‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 20 sur 107 · L1V11£ SEPTIEME · texte numérisé non relu

L1V11£ SEPTIEME

» pes que €eux de leur fortufae. Je vous avouerai » ingénuement que je ne cojmois rien de si. dquz » à un cœur noble et généreux, que de pouvoii: » se venger ainsi de ses ennemis , et de ceux qui » se sont portés le plus indignement à nous faire » du mal y c est- à -dire y en bien faisant à leur » égard , et^ faisant même des œuvres de suréro- » gation, dans le temps que ces mêmes personnes » ne s^y sont pas portées , quoique plus oblî- ^ gées à le faire, pour remplir leurs devoirs. Je » suis sur que cette action , qui vous atUrera » tant de louanges , et qui devroit vous attirer » tant de récompenses dès cette vie , ne vous a » guère coûté ; et je suis même persuadé qu*au » pied de votre crucifix , vous avez au 'moins à » étouffer des sentimens de complaisaqce et de » joie que vous avez ressentis* en la faisant , par le » principe d'une vengeance permise et si natu- » relie aux grands et nobles cœurs tels qu est le » vôtre. Car si je ne connois rien de si contraire ».k la nature humaine la plus, parfaite, que de » pardonner sincèrement et de vouloir du bi^n » à ceux qui nous font le plus de mal , rie;n d'un. » autre cQté ne nous paroit plus doux pour un « » cœur noble et généreux, qui, se trouvant en » état .de se pouvoir venger de ceux qui nous yeu- 3» lent et nous font le plus de mal, ne le font que

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» pour leur faire du bien , et uu hien auquel ils » ne s'attendent pas, tant leur cœur est éloigné » de pratiquer la même chose ».

Le cardinal de Bouillon s'étoit trompé ^ lors* qu il sembloit croire que cette belle action de Fénélon dei^oit lui attirer des récompenses dès cette vie. L'archevêque d# Cambrai s'attacha à en étouffer le bruit dès le premier moment ; il ne voulut pas ajouter aux malheurs de Louis XIV le sentiment pénible que lui auroit fait éprouver un acte aussi éclatant d'insubordination parmi ses troupes. Op- doit bien penser que la délicatesse de Fénélon fut parfaitement secondée pai* le ministre , et qu'il se donna bien de garde d'ins* truire le Roi d'un événement qui pouvoit accuser son imprévoyance ou son impéritie.

xy. Mais la campagne de 1708 fut pour M. le duc

d Luf*^^ ^® Bourgogne la crise la plus terrible et la plus 1708. violente, oti un jeune prince de son caractère et

de son rang pût jamais se trouver exposé. Ce fut alors qu'il eut à exercer ces vertus difficiles , dont Fénélon lui avoit appris l'usage ; jamais peut-être la religion n'a remporté une victoire plus étonnante sur les passions; jamais il n'eut plus besoin d'être soutenu par Fénélon; et la Providence, q\ii avoit prévu l'extrémité où il seroit réduit, lui ménagea le bonheur de pouvoir correspondre

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