‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 21 sur 107 · I.IVRE SEPTIEME. Sg · texte numérisé non relu

I.IVRE SEPTIEME. Sg

avec plus ûé facilite avec son sage instituteur.

On ëtoit informé que le prince Eugène et le duc de Mariboroug dévoient porter le principal théâtre de la guerre , et tous les efforts des armées alliées d^uis les Pays-Bas. Le duc de Bourgogne fut nommé généralissime d'uiie armée de cent mille hommes eh Flandre; le duc de Vendôme et le maréchal de Matignon furent destinés à com* mander sous seis ordres. Mais ce vain titre de généralissime ne devoit être pour le jeune prince ^ qu'une décoration accordée à sa naissance, et les instructions qu'il avoit reçues du Roi , le subor* donnoient aux avis du duc de Vendôme.

L'expérience si malheureuse , et encore si récente, des dangers et des inconvéniens. qu'offre le partage du commandement , n avoit pas dégoûté le cabinet de Versailles d'un système presqu'im-» praticable dans la conduite d'uùe campagne militaiUs.

Par une singularité remarquable, à l'affaire de Turin en 1706, le courage et le génie du duc d'Orléans s'étoient vus enchaînés par la circonspection trop prudente du maréchal de Marsiit , revêtu de toute l'autorité dans l'armée, que le dac d'Orléans étoit censé commander^ pendant la campagne de 1 7 08 , le duc de Bourgogne , non moms intrépide, mais plus circonspect que le

6o iiistoihe de fénéloit,

duc d'Orléans y fut soumis aux ordres du duc de Vendôme y dont la valeur, souvent téméraire, et toujours hasardeuse y étoit capable de conduire à une perte inévitable une armée entière , seule et dernière' ressource de la France.

Le nom du duc de Vendôme est resté parmi celui des grands capitaines qui Ont honoré la France y et illustré le siècle de Louis XIV; il avoit en effet une grande partie des qualités bi^illantes qui font les héros de la guerre, tin cou^ rage intrépide, un coup-d'œil sûr et rapide, une ambition démesurée de la gloire^ et des honneurs, et la confiance des soldats par une sorte de. fsHniliarité populaire qui les charmoit et les portoit à tout braver dans un jour d'action. Il a eu surtout l'avantage décisif d'avoir fixé en sa faveur le jugement de ses contemporains et l'opinion de la postérité, en mourant, pour ainsi dire , dans le champ de la victoire , après avoir rétabli Philippe V sur le trône d'Espagne (0 ; mais à ces grandes qualités il joignoit de grands défauts, même dans la partie militaire; et sans emprunter à M. de Saint-Simon, peut-être tropprévenu contre lui , les traits sévères sous lesquels il l'a peint, on peut sans doute lui reprocher avec

(0 Parla bataille deYilla-Yiciosa, gagnée le lo décembre

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