuAcr.) ^ occnpatîons vagues et à des résolutions stériles.'
» Il faut voiries hommes , les étudier, les entre-
» tenir, sans se livrer à eux ; apprendre à parler
d avec foi'ce, et acquérir une autorité douce. Les
p amusemens puérils rapetissent l'esprit, afibi-
3»blissent le cœur, avilissent l'hpmme, et sont
» contraires "à l'ordre de Dieu.
Le même ^ Jc SUIS ravi de ce que vous êtes content da
au même, 3o ^ p^ P. .Pour moi, îe ne le iserai point jusqu'à ce
juillet 17 10. ' 1 / 1 .
(Manuscr.) » que je le sache libre, ferme, et en possession de » parier avec.une force douce et respectueuse. » Autrement, il demeure avili comme un homme » qui a encore dans un âge de maturité une foi* » blesse puérile.